Charles Michel: "Il y a une forme d'arrogance chez certains de chez Ecolo"

Le Premier ministre du gouvernement en affaires courantes était l'invité de Matin Première. Charles Michel a secoué l'actualité de ce lundi en annonçant qu'il prenait la tête du parti libéral en vue des élections de mai 2019. Un remaniement pas forcément inattendu mais qui pose question aux yeux de l'opposition puisqu'il donne lieu à un "cumul". Le chef du gouvernement sera aussi la figure de proue du MR. 

"Je suis un et indivisible, je vais mener ma tâche de Premier ministre avec le sens de l’intérêt général jusqu’au bout", assure le Premier. Il précise toutefois qu'en vue de la campagne qui s'annonce, il est nécessaire pour son parti et pour lui de convaincre "sur base d’un projet tourné vers l’avenir". Concernant les critiques reçues suite à sa nouvelle place au sein de son parti, notamment par le PS ou Ecolo, Charles Michel répond : "J’ai l’habitude des injures. Lorsque l'on crée les conditions pour créer 200.000 emplois, je reçois des injures. Lorsque j’assainis le budget, je reçois des injures, je comprends bien que pour ces partis-là, ils préféreraient qu’il n’y ait pas de débat, qu’il n’y ait pas de campagne".

Il n'exclut pas une majorité MR/N-VA

Alors s'afficher comme figure de proue du MR positionne le Premier ministre et futur candidat en pôle position pour assurer le bilan de la législature qui se termine. "Je suis fier des résultats qui ont été engrangés", martèle-t-il. Et pour anticiper les mois à venir, il estime avoir un projet, une vision claire : "Je mesure bien que nos citoyens ne veulent pas simplement entendre des débats sur les bilans et les réalisations, ils veulent savoir les propositions sur l’avenir du pays." Il confronte alors plusieurs éventualité. "Il y a deux grands choix. Veut-on de nouveau le blocage communautaire institutionnel, la division entre les belges, les fameux 541 jours de crise entre M. De Wever et Di Rupo. Ou bien veut-on, comme nous l’avons fait pendant quatre ans et demi, une capacité de mener des débats économique, social, sur les questions climatiques et la sécurité ?"

J’ai l’habitude des injures

Charles Michel estime aussi avoir "tiré les leçons" de son mandat à la tête du gouvernement belge. Il s'en remettra au vote des électeurs pour la suite et au "projet dans lequel il croit".


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Alors qu'importe, selon lui, qui seront ses partenaires. "Ce qui compte, ce n’est pas d’être autour de la table avec Pierre, Paul ou Jacques, c’est d’être autour de la table pour mener un projet qui selon moi est utile pour l’avenir des belges", indique le Premier. Par cette déclaration, il n’exclut pas une nouvelle coalition avec son ancien partenaire, la N-VA. Le parti nationaliste a claqué la porte du gouvernement en décembre 2018, avant le terme de la législature.

"L'arrogance" Ecolo

Depuis plusieurs semaines, les jeunes sèchent les cours pour le climat. Le 21 février, la Suédoise Greta Thunberg sera d'ailleurs à Bruxelles pour prendre part à la mobilisation. Le Wavrien ne voit pas ces mobilisations d'un mauvais œil. "Ils expriment une grande aspiration. La responsabilité de ceux qui sont engagés en politique n’est pas simplement d’être dans l’incantation, l’accusation", dit-il. Ce genre de déclaration est-elle destinée au parti Ecolo ? Oui. "Il y a une certaine forme d’arrogance chez certains chez Ecolo. Ils veulent récupérer et éviter les questions de fond, répond-il. La question centrale qui est posée est ‘Comment peut-on prendre des mesures qui ont un impact sans appauvrir mais au contraire, en stimulant l’emploi et l’investissement ?' Il y a chez beaucoup de responsables Ecolo une sincérité mais je décèle aussi ces derniers temps des déclarations qui traduisent une forme d’arrogance et un refus de rentrer dans les débats de fond."

"J’ai bataillé comme un lion pour éviter que le gouvernement ne chute et après les élections, le gouvernement qui entrera en fonction devra prendre des mesures budgétaires", conclut-il.

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