Un nouveau gouvernement sans la N-VA: va-t-on devoir revoter avant mai 2019?

La crise gouvernementale en cours va-t-elle aboutir à des élections anticipées?

Il reste un certain flou au lendemain de l'annonce par le Premier ministre Charles Michel de la désignation prochaine de nouveaux secrétaires d'Etat en remplacement des ministres N-VA. Ceux-ci ont, selon lui, fait le choix de quitter le gouvernement après que les nationalistes ont indiqué qu'ils seront mis hors du gouvernement si Charles Michel persistait à se rendre à Marrakech pour approuver le pacte sur les migrations.

Le Premier ministre Charles Michel est donc parti chez le Roi pour annoncer la recomposition de son gouvernement sans les ministres N-VA. Le MR, le CD&V et l'Open Vld ont en effet annoncé leur intention de poursuivre au sein d'un gouvernement minoritaire. 

L'opposition ne le soutiendra pas....

L'opposition s'étonne et n'entend pas soutenir ce gouvernement minoritaire, censé notamment trouver des partenaires pour approuver le budget. Sur La Première (RTBF), le chef de groupe MR à la Chambre David Clarinval souligne que le seul problème qui s'est posé avec la N-VA concerne le pacte des migrations. Il précise qu'il existe toujours des accointances sur les dossiers socio-économiques et il n'imagine pas que la N-VA puisse voter contre le budget.

"Le cirque continue", a indiqué dimanche, toujours sur La Première (RTBF), la coprésidente d'Ecolo Zakia Khattabi, le chef de groupe PS à la Chambre Ahmed Laaouej dénonçant de nouvelles "entourloupes".

...mais la N-VA le pourrait

C'est le paradoxe: même si elle a annoncé qu'elle ne soutiendrait plus le gouvernement si Charles Michel se rendait à Marrakech, la N-VA pourrait continuer à la faire, sur tous les autres dossiers, rendant possible la continuation de ce gouvernement minoritaire.

"Quand on a un gouvernement minoritaire, il  fait ce qu'il veut, c'est extrêmement important, et c'est la grande différence avec un gouvernement en affaires courantes. Nous sommes dans un régime parlementaire, tant que le parlement ne renverse pas le gouvernement il peut se maintenir." expliquait  Mathias El Beroumi, professeur de droit constitutionnel aux universités Saint-Louis dans Matin Première.

"Visiblement, l'idée de passer par la case élections est mise de côté, analysait le journaliste politique de la RTBF Marc Sirlereau sur la Première ce dimanche matin. Et personne, jusqu'à présent, ne le demande. Il est vrai, que vu le contexte, ça passerait plutôt mal dans l'opinion. Nous avons déjà voté en octobre pour les communales et les provinciales. et quoiqu'il arrive, nous voterons encore assurément le 26 mai prochain pour les élections régionales et européennes. Et donc, voter uniquement pour les législatives, avec une nouvelle campagne électorale, fin janvier, début février, passerait mal. Il reste, en plus, un tas de dossiers à voter, à régler, à trancher. Comme tenter de répondre à certaines attentes des gilets jaunes ou trouver un accord pour les pensions sur la pénibilité des métiers dans le privé. Recourir aux élections n'est donc pas la solution même si pour Charles michel ce sera déjà très complique de travailler avec un gouvernement minoritaire...."

Pour David Clarinval, d'ailleurs, l'opposition joue aux "vierges effarouchées", elle "semble découvrir ce qu'est un gouvernement minoritaire".

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