Centre pour sportifs de haut niveau: au politique de trancher

André Antoine dans le studio de Matin Première
André Antoine dans le studio de Matin Première - © RTBF

Le ministre wallon du Budget André Antoine (cdH) est aussi ministre des Sports. Avec Bertrand Henne, il a évoqué l'implantation du futur centre pour sportifs de haut niveau : André Antoine s'en remet au gouvernement de la Communauté qui devra trancher entre Liège et Louvain-la-Neuve. Poursuivie par les agences de notation, la Belgique devra se mettre au régime et le ministre est aussi revenu sur la situation financière régionale.

Le jury chargé de départager les candidatures pour accueillir le centre d’élite sportive a classé ex-aequo Louvain-la-Neuve et Liège. Il va donc revenir au politique de trancher. Pour André Antoine, ce centre sera un investissement majeur dans la continuité des efforts déjà engagés par la fédération Wallonie Bruxelles en la matière et "c’est le sport qui sort vainqueur".

Le choix a été fait après plusieurs discussions de consacrer les efforts sur un seul centre avec cette procédure de décision tout à fait transparente. Le ministre souligne que le jury a déjà effectué un premier tri très important en ne gardant au final que ces deux villes "ce qui démontre que ces deux dossiers, Louvain-La-Neuve et Liège coïncident avec l’attente des fédérations sportives".

Pour autant Bertrand Henne s’interroge sur la manière dont sera prise la décision sur le plan politique. André Antoine précise qu’il fera un "rapport complet au gouvernement une fois que j’aurais eu connaissance des motivations du classement intervenu par le jury". Il sera proposé au gouvernement de rencontrer les villes candidates pour qu’elles puissent affiner leurs arguments et "peut-être même revoir à la hausse telle ou telle participation financière". Le ministre rappelle que ce qui importe, c’est "qu’on puisse très vite poser la première pierre de ce centre dont nous avons besoin non seulement pour améliorer nos résultats, nos performances mais aussi pour avoir un effet d’entraînement".

André Antoine précise que s’il y a un investissement de 70 millions d’euros pour ce centre, il y a aussi une somme de 97 millions d’euros réservée pour cette année 2011 "pour le sport loisir, pour le sport amateur, pour la pratique de chacun". Il ajoute que "nous n’avons pas oublié non plus le sportif que vous êtes vous et moi".

Dexia: dire la vérité

Bertrand Henne revient sur l’annonce intervenue il y a quelques jours de la volonté de régionaliser le holding communal, c'est-à-dire la participation financière des communes dans la banque Dexia. Les responsable du holding ont parlé de propos irresponsables et de légèreté qui pourraient nuire à Dexia et aux nombreuses communes concernées. Pour André Antoine, "c’est un dossier grave et important qui nécessite qu’on soit responsable et qu’on dise la vérité". 

Le ministre rappelle qu’en décembre 2010, le gouvernement lui a fixé mission de "vérifier la solvabilité du holding, sa viabilité financière" et "vérifier qu’à l’avenir, il va pouvoir verser les dividendes qu’ils ont promis eux-mêmes aux communes". Il précise qu’il a fait appel à un groupe d’experts, la cellule d’information financière, et qu’aujourd’hui "la situation est préoccupante". "Les bénéfices sont passés de 2007 à 2010 de plus 128 millions à moins 17 millions, lorsque vous constatez que les résultats reportés sont passés de plus de 80 à plus 8, il est légitime, il est responsable, il est indispensable que les actionnaires posent des questions aux administrateurs. A charge pour eux de convaincre de la pertinence de leurs choix".

Le ministre rappelle qu’il en va des finances communales et que "s’il n’y a plus de dividendes, on met les communes en difficulté". Dans le même temps, le holding communal ne cesse de solliciter la Région "que ce soit en terme de garantie ou encore en net pour la trésorerie dans l’immédiat". André Antoine continue : "Je dis aux gestionnaires aujourd’hui, Messieurs, Mesdames, vous devez convaincre. Vous devez convaincre vos actionnaires et vous devez nous convaincre nous de la pertinence de vos choix et de l’existence d’une véritable stratégie".

Le ministre précise que "s’il n’y a pas de stratégie clairement établie, il faudra bien, comme ce fut le cas pour les banques, que les pouvoirs publics s’en mêlent, qu’il y ait une concertation nationale avec nos amis flamands et bruxellois et, à défaut, s’il n’y a vraiment aucune réponse, alors il faudra bien que la Wallonie prenne son sort en main parce qu’il en va ni plus ni moins de la situation financière des communes".

Equilibre budgétaire en 2015 pour la Wallonie

André Antoine rappelle que dans le concert européen, la Belgique doit atteindre l’équilibre budgétaire en 2015 et "nous avons notre part à assumer , nous, communauté et région et nous devons prendre en charge la situation des finances locales. Donc c’est un enjeu majeur pour la région wallone".

Les négociations sont entrées dans le vif du sujet en matière budgétaire et socio-économique et Bertrand Henne demande si la Région et la Communauté française sont prêtes à faire, dans les prochaines années, des efforts supplémentaires par rapport à ce qui est prévu pour le retour à l’équilibre budgétaire. André Antoine souligne la satisfaction "au cdH de voir enfin mises sur la table toutes les questions économiques et financières". "C’est au moins sinon plus important que l’architecture de notre pays". Le fait qu’Elio Di Rupo ait appréhendé ce dossier est fondamental.

La N-VA, un pied dans la négociation, un pied dehors

Pour le ministre, le cdH a avancé des propositions en matière d’emploi et pour le ministre "la meilleure manière de créer de la richesse est encore de créer de l’emploi". Pourtant, André Antoine dit : "Je reste dubitatif de l’attitude de la N-VA qui a systématiquement depuis un an, un pied dedans, un pied dehors". "Il est difficile aujourd’hui d’avoir une négociation sérieuse, responsable et féconde, s’il y a en permanence un partenaire qui dit oui, qui dit non, qui spécule et qui n’a finalement comme seul enjeu que sa propre situation électorale".

Le ministre note que la Région et la Communauté ont déjà fait plus en votant l’équilibre en 2015 et qu’aujourd’hui, par rapport aux engagement pris envers le fédéral, il y a "222 millions de mieux que ce qu’on nous demandait". Il ajoute "nous avons accéléré le pas de l’assainissement des finances publiques". "Nous voulons être responsables au sud vis-à-vis des enjeux fédéraux et européens".

Les moyens de supprimer Robin des Bois

Bertrand Henne revient pour conclure sur l’engagement de Joëlle Miquet de supprimer le décret Robin des Bois et André Antoine confirme que "nous avons les moyens de le supprimer". "C’est une des préférences que le cdH a exprimé". "j’oeuvrerai, je ferai des propositions pour qu’il en soit ainsi rencontrant les attentes de mes collègues socialistes et écologistes qui m’ont confié l’un et l’autre leur préférence".

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK