Charles Michel: "Bourgeois est moins ambigu que De Wever"

Impossible de lâcher Bruxelles pour le président du MR Charles Michel, pour qui les propos de Geert Bourgeois (N-VA) sont "moins ambigus que ceux de Bart De Wever"
Impossible de lâcher Bruxelles pour le président du MR Charles Michel, pour qui les propos de Geert Bourgeois (N-VA) sont "moins ambigus que ceux de Bart De Wever" - © BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Selon le président du MR, "Le discours de Geert Bourgeois ne constitue pas une surprise car le projet de la N-VA est séparatiste. Mais il a le mérite de la clarté après les propos ambigus du président de la N-VA, Bart De Wever." Et il ajoute: "Les francophones ne lâcheront pas Bruxelles."

Geert Bourgeois a affirmé samedi dans la presse flamande que la N-VA devait grandir en 2014 afin de pouvoir imposer sa volonté aux francophones. Selon le ministre nationaliste flamand, avec une N-VA incontournable, ceux-ci devront alors accepter que la Flandre et la Wallonie se séparent. Il a toutefois précisé qu'il entendait encore gérer Bruxelles avec les francophones. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

"Si celui qui ambitionne d'occuper la ministre-présidence du gouvernement flamand à la Place des Martyrs (ndlr: à Bruxelles) arrive à ses fins, il peut se préparer à chercher un local en Flandre car nous ne lâcherons jamais Bruxelles", a commenté Charles Michel, via l'agence Belga.

Pour le président du Mouvement Réformateur, les propos de Geert Bourgeois en faveur de ce projet indépendantiste "ont en tout cas le mérite de la clarté après les déclarations ambiguës et hypocrites de son président de parti."

Réactions en chaîne

De son côté le ministre-président flamand Kris Peeters souhaite surtout mettre en oeuvre la réforme de l'Etat, avant d'envisager un nouveau renforcement de l'autonomie pour la Flandre.

Pour lui, il ne s'agit pas seulement de respecter les accords conclus, mais de tenir compte de certains aspects juridico-techniques. "Je compare cela avec la construction d'un appartement : on doit d'abord construire le sixième étage avant de monter le septième." Il explique que la concrétisation de la sixième réforme de l'Etat constituera déjà un sacré "tour de force". "Allons déjà aux élections de 2014 en disant clairement ce que nous voulons faire des nouvelles compétences."

Le ministre-président flamand a toutefois jugé que la réforme en cours n'était pas une fin en soi. Mais définir la manière dont les choses doivent évoluer ensuite devra se faire au sein du nouveau Sénat, composé de représentants des entités fédérées, qui constituera à ce titre "la plate-forme idéale pour entretenir le contact avec les francophones." Il a par ailleurs souligné que l'option d'une autonomie autoproclamée de la Flandre ne tenait pas la route car il faut l'accord des francophones.

Pour Benoît Cerexhe, le chef du groupe cdH au parlement bruxellois, "il faudra passer sur le corps des francophones et sans doute aussi des néerlandophones de Bruxelles" pour que le scénario envisagé par le ministre des Affaires Intérieures flamandes Geert Bourgeois se réalise. Pour l'ex-ministre bruxellois, la réforme de l'Etat en cours a mis un terme au rêve de certains de voir Bruxelles co-gérée par la Flandre et la Wallonie.

"La Région bruxelloise existe depuis 25 ans. C'est une Région à part entière. Son statut et son financement ont été renforcés dans le cadre de la réforme de l'Etat. Le rêve de sa co-gestion par la Flandre et la Wallonie, c'est terminé. Le passage au forceps vers l'autonomie qu'envisage Geert Bourgeois, ce sera sans Bruxelles."

Belga

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