Charles Michel: "La FGTB a décidé de défendre le chômage"

Invité de Matin Première ce mardi, le Premier ministre n'a pas mâché ses mots à l'égard du syndicat socialiste.

Interrogé sur le fait que la FGTB estime que la hausse des salaires est l'équivalent de ce qu'on a perdu avec le saut d'index, Charles Michel (MR) lance : "La FGTB passe son temps à dire n'importe quoi". Selon lui, ce saut d'index "a été largement compensé puisqu'un treizième mois a été accordé 3 ans plus tard".

"La FGTB a décidé de défendre le chômage. Et bien moi, je défends les personnes qui cherchent du travail, les personnes qui veulent travailler", ajoute-t-il, avant de poursuivre : "La FGTB a décidé de miser sur le conservatisme absolu, sur la régression sociale"

Charles Michel va même plus loin en déclarant que "La FGTB est noyauté par le PTB, c'est-à-dire par le communisme. C'est-à-dire par cette idéologie du siècle passé qui a toujours signifié plus de pauvreté, plus d'écrasement aussi des libertés et des droits de l'homme. Moi je veux incarner un autre projet politique, ouvert, pro européen, en faveur d'un dynamisme économique au service des solidarités"

Les syndicats sont-ils un problème ? 

A la question de savoir si le Premier ministre a un problème avec les syndicats, Charles Michel répond : "Pas avec les syndicats en général". Et de rappeler que dans l'histoire de la démocratie européenne, les syndicats ont joué "un rôle utile, un rôle moteur en alliance avec des libéraux progressistes", précise-t-il. 

"Je constate depuis quelques années que le syndicat socialiste, la FGTB, a décidé de miser sur une forme de conservatisme extrême, néfaste et qui entraînerait, si on devait les suivre, de la régression sociale. Je constate effectivement que toutes les propositions de la FGTB sont des propositions néfastes", conclut-il.

La reprise des travaux du RER en mars

Autre sujet, autre dossier : la reprise des travaux du RER. Dès le 26 mars, le chantier redémarrera à Groenendael.

Charles Michel soutient-il Theo Francken ? 

À la polémique, toujours plus forte, suite à l'affaire des Soudanais rapatriés, Charles Michel répète qu'il attend le résultat de l'enquête avant de se prononcer. Une enquête qui est "indépendante", rappelle-t-il, et sur laquelle il ne veut pas "imposer un timing" même s'il espère un résultat en janvier encore.

Mais dans tous les cas, la question n'est pas de savoir s'il soutient Theo Francken (N-VA), mais si le Parlement le soutient. 

Quant à savoir si le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration a menti, il déclare : "Il n'a pas donné toutes les informations (...) Il n'a pas été complet".

La politique d'asile en Belgique : "Un choix d'humanité et de fermeté"

La question de la migration n'est pas seulement une question belge, affirme Charles Michel, "mais une question d'ampleur européenne. Depuis plusieurs mois, sur le plan européen, nous essayons de réformer nos règles en matière de migration et nous savons bien qu'il y a une pression très forte sur les frontières européennes. Et sur ce sujet, il y a deux visions différentes : la vision laxiste de la gauche traditionnelle qui veut donner l'impression que l'on peut ouvrir les frontières tous azimuts et puis, être confronté à des problèmes de régularisations massives. Ou bien, il y a le choix que nous faisons, qui est un choix de fermeté et d'humanité", explique-t-il.

"Fermeté parce que l'on protège nos frontières par la politique d'asile, et humanité parce que l'on tente d'accueillir convenablement ceux qui sont dans les conditions pour être accueillis", précise le Premier ministre libéral.

Par rapport à l'affaire des Soudanais, "la question fondamentale" est de savoir si "oui ou non on a appliqué les règles de droit européen et de droit international. C'est ça le choix du gouvernement".

Charles Michel a également rappelé qu'en 2016, lui et son gouvernement avaient été vivement critiqués pour leur refus d'accorder un visa à une famille syrienne. Or, dit-il, la Cour européenne des droits de l'homme, "sur toute la ligne, a donné raison au gouvernement et j'ai constaté un silence assourdissant de ceux qui, quelques semaines auparavant, avaient donné de grandes leçons de droit".

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