Charles Michel: "Ceux qui ont parlé de rafles sont mal placés pour donner des leçons de langage"

Hier soir, plus d’une centaine de manifestants ont investi la rue de la Loi, dans un dernier espoir d’inciter les partis à voter pour la Loi, Climat, loi qui devrait être approuvée ou non cette après-midi par le Parlement. Une mobilisation à laquelle Charles Michel a réagi en déclarant qu’il était « heureux qu’il existe cette liberté de manifester, et qu’elle soit garantie. Mais, le débat se fait dans l’enceinte du Parlement », a-t-il rappelé.

Et débat, il y a déjà eu avec des partis comme l’Open VLD, le  CD&V, et la N-VA  qui se sont prononcés en défaveur de cette loi Climat. En effet, pour que cette loi soit adoptée, il faut une révision de la Constitution. Le danger, pour le Premier ministre, est que cette révision de la Constitution ne soit le bouton rouge déclencheur d’une crise communautaire.

« Ce que nous ne voulons pas, c’est que ce débat sur la loi Climat soit un prétexte pour ouvrir la boîte de Pandore et donne la capacité à ceux qui ont de mauvaises intentions pour l’avenir du pays, – le PS et la N-VA qui sont un cocktail, qui amènent, à chaque fois le chaos-, d’avoir les mains libres avec une Constitution ouverte à révision. Cela permettrait d’occuper le débat exclusivement sur ces questions communautaires et donc de nourrir, la division, le séparatisme et l’appauvrissement… Nous attendons des clartés de la part des autres formations politiques sur leurs intentions à propos des questions communautaires. »

Le climat, un levier pour plus de développement économique

Au-delà du débat sur le vote de la loi Climat, le MR avance déjà ses propositions sur la bonne attitude à agir en faveur du climat. « La priorité doit rester de miser sur le socio-économique. Et, le climat doit précisément être un levier pour plus de développement économique, plus de création d’emplois et plus d’investissements… »

Fort de cette prise de conscience, le MR a donc listé une série de mesures à prendre en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, ce que d’après le Premier Ministre, les autres partis n’ont pas fait, ceux-ci surfant sur des généralités sans mettre en avant les mesures à prendre. « Ce qui a été déposé à ce stade, ce ne sont que des objectifs et une méthode. Et, donc je veux avoir ce débat sur les mesures à prendre. Au départ du MR, nous avons une vision très claire sur les mesures à prendre pour faire reculer la menace climatique. Les éoliennes off shore ont été un grand succès car nous avons pris des décisions sans attendre les mouvements pro-climats qui se sont développés ces dernières semaines. Ce qui permettra de couvrir 20% des besoins en énergie dans les prochaines années. Autre exemple : nous préconisons de mettre en place des prêts à taux zéro pour ceux souhaitant rénover leurs logements. Enfin, nous proposons de réduire les impôts pour les PME et les Start-ups développant des projets positifs pour le climat et l’environnement. C’est tout l’inverse du programme d’Ecolo qui ne propose que taxer, taxer et taxer. Nous ne voulons pas être dans une démarche de lutte contre le réchauffement climatique qui appauvrisse le citoyen ».

Quid d’une 7e réforme de l’Etat ?

Au Parlement, cette semaine, il sera aussi question de se mettre d’accord sur la liste des articles de la Constitution soumis à révision. Certains partis ont déjà déclaré qu’ils ne voulaient pas une révision de la Constitution et donc d’une nouvelle réforme de l’Etat. Qu’en est-il dans le chef de Charles Michel ? « Cela ne dépend pas de moi. C’est aussi au gouvernement, au parlement et au Sénat à décider. Mais je ne veux pas que les citoyens se réveillent au lendemain des élections avec la gueule de bois parce que le pays serait de nouveau bloqué. Ce qui est arrivé avec le PS et la N-Va quand ils étaient aux commandes et qu’on a eu 541 jours sans gouvernement. »

Charles Michel se prononcerait donc en défaveur d’une révision des articles touchant aux questions institutionnelles, afin d’éviter le déclenchement d’une crise communautaire.

« Aucune référence au régime nazi »

Ce dimanche, lors du Congrès de lancement de campagne du MR, le Président du MR a déclaré que « le cocktail national-socialiste, c’est la division et l’appauvrissement garantis. C’est le Brexit en pire ».

L'expression national-socialisme qui a fait bondir le Président du Parti Socialiste, Elio Di Rupo, lequel y a vu une référence directe au régime nazi. Au lendemain de cette déclaration, Charles Michel maintient que son message a été mal compris. « Il n’y avait aucune intention de faire référence au régime. Le cocktail N-VA et PS amène, chaque fois, l’appauvrissement et la division dans ce pays. C’est ce message que j’ai voulu transmettre et il faut être mal intentionné pour y voir autre chose. Par ailleurs, ceux qui ont traité ce gouvernement de fasciste, de régime de Vichy, et parlé de rafles, sont très mal placés pour me donner des leçons de langage. »

Enfin, il y a une semaine, le gouvernement MR-CH perdait sa majorité en Wallonie, suite au ralliement de Patricia Potigny, ex-députée MR, aux Listes Destexhe.

Charles Michel voit cette perte de majorité comme un cadeau fait à la FGTB et à la gauche et extrême gauche wallonne. « C’est un mauvais coup porté à la Wallonie, mais j’espère que le gouvernement wallon pourra encore valider certaines décisions avant sa dissolution »

 

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