Rudy Demotte absent de la présentation du plan d'investissements: "On n'est pas là pour lustrer le travail du fédéral"

Ce matin sur La Première, Charles Michel a présenté les grandes lignes du plan national d'investissements. Le "pacte" représente 150 milliards d'euros à investir d'ici 2030 dans cinq secteurs dits "stratégiques" : mobilité, énergie, enseignement, télécoms et santé. "On ne peut pas tout faire, on doit choisir des domaines stratégiques", a martelé le Premier ministre. 

D'où viendront les 150 milliards d'euros ?

Il aura fallu deux ans à Charles Michel pour boucler une proposition, évoquée pour la première fois sur le plateau de la RTBF. C'est "un panel d'experts apolitiques" qui a planché sur les "propositions concrètes à faire aux différents gouvernements du pays", explique le Premier.

Sans concertation avec le monde syndical, lui fait-on remarquer. Ce plan est-il celui du patronat ? "Quand on parle de transition énergétique ou de mobilité, on parle aux onze millions de Belges", défend Charles Michel. 

"Mettre ensemble décideurs privés et publics": le Premier ministre a expliqué que l’argent viendrait "à la fois des budgets des différentes entités du pays, avec l’aval des parlements, et du secteur privé." 

Présenté en grande pompe, ce plan national d’investissement ne plait pas à tout le monde. Deux personnalités politiques de haut rang ont brillé par leur absence : le ministre-président de la Région bruxelloise et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Rudi Vervoort et Rudy Demotte ont pourtant participé à plusieurs réunions pour mettre au point le pacte.  L’absence des deux ministres-présidents a fait réagir Charles Michel : "C’est un choix de boycott. Cette absence est regrettable mais je continuerai à travailler lors des comités de concertation et à remettre le sujet sur la table".

Du côté du ministre-président francophone, on justifie cette absence pour une raison de respect. "Après avoir participé à un certain nombre de séances de travail, nous n’avons pas reçu le rapport portant sur la présentation du Plan national d’investissement avant ce lundi soir. On est là en face d’un fédéralisme de soumission. Evidemment, nous ne sommes pas là pour faire de l’opposition systématique avec le fédéral. Néanmoins, nous ne sommes pas là, non plus, pour lustrer le travail du gouvernement fédéral", explique Rudy Demotte.

À quoi servira ce pacte? 

Concrètement, de quoi le citoyen va-t-il bénéficier ? Charles Michel a largement insisté sur la digitalisation dans différents secteurs. Il a cité "le développement du réseau 5G, de la fibre optique ou la consultation médicale à distance".

En matière de mobilité, la promesse est d'"investir massivement dans les transports communs":

Le mérite du pacte est d'avoir déjà débloqué un milliard d'euros pour le RER ou de prévoir la réouverture de gares de taille moyenne telles que celle de Chaudfontaine.

Est-ce que Charles Michel ne rêve pas éveillé ? "Soit, on se lamente. Soit, on se demande comment faire plus. Je veux faire de la Belgique l'Eldorado pour les investissements stratégiques." Selon lui, "quand on innove, le pays devient plus attractif". Il faut alors réfléchir à "comment cesser de reporter une dette cachée sur les générations futures, comment leur permettre de bénéficier d’infrastructures solides."

Report de l'introduction en bourse de Belfius

Le Premier ministre a réagi à la décision de son gouvernement de repousser l'entrée en bourse prévue de la banque Belfius : "C'est une décision en bon père de famille. Il y a quelques années, ce sont les contribuables qui ont sauvé l’économie réelle en Belgique et dans d’autres pays européens. Aujourd’hui, les banques ont repris du poil de la bête. Mais on a estimé que ce n’était pas le bon moment."

Les actionnaires d'Arco, ancien bras armé du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), seront-ils indemnisés comme "cela avait été décidé par un précédent gouvernement ?" "Cela dépend de l’entrée en bourse de Belfius", le report est donc inévitable pour l’instant.

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