Céline Fremault: "Aller à la COP21 sans accord, c'est se couvrir de ridicule"

Céline Fremault répondait aux questions de Bertrand Henne sur La Première ce jeudi matin. Le message de la ministre bruxelloise de l’Environnement a été clair : elle "n’ira pas à Paris s’il n’y a pas d’accord sur la répartition intra-belge des efforts climatiques". La ministre, qui préside aussi la commission nationale climat, ajoute que "la Belgique ne doit pas se couvrir de ridicule, l’ensemble des ministres ne doit pas y aller s’il n’y a pas d’accord".

Après un an de négociations, les quatre ministres de l'Environnement du pays avaient trouvé le 23 octobre dernier un accord sur les efforts climatiques à fournir par chaque entités. Cet accord, appelé "Burden sharing" (partage du fardeau), porte sur la réduction de l’effet de serre, la production d’énergie renouvelable, le partage des revenus et le financement climatique international entre les régions et le fédéral. Cet accord devait être approuvé par les gouvernements.

Mais la N-VA avait vite déclaré que cet accord devait être "entièrement revu", estimant que la ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V) avait outrepassé son mandat de négociation. S'en est suivi une réaction de Jan Jambon, vice-premier ministre N-VA, estimant que des questions se posaient aussi au fédéral et que "la charge des coûts" étaient "trop importante" pour la Flandre ", notamment au niveau des quotas CO2 .

On avait un accord global, bien plus important que les intérêts particuliers

Céline Fremault pointe du doigt la N-VA : "J'ai déploré cette décision du gouvernement flamand, parce que je pense qu'elle est dictée essentiellement par l'agenda communautaire de la N-VA. Force est de constater que même en matière de climat le parti nationaliste a décidé de faire la pluie et le beau temps".

Elle demande à ce que "chacun ait un mandat clair avec son gouvernement et qu’il soit en capacité de conclure pour lui", pour éviter la situation de blocage actuelle"Il y avait un accord négocié qui a fait l’objet d’une adhésion franche et enthousiaste, pour lequel on était préparé. On a fait des concessions qui permettaient d’avoir un accord global, bien plus important que les intérêts particuliers."

La présidente de la commission nationale climat va à nouveau réunir les ministres pour identifier les différents points de désaccord. "On va savoir si un ajustement de l'accord est possible. On ne va pas repartir à zéro après des mois et des mois de travail." 

Est-il question pour les régions wallonne et bruxelloise de faire plus d'efforts si la Flandre en fait un peu moins ? S'exprimant pour la région bruxelloise, elle explique que "la région bruxelloise est un territoire contraint et enclavé, on ne peut pas faire de l'éolien et de l'hydraulique partout, la marge est forcément moindre."

Survol de Bruxelles : il faut une concertation avec les régions

"Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le silence de toute une série de collègues néerlandophones qui me fait craindre qu’il puisse y avoir un deal sur la question du survol de Bruxelles." La ministre cdH met en avant le manque de concertation avec les régions concernant l’avant-projet pour le survol de Bruxelles. "Il ne contient rien, même pas l’ébauche d’une solution qui soit globale, structurelle et équilibrée pour Bruxelles. J’entends qu’on serait consulté, mais on doit être concerté."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK