Champ d'OGM saccagé à Wetteren: les auteurs condamnés à 25 000 euros de dédommagements

Champ d'OGM saccagé à Wetteren: les prévenus devront verser 25 000 euros de dédommagements
Champ d'OGM saccagé à Wetteren: les prévenus devront verser 25 000 euros de dédommagements - © Tous droits réservés

Les onze membres du Field Liberation Movement, condamnés mardi pour avoir endommagé un champ de culture génétiquement modifiée en 2011 à Wetteren, devront verser 25 000 euros comme dédommagements, a indiqué Me Kristiaan Vandenbussche, avocat de la partie civile.

Les militants ont été jugés devant le tribunal correctionnel de Termonde. Deux d'entre eux ont écopé de huit mois de prison ferme, trois autres de six mois de prison ferme et les six derniers de six mois avec sursis.

Les condamnés devront également verser un total de 25 000 euros aux parties civiles, soit l'Institut pour la recherche en agriculture et pêche (Instituut voor Landbouw- en Visserijonderzoek - ILVO), l'Institut flamand pour la biotechnologie (Vlaamse Instituut voor de Biotechnologie - VIB), l'Université de Gand et la Haute-Ecole de Gand.

"Nous sommes satisfaits du jugement", commentait Me Vandenbussche. "Cette déclaration de culpabilité est un signal que de tels essais scientifiques ont une valeur, et ne peuvent pas être détruits aussi facilement. Le procès devrait à nouveau avoir lieu car les prévenus faisaient défaut, mais le tribunal a déjà émis clairement sa position à l'égard de tels faits."

"Des peines très élevées"

Un des avocats du Field Liberation Movement (FLM) n'est guère surpris par la condamnation, étant donné que les prévenus comparaissaient par défaut, mais s'étonne tout de même de l'ampleur de la peine.

Les prévenus avaient quitté la salle lors d'une précédente audience car ils estimaient que leurs droits avaient été bafoués. "Le juge n'avait à l'époque pas voulu écouter nos arguments. Nous souhaitons que le droit à la défense soit garanti et on doit donc nous laisser la parole au même titre que le parquet", commente une avocate de la défense, Mieke Van den Broeck.

L'affaire sera à nouveau traitée dans quelques semaines. "Nous allons encore demander à entendre des témoins afin d'éclaircir les motifs de l'action. C'était attendu que nous allions être condamnés, mais les peines sont très élevées et une partie du dédommagement a également été accordée. Un montant de 200 000 euros avait été requis et environ 20 000 euros ont été adjugés. On peut acheter des tonnes de patates pour ce montant, génétiquement modifiées ou pas", ironisait l'avocate.

Le Mouvement a, lui, réagi par voie de communiqué. Il estime que le jugement constitue "un précédent très dangereux qui pourrait toucher toutes les formes d'action sociale". D'après le FLM, "la justice belge attaque frontalement la liberté d'expression". "La lutte pour l'agriculture durable est criminalisée", ajoute-t-il.


Belga

 


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