Charles Michel: "Le MR n'a pas besoin de la N-VA pour convaincre"

Charles Michel: "Le MR n'a pas besoin de la N-VA pour convaincre"
Charles Michel: "Le MR n'a pas besoin de la N-VA pour convaincre" - © RTBF

Charles Michel, était l'invité de Matin première ce matin alors à l'aube des travaux sur l'ajustement budgétaire et au lendemain d'un marathon médiatique de Bart De Wever dans les médias francophones. Le président du MR est revenu sur l'appel à voter MR lancé par Bart De Wever à cette occasion.

Le président de la N-VA a appelé ce mercredi à renforcer MR pour mettre hors-jeu le PS en Wallonie et à Bruxelles. Et indirectement à voter MR mais plutôt le MR version Didier Reynders que le MR de Charles Michel, soit dit en passant.

Ce dernier trouve que sur ce coup, le leader nationaliste est "gonflé". "Mais c'est propre au personnage, quand je vois les déclarations qui ont été faites et qui sont pour une part un tissu de contre-vérités et pour l'autre part du brouillard", précise-t-il. Surtout, le bourgmestre de Wavre affirme qu'il n'a "pas besoin de la N-VA pour convaincre que plus que jamais si on veut un redressement économique, si on veut du gouvernement de qualité en Wallonie et à Bruxelles, on a besoin d'un MR fort".

"Une différence fondamentale avec Bart De Wever: je ne suis pas un conservateur"

Tout en précisant qu'il n'a "pas d'ennemis" dans le débat politique mais seulement des "adversaires", Charles Michel a souligné plutôt ce qui distinguait le MR de la N-VA que leurs convergences. Il a notamment indiqué que "le nationalisme c'est le choix du repli, c'est le choix de la division, c'est le choix de la destruction et nous sommes adversaires de la destruction".

En outre, une autre "différence fondamentale" entre la vision politique de Bart De Wever et la sienne porte sur le conservatisme de la N-VA. "Je ne suis pas un conservateur. Plus que jamais on a besoin de modernité", a affirmé Charles Michel.

"Pas question de faire des alliances contre quelqu'un ou quelque-chose"

Enfin, il n'y a pas que la N-VA qui partagerait les points de vue du MR en matière économique. "Plusieurs formations, pas seulement la N-VA, prennent en compte et soutiennent les arguments portés par le MR depuis longtemps: modernisation des retraites, activation des chômeurs, lutte contre les pièges à  l'emploi". Des "propositions que le MR défend avec constance et ténacité depuis longtemps", insiste l'invité de Bertrand Henne.

Faut-il alors, comme le laissait entendre le député MR Denis Ducarme, réaliser une alliance francophone (avec le PS) pour faire pièce à la N-VA?

"Il n'est pas question de faire des alliances contre quelqu'un ou quelque-chose", rétorque  le président libéral. "Il est question de faire des alliances pour un projet, pour mettre en œuvre la modernisation et les réponses à un certain nombre de difficultés auxquelles nous sommes confrontés".

"Permettez que les électeurs s'expriment en 2014" avant de faire des pronostiques sur d'éventuelles alliances, demande également l'ancien ministre. "Je n'ai qu'une seule priorité, c'est que notre projet pour les PME, pour la qualité de l'enseignement et de la formation, notre projet pour une autre gouvernance en Wallonie et à Bruxelles, pour une autre politique énergétique -où l'on dit la vérité au citoyen et pas les mensonges du gouvernement de gauche en Wallonie que l'on connaît maintenant-, que ce projet soit l'épine dorsale pour un accord de gouvernement après 2014".

Ce que le leader du MR exprime là sous forme d'anaphore, "c'est cela la meilleure défense, la meilleure protection pour les francophones dans une Belgique qui sera amenée à évoluer dans le cadre de la réforme de l'Etat".

La démission de Steven Vanackere? "La démocratie a besoin de transparence"

Concernant la démission de Steven Vanackere de son poste de ministre des Finances, Charles Michel dit en prendre acte mais ne trouver la nouvelle "ni dommage, ni pas dommage". "Pour l'homme, j'ai évidemment du respect", explique-t-il mais "il y a un choix qui est un choix personnel [derrière cette décision] et il en a expliqué les raisons". "Sur le fond quel est l'enjeu? C'est celui de la vérité et de la transparence. La démocratie a besoin de vérité et de transparence".

En outre, le député fédéral concède avec honnêteté que le remplacement de Steven Vanackere par le ministre de la Défense, Pieter De Crem, au poste de vice-Premier ministre est une "bonne nouvelle" car il "semble a priori plus proche des positions du MR" que ne l'était son prédécesseur.

Un label "Made in Europe"

L'invité de Bertrand Henne s'est déclaré dans le Vif en faveur d'un label "Made in Europe" pour "sensibiliser les citoyens au thème du patriotisme économique".

Il faut "protéger une stratégie industrielle qui garantisse de l'emploi", a-t-il précisé sur nos ondes. Alors, Charles Michel se serait-il converti au protectionnisme? "Je suis un partisan de la libre concurrence mais pour que la libre concurrence soit saine et correcte, il faut des règles", se défend-il. 
 
"Depuis des années, l'Europe devient le dindon de la farce", affirme l'élu libéral parce que des pays comme la Chine ou les Etats-Unis "inondent le marché européen" avec des produits qui ne respectent pas les normes environnementales et les normes sociales que s'impose l'industrie européenne.
"Le libre marché ne peut conduire à la prospérité que s'il y a certain nombre de règles qui encadrent le marché", a-t-il conclu.

Julien Vlassenbroek

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