Charles Michel face à Voldemor

Charles Michel face à Voldemor
Charles Michel face à Voldemor - © Tous droits réservés

A la Chambre, le Premier ministre a été assailli de questions sur les propos de Bart De Wever à propos de l'intégration des Berbères. Malgré les condamnations en provenance du CD&V, de l'Open-VLD et du MR, Charles Michel s'est limité à l'accord de gouvernement.

Bart De Wever était dans toutes les questions adressées au Premier ministre ; le président de la N-VA fut totalement absent des réponses, même si dans questions ET réponses il fut beaucoup question de racisme ou de "vivre-ensemble" comme on dit maintenant.

Celui dont on ne peut prononcer le nom

Bart De Wever est un habitué de la provoc’ comme quand, en février 2013, il assimilait l’homosexualité à une obédience ou une religion quand il estimait que porter un t-shirt arc-en-ciel pour un fonctionnaire était à considérer comme un "signe convictionnel". Tout le monde à l’époque avait pris position ce qui faisait dire à Johan Vande Lanotte qu’il fallait arrêter de mettre Bart De Wever au centre du jeu, d'éviter même de le citer à tout bout de champ. Une sorte de Voldemor politique.

Depuis l'installation du nouveau gouvernement fédéral, le président de la N-VA n'aura eu de cesse de garantir que son parti n'allait pas se dissoudre dans le pouvoir "belgicain". Comme déjà indiqué, si Bart De Wever s'est bien gardé de monter dans un exécutif, c'est bel et bien pour garantir la "ligne" de son parti et ne pas perdre son "âme" au pouvoir, comme cela put être le cas pour feu la Volksunie, d'où sont directement issus des De Wever ou des Bourgeois.

Dans un premier temps, Bart De Wever a "couvert" les incartades de ses ministres sur la collaboration ou l'immigration les renvoyant au rang de "foutaises francophones". A l'époque, le MR et Charles Michel n'avaient pas dit autre chose.

Au sein du gouvernement fédéral, on a aussi resserré quelques boulons, les ministres N-VA ont découvert la Wallonie et évité les déclarations polémiques.

Dans cette perspective, il appartenait au seul Bart De Wever de porter la voix de la N-VA. Ce qui fut fait contre les Wallons, les syndicalistes, la concertation sociale, les chômeurs, les grévistes et à présent donc les Berbères.

A ceux qui auraient tendance à l'oublier, Bart De Wever doit rappeler que la N-VA est bel et bien un parti (très) nationaliste et (très) à droite.

Trop loin?

Tout cela peut parfois coincer au sein d'une coalition inédite. Pour la première fois, des voix se sont élevées dans la majorité pour prendre des distances avec les propos "racistes" du député-président-bourgmestre d'Anvers qui représente aussi la première force politique du pays... et du gouvernement fédéral.

Face au tollé, le Premier ministre est resté rivé sur l'accord de gouvernement, refusant d'entendre ce qui pouvait se passer en dehors de la rue de la Loi. Ces œillères politiques ont toutefois leurs limites. Certes, Charles Michel entend éviter que ces querelles ne gangrènent ainsi la stabilité de son gouvernement mais en ménageant de la sorte la principale force de sa coalition, se refusant même à la nommer, il peut laisser croire qu'il est en fait sous sa coupe.

 

Philippe Walkowiak

@PhWalkowiak

 

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