Charles Michel, européen dans l'âme

A 43 ans, Charles Michel est appelé à devenir, le 1er décembre prochain, le plus jeune président du Conseil européen et le premier libéral à cette fonction, occupée par un Belge pour la deuxième fois en trois mandats, après Herman Van Rompuy, qui l'a inaugurée il y a dix ans, et l'actuel président, le Polonais Donald Tusk.

La désignation de Charles Michel à ce poste n'est pas vraiment une surprise. D'une part parce qu'on savait le Belge apprécié par ses collègues européens, auprès de qui il a récemment marqué des points; d'autre part parce que l'intérêt de Charles Michel pour l’institution européenne est connu depuis longtemps.

Européen "engagé mais pas naïf"

Un Européen "engagé mais pas naïf", c'est en ces termes que Charles Michel se définit lui-même. Contrairement à d'autres collègues chefs d'état, l'Europe, lui, il y croit encore. Il en veut même plus, malgré des vents contraires venant de plusieurs pays de l'Union et quitte à ce que certains pays avancent plus vite que d'autres. C'était d'ailleurs l'un des axes de son discours devant le Parlement européen, en mai 2018. "J'ai été parmi les premiers à plaider pour une Europe à plusieurs vitesses. Pas pour diviser, mais au contraire pour mettre un turbo dans nos décisions. Les avancées majeures ont souvent été le fruit d'une avant-garde: la zone euro, l'espace Schengen. Permettons donc à ceux qui le souhaitent d'avancer, sans forcer ceux qui ne le veulent pas ou qui ont besoin de plus de temps".

Redorer le blason de l'Union 

Pour Charles Michel, le défi est de taille. Il arrive à la tête du Conseil européen alors que de plus en plus d'Européens remettent en cause le modèle européen. Il en est tout à fait conscient. "En quelques années, l’Europe qui rassure est devenue l’Europe des crises, l’Europe qui inquiète", explique-t-il. "Crise financière, crise économique, crise de la dette, crise de la migration, ou encore le Brexit. L’impression d’une Europe qui subit, qui aurait perdu le contrôle de son avenir et de son destin. La plus-value de l’Union européenne est pourtant réelle, concrète et quotidienne". C'est ce qu'il va devoir prouver ces 5 prochaines années: démontrer que l'Union est utile, crédible et bénéfique, en s'affranchissant de sa couleur nationale. 

Si c'est Charles Michel qui a hérité de ce poste, au terme de tractations longues et difficiles, c'est que les Européens estiment qu'il correspond à ce profil. Il en a fourni la preuve éclatante en décembre dernier, lorsqu'il a préféré voir son gouvernement trébucher sur le pacte de Marrakech plutôt que de faire faux bond à un texte qui avait reçu le "plein soutien de l'UE", dixit sa prédécesseure. Le Belge a tenu bon et ce malgré le revirement de plusieurs pays de l'Union. Ce jour-là, Charles Michel a perdu un partenaire de gouvernement mais il a gagné des points sur la scène européenne, auprès de ses collègues chefs d'état et de gouvernement.

"La parole de la Belgique a de la valeur, la crédibilité internationale a de la valeur", avait-il alors expliqué en conférence de presse. "J'ai toujours considéré, tout au long des 4 dernières années dans ma fonction de Premier ministre, qu'il était de ma responsabilité de veiller à notre crédibilité sur le plan international." Cette crédibilité, il va désormais devoir l'incarner à l'échelle de toute l'Union européenne.

Tombé dedans quand il était petit

En accédant à cette fonction, Charles Michel suit ainsi les traces de son père, Louis, actif au niveau européen depuis quinze ans. Après avoir été ministre des affaires étrangères en Belgique, Louis Michel a occupé plusieurs fonctions européennes, dont celle de commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, de novembre 2004 à juillet 2009. Il est depuis lors député européen.

 

 

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