Charles Michel co-formateur: "Kamikaze, un a priori pas positif"

Charles Michel était l'invité du JT spécial pour revenir sur sa volonté de participer à un gouvernement dit "kamikaze"
Charles Michel était l'invité du JT spécial pour revenir sur sa volonté de participer à un gouvernement dit "kamikaze" - © Tous droits réservés

Charles Michel est revenu sur sa nouvelle mission - qu'il exercera conjointement avec le CD&V Kris Peeters - de formation d'un gouvernement "suédois" avec l'Open VLD, le CD&V et la N-VA, un parti qu'il disait "destructeur pour le pays" avant les élections. La priorité est d'éviter une crise institutionnelle interminable, a-t-il affirmé lors du JT spécial de la RTBF, assurant que des garanties avaient été données par les trois partis flamands avec lesquels il veut s'engager au fédéral.

"'Kamikaze' est un a priori qui n’est pas positif", a déclaré le président du MR et nouveau co-formateur, Charles Michel, à propos du nom qui est donné à la probable future majorité gouvernementale. Une majorité dans laquelle son parti serait le seul francophone, alors que le MR se retrouve sur les bancs de l'opposition à Bruxelles et en Wallonie.

Pour lui, l’essentiel est de résoudre "une situation qui semblait impossible pour beaucoup" et qui ne laissait que "deux possibilités": "soit revivre une crise institutionnelle de 541 jours comme en 2010, soit former un gouvernement". Un gouvernement qui pourra, dit-il, "prendre des décisions économiques et sociales en mettant de côté le danger de la crise institutionnelle et communautaire".

Reste qu'il s'ouvre à la collaboration avec un parti qu'il avait formellement rejeté et qualifié de "destructeur pour le pays". S'il reconnaît avoir tenu ce discours Charles Michel déclare que "la situation a changé" en s'appuyant sur les résultats électoraux considérables de la N-VA en Flandre. Pour lui, il fallait aussi à tout prix éviter la confrontation du PS et de la N-VA au sein d'un même gouvernement, qui conduirait à "une guerre institutionnelle et communautaire empêchant toute décision sur le plan économique et social".

Alors que Laurette Onkelinx déclarait que "l’étiquette d’un menteur va lui coller à la peau pendant des années", il a répondu "mesurer la déception" de la socialiste: "Elle a assumé des fonctions ministérielles pendant près d'un quart de siècle, je comprends que cela doit être un jour difficile pour elle", a-t-il déclaré.

S'il a aussi affirmé que "les positions conservatrices du PS et du cdH n’auraient pas pu permettre d’avancer", il a toutefois confirmé que la porte était toujours ouverte au cdH. Cette option semble néanmoins peu réalisable: Kris Peeters a lui-même indiqué peu de temps après ne pas vouloir "indéfiniment mettre beaucoup d'énergie" pour convaincre les centristes humanistes. D'après lui, c'est Charles Michel qui a tenu à tendre une main en direction du cdH: "Il appartient maintenant au cdH de prendre ou pas cette main tendue", a-t-il dit mardi soir lors de l'émission "Terzake".

Enfin Charles Michel a assuré que, si cette majorité "suédoise" (comme il préfère l'appeler, et sans le cdH, donc) se concrétise, la sixième réforme de l’Etat serait exécutée loyalement, et que les quatre partis se cantonneraient à un travail socio-économique, qu’ils ne toucheraient pas à l’institutionnel.

G. Renier

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