Ceta: le match entre Paul Magnette et André Antoine 

Ceta: le match entre Paul Magnette et André Antoine 
Ceta: le match entre Paul Magnette et André Antoine  - © BRUNO FAHY - BELGA

Le cdH est-il en train de manger sa parole? PS et Ecolo le pensent, ils ne comprennent pas que les humanistes se préparent à voter ce mercredi, au parlement wallon à Namur, une résolution sur les accords de libre-échange de l’Union européenne. Des accords pourtant contestés en 2016 lors du baroud wallon contre le Ceta, le traité commercial entre l’UE et le Canada, une opposition soutenue à l’époque par le cdH.

Pour tenter d’y voir clair, Arnaud Ruysen, recevait, ce mardi, dans Ce Qui Fait Débats, sur la Première, le Président du Parlement Wallon, le cdH André Antoine et le bourgmestre de Charleroi, ancien ministre-président wallon, le socialiste Paul Magnette. Deux hommes unis en 2016 ( à l’époque, André Antoine avait même déclaré : "Nous ne sommes pas Astérix, car nous n’avons pas la potion magique. Nous avons simplement la force de nos convictions"), mais devenus depuis des adversaires politiques. 

André Antoine à Namur, Paul Magnette à Charleroi, les deux hommes s’accordent d’abord sur un point: la Wallonie a marqué de son empreinte le débat sur le Ceta et a obtenu des avancées importantes tant au niveau des droits humains que des normes environnementales.

En revanche, dès qu’il s’agit de l’avenir, les choses se corsent et les points de vue divergent même si pour André Antoine, le vote qui doit intervenir demain s’inscrit dans la même logique : "Pas question par exemple qu’une multinationale puisse introduire une action en justice s’il y avait une modification des normes environnementales, des normes sociales, … une reconnaissance de la société civile avant et pendant l’application des traités,… et enfin la rédaction d’un rapport annuel sur l’impact de l’application des traités conclus". André Antoine est donc convaincu que la résolution qui sera votée demain est cohérente avec l’attitude de son parti en 2016.


Pour Paul Magnette, la grille de lecture est toute différente. L’ancien ministre-président wallon estime au contraire que la résolution soumise au vote demain traduit en recul en matière de droits fondamentaux et remet en cause la compétence des juridictions nationales.

Le bourgmestre de Charleroi insiste: "Nous voulions que tous ces traités soient des accords mixtes afin que les parlements nationaux, les parlements régionaux puissent continuer d’en débattre…Ce qui n’est pas inscrit de façon catégorique dans la résolution de demain".  Pour Paul Magnette, c’est la version ultra-libérale du commerce qui va l’emporter. 
Autre pomme de discorde entre les deux hommes, l’organe de décision en cas de conflit. En attendant la mise sur pied d’une juridiction européenne adaptée au commerce, Paul Magnette plaide pour les tribunaux nationaux, compétents face aux toutes puissantes multinationales.

André Antoine lui accepte l’idée de ce que l’on appelle l’ICS, système d’arbitrage privé qui doit encore obtenir l’aval de la Cour européenne de justice. Impossible et inacceptable pour Paul Magnette. 
Quant à savoir si demain le cdH est prêt à conclure un traité avec des pays comme la Colombie, le Pérou et l’Equateur, un traité très en dessous, selon Paul Magnette, des normes comprises dans le cadre du Ceta, André Antoine refuse de se prononcer et parle d’instruction du dossier !

 

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