Cédric Halin: "Ce qu'il s'est passé avec Stéphane Moreau est de nature mafieuse"

Cédric Halin: "Ce qu'il s'est passé avec Stéphane Moreau est de nature mafieuse"
Cédric Halin: "Ce qu'il s'est passé avec Stéphane Moreau est de nature mafieuse" - © Tous droits réservés

La semaine dernière, Le Soir révélait que Nethys (filiale d’Enodia, ex-Publifin) a négocié secrètement la vente du télédistributeur Voo. Ce mardi, les dirigeants de Nethys annonçaient le départ de leur patron controversé, Stéphane Moreau. Sur la Première, Thomas Gadisseux refait le point avec le bourgmestre d’Olne Cédric Halin, c’est-à-dire celui qui, il y a trois ans, a fait éclater le scandale Publifin au grand jour.

A la suite de ces révélations, Cédric Halin s’allie avec d’autres bourgmestres dont les communes ont investi dans Enodia, intercommunale basée à Liège dont les trois secteurs phares sont l’énergie, les télécoms et les médias. "On veut être informés. Aujourd’hui, on a les informations via la presse, comme tout le monde. Or, les communes sont celles qui ont investi dans l’intercommunale. Nous aimerions savoir ce que tout ça va rapporter", explique Cédric Halin.

Ce mardi, l’administrateur d’Enodia Fabian Culot (MR) déclarait que "si la cession des actifs intervient, on verra que personne n’a perdu un euro". De son côté, Cédric Halin souligne que le câble (Voo) "sera vendu avec une marge importante, mais il faut dire que ça fait 20 ans que nous ne percevons pas un euro de bénéfice de ce câble". Par ailleurs, ceci a été rendu possible parce que "les activités du gaz et de l’électricité [les deux autres secteurs phares d’Enodia, ndlr] ont été surfacturées aux clients [liégeois] pendant un grand nombre d’années, ce qui a créé un large bénéfice qui a pu être injecté pour créer d’autres activités".

De quelle somme parle-t-on?

Par ailleurs, les communes récupéreront-elles vraiment cet argent ? Et de quelle somme parle-t-on ? "A Olne par exemple, nous détenons 0,2% du capital au niveau du câble", explique Cédric Halin. "Si le câble est vendu pour un milliard d’euros – ce qui est possible – c’est 2 millions d’euros qui vont rentrer dans les caisses communales. Cela représente la moitié du budget de la commune."


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Problème : les petits actionnaires n’ont pas leur mot à dire quant à la façon dont cet argent va être utilisé. "Les grandes communes peuvent décider de réinvestir cet argent ailleurs, et donc il est possible que toute une série de communes continuent à être pieds et poings liés," explique-t-il. Par ailleurs, "l’argent de la vente va retomber dans les caisses de Nethys. Nethys va-t-il faire remonter l’argent de cette vente dans Finanpart et puis Enodia ? Si l’argent est dans Enodia, ils peuvent distribuer un dividende exceptionnel aux communes. Mais on n’a donc aucune garantie que cet argent atterrira dans la poche des communes".

Blocage de l’opération?

Toutefois, la vente du télédistributeur Voo pourrait s’avérer plus compliquée que prévu. L’offre liante signée par Nethys et le fonds américain Providence en mai dernier comprend une clause suspensive qui prévoit la cession à Enodia des parts des actionnaires de Brutélé, intercommunale de 30 communes wallonnes et bruxelloises. Dans le cas contraire, le fonds américain pourrait dénoncer l’accord ou acquérir Voo à meilleur prix. Or, mardi soir, le CA de Brutélé a décidé de suspendre les négociations avec Enodia.

Un dossier délibérément compliqué?

La complexité du dossier est, selon Cédric Halin, délibérée. "Très peu de gens y comprennent quelque chose. Ça a été monté délibérément pour que cela échappe au contrôle démocratique," dit-il. Pourtant, "on parle peut-être de milliards d’euros, dans les actifs cédés."

"Dans cette histoire, c’est à chaque fois la surprise", déplore Cédric Halin. "Ce sont des gens très créatifs dans leur manière de faire des choses de façon scandaleuse. Je pense que ce qui s’est passé avec Stéphane Moreau est de nature mafieuse."

 

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