Charles Michel au sujet du Pacte sur les migrations: "Je considère pouvoir assumer pleinement la décision"

Charles Michel, invité de Jeudi en prime: gilets jaunes et Pacte sur les migrations au menu
Charles Michel, invité de Jeudi en prime: gilets jaunes et Pacte sur les migrations au menu - © Tous droits réservés

Le Premier ministre était l'invité de Jeudi en prime version XL ce jeudi 22 novembre. Charles Michel a répondu pendant 40 minutes aux questions de François De Brigode et de Thomas Gadisseux. 

La coalition de Charles Michel traverse une période mouvementée. La majorité est divisée sur la suite à réserver au Pacte des Nations Unies sur les migrations. La Belgique doit théoriquement confirmer son adhésion au texte début décembre à Marrakech. Mais la N-VA s'oppose de plus en plus fermement à la signature. A tel point que la chute du gouvernement est ouvertement évoquée dans les travées du Parlement fédéral. 

Alors le gouvernement est-il en crise ? "Il y a une difficulté. Ce n’est pas la première fois. Je suis toujours parvenu à les résoudre jusqu’à présent". Un "jusqu'à présent" qui trahirait un doute vis-à-vis de la N-VA? "L'enjeux est de voir, avec calme et sang froid, si des solutions dans le cadre de cette majorité politique sont possibles. C'est évidemment mon souhait. J'ai confiance dans la capacité de faire preuve de courage politique dans le chef des quatre formations autour de la table. Dans le même temps, je considère comme Premier ministre, le moment venu, et ce moment n'est peut-être pas encore venu, pouvoir assumer pleinement la décision.

"Des dérapages absolument inacceptables"

Par ailleurs, la Belgique, comme la France, est le théâtre de violences perpétrées par ceux qui se font appeler les gilets jaunes. La lutte contre les prix élevés du carburant se radicalise. "Il y a eu des dérapages absolument inacceptables", admet le Premier ministre. "On ne peut accepter l'impunité lorsqu'on se livre à des violences et menace des journalistes". Mais le premier ministre fait la distinction entre ceux qui protestent pacifiquement contre la hausse des prix, qu'il dit comprendre, et les manifestants violents. 

Que fait le gouvernement pour améliorer le pouvoir d'achat? "Le tax-shift amène 140 euros par mois pour les personnes qui ont un bas salaire. C'est un treizième mois."  

Le Premier ministre a défendu la hausse des accises sur le Diesel décidées par son gouvernement. "Sur les accises, on a décidé il y a quatre ans de baisser les accises sur l'essence et dans le même temps de hausser celles sur le diesel pour des raisons environnementales. Mais la meilleure manière d'avoir du pouvoir d'achat c'est d'avoir un développement économique durable et cela signifie donc de l'emploi!"

Charles Michel face à Marie-Hélène Ska

Dans le cadre de ce "Jeudi en prime plus", le Premier ministre s'est retrouvé face à la secrétaire générale de la CSC. Ils ont débattu sur le pouvoir d'achat et la réforme des pensions. "Est-ce que vous considérez qu'il est possible de travailler plus longtemps avec des cadences pareilles dans les entreprises?", souhaiterait savoir Marie-Hélène Ska. "Nous pensons effectivement que la hausse d'espérance de vie spectaculaire doit aller de paire avec un allongement des carrières. Cela doit nous amener à revoir nos mécanismes". Charles Michel précise que le ministre de l'Emploi s'atèle à mettre en oeuvre des aménagements du temps de travail.  

Brexit: Charles Michel souhaite un soutien budgétaire européen pour les pays exposés

"Il faut un accord rapidement", estime le Premier ministre qui ne se risque pas à pronostiquer les chances de parvenir finalement à un accord entre l'Union Européenne et la Grande-Bretagne. Charles Michel a rappelé que la Belgique est un des pays les plus exposés économiquement en cas de Brexit. Il a appelé de ces vœux un soutien budgétaire européen aux pays les plus exposés aux conséquences économiques de cette séparation. 

Job deal

Le "Job deal" prévoit notamment une dégressivité accrue des allocations de chômage assez critiquée. "La réforme de la dégressivité vise à avoir plus d'argent en début de recherche d'emploi", se défend le premier ministre. "Les premiers mois après la perte d'un emploi sont clés!" La volonté du gouvernement serait en outre de régler le problème des emplois qui ne trouvent pas preneurs en faisant diminuer plus rapidement les allocations de chômage.

 

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