CETA: le vice-ministre canadien défend des "valeurs communes" devant le Parlement wallon

Manifestation anti Ceta/TTIP le 20 septembre 2016 à Bruxelles.
Manifestation anti Ceta/TTIP le 20 septembre 2016 à Bruxelles. - © JOHN THYS - AFP

David Lametti, le vice-ministre canadien du commerce est venu défendre le CETA, un accord d'échange économique entre le Canada et l'Europe, en commission au Parlement wallon. Au début de son allocution le vice-ministre a souligné que le CETA est un accord avec le Canada, pas avec les USA! "Nous sommes progressistes et modernes comme vous en Wallonie. Et nous souhaitons respecter l'environnement et les classes moyennes. Nous partageons les mêmes valeurs. Notre but, à travers ce texte, est d'influencer la mondialisation de manière positive.

Les phrases percutantes

Cherchant à convaincre les élus wallons, le vice-ministre canadien a eu quelques phrases choc: " Nous partageons les mêmes standards de protection des travailleurs"… "Pour les PME, le CETA est un accord exceptionnel"… "Nous voulons vous convaincre d'avoir confiance "… " Le CETA est un accord progressiste et moderne"

"Si vous refusez ce texte... Il y aura des conséquences!"

Le vice-ministre insiste: "Le CETA n'est pas le précurseur du TTIP. Ce n'est pas un accord parfait, mais on y travaille depuis 10 ans et maintenant il faut conclure. Nous sommes amis. Continuons à travailler ensemble. Si vous refusez ce texte... Il y aura des conséquences!"

Certains sont convaincus, d’autres pas

Mais dans les rangs des parlementaires, peu se disent convaincus. "Les inquiétudes demeurent " assure la cdH Marie-Dominique Simonet pour laquelle "Ce traité nous pose problème". Même suspicion chez la socialiste Olga Zrihen qui réclame une "révision générale". Pas de déclaration en revanche de la part du PTB qui est absent des auditions sur le CETA. Seul le MR, par la voix de Jean-Luc Crucke, défend la signature de l’accord commercial avec le Canada : "Nous nous battrons jusqu'au bout pour le CETA".

 

Reynders met en garde...

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a mis jeudi en garde les gouvernements fédérés qui refuseraient la signature du traité de libre-échange avec le Canada, appelé CETA. Il attend de voir quelle sera l'attitude des ministres des entités fédérées lors d'une réunion prévue lundi, a-t-il indiqué jeudi à la Chambre, soulignant au passage qu'il revenait aux exécutifs de signer et non aux parlements.

Le chef de la diplomatie redoute que la Belgique ne se place "dans une situation d'isolement complet en Europe". "Si on ne signe pas avec le Canada, avec qui d'autre sera-t-il encore possible de signer? " a demandé M. Reynders, alors que le Canada est dans le monde l'un des pays dont les normes sont les plus proches des normes belges. En 2009 et 2011, le gouvernement fédéral, auquel participaient le PS et le cdH, a approuvé les mandats de négociations du CETA. Selon M. Reynders, le résultat des pourparlers va encore plus loin que ce qui était prévu à l'époque.

"Le CETA, c'est la meilleure garantie de ne plus avoir un mauvais accord. Le CETA, c'est la meilleure garantie de ne pas avoir un mauvais TTIP (accord en négociation avec les Etats-Unis, ndlr)", a-t-il affirmé. Le ministre libéral se dit d'autant plus étonné de l'attitude des entités francophones à l'égard du CETA qu'il est soutenu en Europe par des gouvernements dont font partie des chrétiens-démocrates et des socialistes. A l'instar d'Ecolo et soutenu par les socialistes flamands, le PS a rappelé son hostilité au CETA et ses craintes pour les normes sociales et environnementales en vigueur en Belgique, ou la capacité qu'auront les PME à se défendre face aux PME d'outre-Atlantique.

"Une fois que le contrat sera signé, ce sera trop tard", a averti Gwenaëlle Grovonius. L'ambiance était tendue à la Chambre entre le PS et le MR. Dans la majorité, l'Open Vld et le CD&V ont condamné l'attitude des entités francophones. "Après le sabotage de l'alliance entre Bpost et Post NL, les socialistes optent pour le pourrissement et le sabotage de notre économie", a accusé Tim Vandeput (Open Vld).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK