Ces partis qui s’interrogent sur leur avenir

 

Le temps se couvre pour les " vieux " partis du pays. Peu ou prou, ils tentent chacun à sa manière de se réinventer.

Le CD&V vient de tenir un premier congrès de refondation, le cdH s’est lancé dans une procédure " il fera beau demain " qui tarde à aboutir, le PS vient de constater que son électorat s’étiole au profit du PTB et qu’il doit réagir ou le MR se lance dans la foulée de ses 175 ans dans une redéfinition de sa doctrine.

Mal en point

Selon un sondage récent, les trois familles traditionnelles ne compteraient plus que 43% des députés là où elles en dénombraient 85% il y a trente ans. Pendant 170 ans, la famille catholique et ses avatars ont constitué le pivot de la vie politique belge.

Le CD&V tente une opération de la dernière chance pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore. Il se situerait un peu au-delà des 10% mais présente ce paradoxe de dénombrer le plus grand nombre de bourgmestres. Un pouvoir résiduaire. Ce parti se cherche un avenir.

Le constat vaut également pour le cdH. La rénovation du vieux PSC il y a 20 ans n’a pas enrayé le recul chronique d’une formation habituée durant des décennies, au pouvoir. Le parti semble même tombé à un niveau où il peut difficilement compter dans la perspective d’une coalition. Enfin, la dernière controverse sur le port du voile, entérine quelque peu le fossé qui existe entre le cdH bruxellois et son pendant wallon.

Le centre a-t-il encore un avenir ?

Montée des radicalismes

Dans de nombreux pays européens, le vote radical progresse. Particularité wallonne, celui-ci vient de gauche et met mal à l’aise l’ex-tout puissant Parti Socialiste.

Lors du dernier scrutin, le vote à gauche en faveur du PS a été moindre que pour les autres formations (Ecolo + PTB). Une première historique, comme le score du PS, le plus bas de son existence. Après avoir tenté de s’allier au PTB, le PS tente à présent de le " diaboliser ", le décrédibiliser en démontrant l’inanité de sa démarche. Mais désigner ainsi comme principal adversaire une autre formation de gauche tout en s’alliant avec des formations de droite par ailleurs peut constituer rapidement une arme à double tranchant, surtout dans un contexte européen (France, Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, etc.) où la social-démocratie est en perte de vitesse.

Le MR n’a plus personne à sa droite. Configuration rare en Europe. Mais tout cet espace devient alors difficile à couvrir. De plus, même si les libéraux stagnent à un niveau correct sur une période longue, ils peinent dans leur implantation dans les grands centres. En Wallonie, la cité la plus importante dirigée par un libéral reste Braine-l’Alleud (40.000 hab.) et ce parti n’en dirige plus que deux en région bruxelloise, longtemps fief bleu. Le MR reste comme son ancêtre le Parti Libéral, un parti de personnalités.

En ces temps de radicalité, de défiance profonde envers les institutions (et les partis traditionnels en sont de vénérables) et de perte de repères dans un monde complexe, les partis politiques peinent à se réinventer, laissant le champ libre aux aventures radicales.

 

@PhWalkowiak

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