Changer notre système électoral? Des propositions concrètes sur la table

Changer notre système électoral? Des propositions concrètes sur la table
4 images
Changer notre système électoral? Des propositions concrètes sur la table - © Tous droits réservés

Faut-il changer le système électoral ? C'est la question qui était au centre du débat d'A votre avis de ce dimanche, une thématique vous avez pu choisir grâce à notre sondage Facebook. Et le débat entre les cinq intervenants a été riche en réflexions constructives et propositions concrètes.

Les élections, fondement même d'une démocratie représentative, sont-elles perfectibles ? Oui selon la constitutionnaliste Anne-Emmanuelle Bourgaux, de l'ULB. "Il faut approfondir la démocratisation et permettre aux citoyens de pouvoir plus participer entre deux scrutins. Le suffrage universel, ce n'est plus suffisant. Il faut nourrir plus, par autre chose, la relation entre électeurs et élus. Et revaloriser les élections, via sa simplification."

Un scrutin vraiment représentatif ?

Autour de la politologue, plusieurs représentants politiques, qui ont avancé des solutions face aux demandes des citoyens. En termes de représentativité, les coalitions et accords pré-électoraux sont souvent décriés par l'électeur, qui a alors l'impression que son vote n'est que peu pris en compte. Tous s'accordent pour pouvoir donner un moyen au citoyen de s'exprimer sur ces coalitions, mais pas de la même manière.

Hamza Fassi-Fihri, vice-président du cdH, veut que l'électeur puisse exprimer ses préférences de coalition sur le bulletin de vote, tandis que Georges-Louis Bouchez, délégué général du centre d'étude Jean Gol du MR, lui prône un second tour où seraient proposés les coalitions mathématiquement possibles. Le scrutin deviendrait alors majoritaire, ce sur quoi la constitutionnaliste met en garde: "Les scrutins majoritaires, c'est une bipolarisation de la vie politique, une prime au plus fort."

Concernant les accords pré-électoraux, pour l'instant secrets, Christine Morreale, députée PS au Parlement de Wallonie, voudrait que ceux-ci soient rendus publics avant les élections. Georges-Louis Bouchez, lui, n'en veut plus. "Un pré-accord, c'est un deuxième tour avant les élections, c'est dérangeant."

 

Le vote toujours obligatoire ?

Une question qui revient à chaque élection en Belgique est celle du vote obligatoire. Prenant l'exemple de la récente élection présidentielle française, où l’abstention a atteint des taux records, toute la problématique est de savoir comment prendre en compte cette absence de mobilisation.

La socialiste Christine Morreale veut garder le vote obligatoire, mais comptabiliser les votes blancs comme des sièges où seraient tirés au sort des citoyens. Anne-Emmanuelle Bourgaux prône également un vote obligatoire, arguant que cela permet d'"aérer la représentativité", alors qu'une absence d'obligation va la "racrapoter."

Le représentant du MR ne suit une fois de plus pas le mouvement et considère que "le vote obligatoire, c'est casser le thermomètre, mais ça ne suffit pas pour faire baisser la température". Il considère que si quelqu'un est obligé de se déplacer pour voter, il sera plus enclins à choisir un parti que de laisser un vote blanc. Alors que l'abstention pure et simple est un signal plus fort.

Là où tous se sont retrouvés, c'est le fait que le citoyen doit avoir plus d'implication dans les décisions politiques, et que les partis politiques doivent mieux assumer leur rôle d'intermédiaire entre les citoyens et les élus. Il faut établir "Plus d'obligations en termes de fonctionnement, de composition, de procédure" pour la politologue de l'ULB.

Pour visionner le débat dans son entièreté :

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK