Charles Michel au sujet des victimes du 22 mars: "Dans certains cas, il n'y a pas eu assez de suivi individualisé"

Charles Michel était sur le plateau de l'émission A votre avis, il a parlé du pouvoir d'achat, de Pulifin et des mesures prises suite aux attentats de Bruxelles.

Ce mercredi, il y aura un an jour pour jour que les bombes ont explosées à l'aéroport de Bruxelles-National et à Maelbeek. Le Premier ministre est revenu sur ce qui a été fait suite à ce drame, notamment en matière de sécurité. "Nous avons débloqué 15 millions d’euros supplémentaires pour la police et 15 millions d'euros pour la justice, déclare Charles Michel. Cela vient en complément des 600 millions déjà investis les deux années précédentes". La Belgique est toujours en niveau trois de menace terroriste, même si "il y a moins de militaires en rue aujourd'hui". Ce budget supplémentaire va-t-il servir continuer à payer ces militaires? "Oui mais pas seulement, répond le Premier ministre. Il y a aussi l’équipement, les formations, les marchés publics, le recrutement". Charles Michel s'est également positionné contre la création d'un poste de secrétaire d'Etat chargé de l'aide aux victimes.

Suivi des victimes

Concernant le suivi des victimes des attentats, Charles Michel reconnait que dans un certains nombre de cas, "cela n'a pas fonctionné aussi bien que cela aurait dû fonctionné". "Dans un certain nombre de cas, il n'y a pas eu suffisamment de proactivité, de suivi individualisé des situation des victimes", reconnait Charles Michel. Le Premier ministre qui s'est dit "ébranlé" après sa rencontre avec les familles des victimes dit avoir notamment rencontré des représentants des assurances pour les convaincre d'accélérer les indemnisations de ces victimes. Officiellement, celles-ci ont le statut de victimes de guerres, mais Charles Michel ne considère pas que la Belgique est en guerre. "Il y a une menace terroriste, mais je refuse d'utiliser le mot guerre", insiste le Premier ministre. 

Il y a le ressenti, et puis il y a la réalité objective

Le débat s'est ensuite orienté sur le pouvoir d'achat des belges. Selon une étude de l'Institut syndical européen (ETUI), la Belgique est le seul pays européen où les travailleurs ont perdu du pouvoir d'achat l'an dernier. "C'est du n'importe quoi, réagit Charles Michel. L'étude confond le brut et le net. Ce qui compte pour nos concitoyens, c'est bien sûr le salaire net, le salaire poche. La Banque Nationale, le Bureau du plan et le FMI établissent plusieurs études qui vont toutes dans le même sens: l'emploi augmente de manière significative, et les bas et moyens salaires ont eu des hausses et en auront encore avant la fin de la législature. Il y a le ressenti, et puis il y a la réalité objective".

Comme certains internautes l'ont fait remarqué sur les réseaux sociaux pendant cette interview, la réalité est aussi celle des ménages qui voient leur facture d'électricité augmenter. "C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, avant que je sois Premier ministre, j'avais plaidé pour qu'on réforme les réseaux de distribution d'électricité, répond Charles Michel. La facture trop élevée, en Belgique en général, ce n'est pas dû au prix de l'énergie stricto sensu, c'est dû à l'ensemble des couches de taxes, la distribution et le transport".  

Interpellé sur la suppression des allocations d'insertions par un étudiant bio-ingénieur, Charles Michel a tenu à rappeler que la lutte pour augmenter le pouvoir d'achat se faisait principalement à travers l'emploi. "Le but, c’est de tout mettre en œuvre pour qu’il y ait plus de jobs demain, explique-t-il. Au plus l’économie va s’améliorer, au plus les jobs seront nombreux et solides. Grâce au tax shift, on a octroyé l'équivalent de quatre indexations des salaires pour les plus bas salaires, environ 80 euros supplémentaires pour les bas salaires". 

Berlusconisation de la Wallonie 

Le Premier ministre a profité de ce débat sur la facture d'énergie pour revenir sur le scandale Publifin, réagissant au montant des revenus des administrateur de l'intercommunale. "Au-delà de la pointe de l'iceberg qui sont des rémunérations choquantes, ce qui me choque le plus, c'est le fait qu'on n'ait laissé dériver un système dans le cadre duquel on n'a pas maîtrisé les factures d'énergie parce qu'en ne les maîtrisant pas, on amenait des moyens financiers qui permettaient à des responsables politiques de devenir des patrons de presse, d'entreprises dans le domaine financier, explique Charles Michel. A mon avis, c'est là qu'est la dérive. Et je suis à l'aise pour en parler. S'il y a bien quelqu'un qui à l'époque dénonçait la "berlusconisation" de la Wallonie, c'est moi. J'avais dénoncé à l'époque ce que je pensais être une dérive, maintenant on y est". 

Le Premier ministre plaide pour une réforme des structures publiques afin de diminuer le poids de l'impôt. "Le problème fondamental, c'est qu'il y a trop de mandataires publics et politiques, insiste le Premier. Probablement, on devra avoir ce débat pour diminuer drastiquement le nombre de mandataires publics et de ministres". 

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