CETA: la Wallonie campe sur ses positions et continue de réclamer des aménagements

Un heure et demie de discussions, de négociations peut-être : le ministre-président wallon Paul Magnette a quitté vers 19 heures la Commissaire européenne au Commerce Cecila Malmström. 

Le ministre-président wallon refuse toujours de donner les pleins pouvoirs au fédéral pour signer l'accord de libre échange avec le Canada, le CETA et continue de réclamer des aménagements de ce traité de commerce.

Paul Magnette ne veut pas d'ultimatum

Paul Magnette a estimé mercredi soir qu'il serait "très très difficile" pour sa Région de se prononcer d'ici vendredi sur le traité. Il a toutefois ajouté que "rien n'était jamais impossible en politique", à l'issue d'un entretien avec la commissaire européenne.

Il dit refuser un traité qui contient de véritables menaces pour les normes sociales et environnementales. Alors les pourparlers vont bon train : le chef de l'exécutif régional a rencontré la ministre canadienne du Commerce Chrystia Freeland et donc en fin de journée Cecila Malmström. Paul Magnette a dit encore une fois les craintes que lui inspire cet accord. Il en a fait part à la Commissaire européenne. 

"J'ai simplement réexpliqué les difficultés que nous avons avec le CETA, en espérant que la Commission puisse venir le plus rapidement possible avec des propositions qui rencontrent nos demandes", a expliqué Paul Magnette. "Si la Commission européenne vient avec des propositions fortes qui répondent à nos demandes rapidement, nous les examinerons avec le plus grand sérieux et je les présenterai devant le Parlement. C'est très court pour vendredi, je ne m'enferme dans aucun ultimatum, dans aucun calendrier", a-t-il précisé.

Paul Magnette, invité sur le plateau du JT de 19h30 de la RTBF, a redit qu'il n'était pas contre un traité, mais "il y a des formulations pas claires. Je veux qu'on les clarifie". "

Il réclame du temps pour négocier et respecter les procédures démocratiques, ne veut pas se laisser enfermer dans un agenda, mais dit aussi que "cela peut aller très vite (...) nos demandes sont raisonnables. (...) Je vois qu'on me met une pression plus forte de jour en jour, mais je ne veux pas me laisser enfermer dans des menaces. Je défends des principes et des valeurs partagées", ce qui ne l'empêche pas de remettre en question le maintien du sommet UE-Canada du 27 octobre prochain.

Une "patience exceptionnelle"

Le Parlement de Wallonie a exprimé vendredi dernier son refus du traité commercial de libre-échange entre l'UE et le Canada.

Mardi, la Belgique n'a pu confirmer son soutien au traité en raison du refus des entités fédérées francophones de déléguer leurs pouvoirs de signature au Fédéral. L'exécutif européen avait ensuite enjoint la Belgique de se prononcer pour vendredi, une échéance que Paul Magnette a rejetée mardi soir.

La signature doit avoir lieu lors du sommet UE-Canada, normalement prévu le jeudi 27 octobre à Bruxelles. Les négociations se poursuivront "tant que le Conseil européen n'est pas terminé", a indiqué une source diplomatique, précisant que les partenaires de la Belgique "font preuve d'une patience exceptionnelle".

Paul Magnette soutenu

Le cabinet du ministre-président wallon a fait savoir que Paul Magnette avait reçu de nombreux messages de soutien ces derniers jours. "Plus d'un millier de messages personnels sont ainsi parvenus ces derniers jours sur sa boîte mail personnelle, sur sa messagerie de réseau social ou via l'adresse de son porte-parole", ont-ils déclaré . 

Le cabinet de Paul Magnette a également souligné que "le ministre-président Paul Magnette réfute régulièrement que la Wallonie soit isolée sur le CETA comme le font valoir le gouvernement fédéral et les institutions européennes, et fonde notamment la persistance de son opposition sur le soutien de la société civile".

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