Motion votée: Charles Michel demandera-t-il un vote de confiance?

La Chambre a approuvé mercredi en séance plénière une motion d'ordre du chef de groupe PS Ahmed Laaouej, cosignée par le sp.a, les écologistes, le cdH et DéFI proposant au gouvernement orange-bleu de présenter son nouveau programme et chercher la confiance du parlement au plus tard mardi. La N-VA a soutenu la demande.  Jusqu'à présent, le Premier ministre Charles Michel, dont le gouvernement dans sa forme actuelle a perdu sa majorité, a laissé entendre que cette demande de la confiance au parlement était une "possibilité".

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Pour une majorité au parlement, il ne fait pas de doute que le gouvernement Michel II, qui ne réunit plus que le MR, le CD&V et l'Open Vld, est bien un nouveau gouvernement, qu'il doit présenter une nouvelle déclaration et donc requérir la confiance.

Nouveau rebondissement

Ce vote est un nouveau rebondissement dans la saga qui a débuté avec l'adoption du Pacte des Nations-Unies sur la migration. La N-VA a quitté le gouvernement car elle ne pouvait soutenir l'approbation par la Belgique de ce texte. Depuis lors, le gouvernement est minoritaire. Pour autant, la coalition orange bleu estime qu'il s'agit de la continuation du gouvernement constitué en 2014 et non d'un nouvel exécutif.

Depuis quelques jours, entre l'orange-bleu et les autres partis le débat fait rage à coup de lectures de la Constitution. Les socialistes, les écologistes, le cdH, DéFI, le PTB ainsi que la N-VA estimaient que cette nouvelle équipe devait présenter son programme et requérir la confiance. L'orange-bleu répondait que l'opposition n'avait qu'à déposer une motion de méfiance.

52 députés sur 150

Après ses entrevues en tête-à-tête mardi et mercredi avec les chefs de groupe de l'opposition à la Chambre, le Premier ministre a participé cet après-midi à un débat au parlement, le 1er depuis le départ de la N-VA du gouvernement et la mise en place dimanche dernier d'une coalition orange bleue (MR, CD&V, Open-VLD).

Un moment important pour Charles Michel (MR), désormais soutenu par une minorité de 52 députés sur 150, et qui devra de facto trouver des appuis ailleurs pour faire adopter les dossiers défendus par sa tripartite inédite. Mais les échanges parfois musclés n'ont absolument pas apaisé les tensions des derniers jours.

L'opposition très sévère

"Le parlement ne connait pas les projets de votre nouveau gouvernement, c'est inacceptable. Le flou doit être éliminé, la clarté doit être apportée. C'est une question de correction, a martelé Peter De Roover (N-VA), dont le parti a quitté la majorité il y a 3 jours.

"Vous n'êtes plus maître de rien, vous êtes minorisé. Et vous continuez à négocier avec la N-VA, le parti qui vous a mis à genoux et qui maintenant vous fait danser, a déploré pour sa part Ahmed Laaouej (PS). Vous faites passer vos intérêts avant ceux de la population, et les urgences sociales sont reléguées au second plan. C'est un éboulement politique inacceptable. Nous préférons un gouvernement en affaires courantes plutôt que la poursuite de votre politique de régression sociale". 

"Aujourd'hui, il y a le chaos, et c'est votre responsabilité, a ajouté Meryame Kitir (sp.a).

Critiques sévères également sur les bancs des Verts. "Nous n'oublions pas votre bilan. Le mal est fait, il est profond, et votre responsabilité est totale", a assené Georges Gilkinet (Ecolo). Kristof Calvo (Groen) a de son côté prévenu le Premier ministre: "Soit vous êtes en affaires courantes, soit vous devrez trouver des modalités de coopération". Une mise en garde proche de celle d'Olivier Maingain (Défi): "Quelles alliances comptez-vous privilégier pour les derniers mois de la législature ? Vous devez choisir: préserver vos connivences passées ou vous tourner vers l'avenir".

"Le changement de gouvernement est l'occasion de prendre des mesures sociales plus justes, des mesures environnementales plus ambitieuses. Nous voulons un changement de cap radical, au profit des citoyens, a ensuite réclamé Catherine Fonck (cdH), suivie à la tribune par Raoul Hedebouw: "Vous vous êtes mis dans le pétrin, et ne comptez évidemment pas sur le PTB pour vous aider".

Charles Michel réclame de la coopération

Le Premier ministre l'a reconnu d'emblée, "les prérogatives de ce gouvernement sont limitées, et nous devons donc être prudents". Mais il a estimé que la poursuite du travail par l'équipe restante est une meilleure solution que des élections anticipées, "qui présentent le risque d'une instabilité politique".

Charles Michel a ensuite demandé une forme de "coopération" entre le gouvernement et le parlement, avec une "responsabilité" partagée, égrenant divers exemples de dossiers qui nécessiteront un accord prochainement (budget, accord interprofessionnel, politique climatique...) "Il y a un chemin qui est possible", a-t-il conclu.

Une séance qui n'a en tout cas pas rapproché les points de vue entre la majorité (minoritaire) et l'opposition (majoritaire), et la suite s'annonce compliquée pour l'équipe Michel 2.

Au terme des débats, deux motions distinctes ont été déposées, exigeant que le Premier ministre revienne dans quelques jours devant le parlement et soumette la coalition orange bleue à un vote de confiance. La motion proposant au gouvernement de présenter une déclaration et demander un vote de confiance d'ici mardi a été approuvée avec le soutien de la N-VA. 

 

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