Charles Michel a cédé le 16 à Sophie Wilmès : "Si j’étais resté jusqu’au bout, cela aurait créé des polémiques"

Charles Michel a transmis les clés du "16 rue de la Loi" à la nouvelle Première ministre, Sophie Wilmès, ce dimanche après-midi. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de donner ses premières impressions suite à son départ.

"C’est un sentiment d’émotion depuis hier soir car c’est une vie qui a été très intense ces cinq dernières années. Être Premier ministre est un job extraordinaire, hors du commun, qui ne s’arrête jamais. On doit être en permanence sur le qui-vive. On doit en permanence faire des arbitrages difficiles. J’ai le sentiment d’avoir fait de mon mieux, dans des circonstances politiques difficiles ces cinq dernières années." Jusqu’aux derniers moments de son mandat, Charles Michel a été l’objet de critiques provenant de l’opposition, des corps intermédiaires et de la société civile mais l’ancien Premier ministre est convaincu qu’il sera revu à la hauteur dans les prochaines années. "J’ai le sentiment d’avoir beaucoup travaillé, d’avoir été actif, d’avoir aussi été très critiqué car le MR était le seul parti francophone de la coalition. Expliquer ce que nous faisions n’a pas été la tâche la plus facile, certainement. Mais je crois que dans quelques années, on reconnaîtra que beaucoup de progrès ont été effectués pour que le pays soit plus solide sur le plan économique et sur le plan social."

"Certains au Parlement voulaient faire flèche de tout bois"

La critique, c’est l’un des éléments qui l’ont poussé vendredi dernier à demander à être déchargé de sa mission. "Je savais que je devais prendre mes fonctions européennes le 1er décembre, donc au plus tard le 1er décembre et un temps de préparation était nécessaire. J’avais bien mesuré certainement depuis les deux ou trois dernières semaines que si j’avais voulu m’accrocher et rester jusqu’au dernier jour, ce qui n’était pas mon intention, j’allais contribuer à avoir des polémiques. Car le fait de devoir me préparer à ma fonction européenne tout en restant Premier ministre en Affaires courantes était complexe. Et j’ai bien compris que certains au Parlement voulaient faire flèche de tout bois, mettre un peu plus de polémiques dans l’ambiance générale et je n’ai pas voulu le tolérer. C’est la raison pour laquelle le choix de la clarté s’imposait tout naturellement à moi."

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"Sophie Wilmès est une femme intelligente et moderne"

Le désormais ancien Premier ministre a salué ce choix du Conseil des ministres restreint de ce week-end. "Sophie Wilmès est une femme intelligente, moderne, qui a les deux pieds sur le terrain, dans la réalité, avec beaucoup de pragmatisme et qui connait les sujets fédéraux. Elle a été une ministre du Budget très engagée et active. Elle a la confiance de ses collègues car ils connaissent sa capacité de travail et sa connaissance des dossiers. Elle est aussi extrêmement créative et innovante dans la manière de réfléchir afin d’aboutir à un compromis positif."

"Je déplore une forme de tolérance ou de nonchalance pour le temps qui passe"

L’avenir du MR, du pays ou de Sophie Wilmès passera aussi à travers les négociations pour un futur gouvernement fédéral. Charles Michel pointe clairement l’impossibilité pour la N-VA et le PS à se mettre d’accord. "Je déplore que depuis cinq mois, il n’y ait pas eu la capacité pour des partis premier dans leur communauté de prendre leurs responsabilités. Je déplore une forme de tolérance ou de nonchalance pour le temps qui passe. Je pense qu’il est urgent d’avoir un gouvernement de plein exercice et avec une majorité parlementaire."

Pour Charles Michel, l’avenir se jouera toujours rue de la Loi, mais à quelques centaines de mètres de son ancien bureau, dans le quartier européen. Il sera dès le 1er décembre président du Conseil européen où il tentera de mettre d’accord les 28 dirigeants de l’Union. "Le projet européen est soumis à l’épreuve avec le Brexit, le changement climatique, la question migratoire. Je souhaite être un acteur très engagé et essayer de travailler en confiance avec les chefs d’Etat et de gouvernement avec qui je serai quotidiennement en contact pour faire avancer ce projet européen."

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