Charles Michel au Collège d'Europe: discours d'un non-candidat à l'Europe (pour le moment)

45 minutes de discours face aux étudiants du Collège d'Europe. Pas de discours écrit, mais une série de points que Charles Michel a voulu aborder. Selon le Premier ministre, la construction européenne est "une des plus belles idées politiques du siècle dernier, un des plus beaux projets de l'humanité" et il est "un européen convaincu, totalement acharné." Charles Michel se veut porteur d'un discours "lucide et pas pour dire 'tout va bien, madame la Marquise'."

Le Premier ministre identifie trois promesses à respecter et des défis à relever : la sécurité ("condition pour la paix et la prospérité") ; la migration ("On doit faire reculer les mouvements migratoires illégaux. L'honnêteté exige de dire qu'on doit aussi ouvrir des canaux de migrations légaux, pour des étudiants, dans un cadre économique, pour un période limité. Ouvrir avec l’Afrique ce partenariat.") ; le libre-échange ("le maintenir, malgré les pressions dans le monde. Le libre-échange est porteur de prospérité et de développement économique") ; le climat ("un défi existentiel fondamental pour l'humanité.")

Charles Michel fait des propositions : il faut "ouvrir les yeux sur un certain nombre de sujets", en premier lieu la fiscalité des GAFA, les grandes entreprises du numérique, essentiellement américaines, qui ne paient que peu ou pas d'impôts en Europe. Dans la veine écologiste, le Premier propose un "Green deal européen, pour mieux conjuguer une ambition industrielle pour demain avec cette ambition climatique pour en faire une opportunité économique." Charles Michel a également abordé la dimension "sociale" du projet européen, avec une "option concrète" : l'harmonisation du salaire minimum européen.

Le candidat Michel ?

"Le menu pour l'avenir de l'Europe est lourd et enthousiasmant à mes yeux", "On va se mobiliser", "La Belgique est un bâtisseur de ponts entre les différents points de vue", Charles Michel a parsemé son discours de petits commentaires sur son attachement au projet européen et sur la capacité de la Belgique à peser sur l'avenir du continent. Le libéral a évoqué la nécessité de mettre en place une Europe à plusieurs vitesses pour ne pas qu'il y ait une "Europe immobile, en panne", allant même jusqu'à partager l'une de ces méthodes de négociations, la théorie de l'assiette : "au lieu de s'enfermer dans un débat, on doit pouvoir mettre sur la table, dans l'assiette, d'autres sujets non-liés, qui pourraient intéresser certains pays et ainsi faire des compromis actifs et intelligents." Charles Michel pense qu'il faut être en capacité de "dessiner 10, 20 propositions concrètes, précises, sur des attentes quotidiennes."

Ce discours ressemble comme deux gouttes d'eau à celui d'un candidat au Parlement européen, voire même plus. Mais d'acte de candidature, il n'y en a pas eu de la part de Charles Michel. Ce mardi, "La Dernière Heure" revenait sur la composition des listes électorales libérales, toujours pas bouclées à trois petits mois des élections. Il nous revient de sources concordantes que la question de la tête de liste européenne se pose toujours entre Charles Michel et Olivier Chastel, ce dernier, semblerait-il, évoquant une dernière place sur la liste hennuyère s'il ne pouvait être tête de liste européenne. Une situation qui provoque une certaine impatience en interne : les candidats ne sont pas en ordre de marche, dès lors, la campagne ne peut pas encore formellement commencer au MR, un parti suspendu à un choix entre deux hommes pourtant très proches.

 

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