Céline Tellier (Ecolo): "La question de la gouvernance climatique est problématique en Belgique"

C’était son premier passage à Jeudi en Prime. Céline Tellier, ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal, est l’une des arrivées surprises au gouvernement wallon. L’ancienne secrétaire générale d’Inter-Environnement a profité de cette première sur le plateau pour dénoncer notamment le manque de gouvernance en Belgique sur les questions environnementale et climatique.

La Wallonie va atteindre ses objectifs climatiques en 2020, ce qui n’est pas le cas de la Flandre

La COP25 démarre le 2 décembre à Madrid. Et si la ministre assure que "La Wallonie va atteindre ses objectifs 2020", elle ne cache pas un réel problème dans le manque de cohérence climatique entre les régions. "La question de la gouvernance climatique est problématique en Belgique". D’abord entre Bruxelles et la Wallonie. Certes, a-t-elle avancé: "L’objectif en Wallonie et à Bruxelles est le même : on veut réduire la pression automobile et développer des pistes cyclables. On sait que la Wallonie a beaucoup de retard en la matière". Mais la ministre le concède: "Les deux régions ont pris des options différentes pour régler le problème climatique et elles devront s’accorder dans les prochains mois pour faire en sorte de continuer à aller dans le bon sens".  On pense notamment à la taxe de mise en circulation des voitures qui mènera sans aucun doute à des discussions animées.

Avec la Flandre, les différences sont notables en termes d’objectifs climatiques. Si l’ambition de la Wallonie et de Bruxelles est de réduire, d’ici 2030, de 55% les émissions de gaz à effet de serre, par rapport à 1990 et de viser la neutralité carbone d’ici 2050; la Flandre a pris un autre chemin. Objectifs dans le nord du pays: une réduction des émissions de 35% d’ici 2030 et 80% pour 2050, avec la neutralité carbone dans le viseur. En Wallonie, selon la ministre: "L’enjeu, c’est maintenant de fixer de nouveaux objectifs pour 2030. Les travaux sont en préparation pour les atteindre". 

"Un plan haies" dont les agriculteurs seront les premiers bénéficiaires

La ministre est aussi revenue sur l’une des mesures inscrites dans le récent accord de gouvernement wallon: la plantation durant la législature de 4000 kilomètres de haies et/ou d’un million d’arbres. Une ambition verte qui revient à planter en moyenne plus de 2 km de haies et/ou près de 550 arbres par jour pendant 5 ans. Une mesure qui suscite beaucoup de scepticisme. Mais elle est tout à fait réaliste selon Céline Tellier qui précise que "les moyens affectés à la biodiversité ont été doublés". Une mesure qui pose aussi de nombreuses questions aux agriculteurs notamment en ce qui concerne l’entretien de ces haies. Là aussi la ministre veut rassurer: "Ils vont être les premiers bénéficiaires parce qu’on va renforcer la fertilité des sols et lutter contre les inondations, les coulées boueuses et la sécheresse. Tous ces éléments vont permettre aux agriculteurs d’en profiter. Bien entendu, il faut aussi les accompagner". D’où une série de consultations menées à l’heure actuelle auprès des différents acteurs pour "tenir compte de la réalité du terrain".

Une autre priorité : la lutte contre les pesticides 

Pour lutter contre les pesticides, la ministre a prévu "d’introduire un conseil indépendant aux produits phytosanitaires. Pour le moment, les agriculteurs sont soumis à des commerçants qui viennent leur vendre leurs produits phyto. A partir de maintenant, on va introduire une différence entre ceux qui viennent vendre les produits phyto et ceux qui viennent conseiller les agriculteurs. Cela permet de diminuer la quantité des produits phyto utilisés, d'avoir un gain économique pour les agriculteurs et de réduire l'exposition de la population aux pesticides".

Céline Tellier insiste sur l'urgence de restaurer la biodiversité: "Un tiers des espèces animales et végétales sont menacées en Wallonie. 50% des oiseaux ont disparu en 25 ans et 80% dans les zones d’agriculture intensive".

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