Cédric Halin (cdH) sur Publifin: "Au niveau de la province, en particulier au PS, on ne veut pas avancer"

C’est la fin de mission pour celui qui a dévoilé au grand jour le scandale Publifin. Devenu administrateur de l’intercommunale, l’échevin d’Olne Cédric Halin (cdH) a eu 100 jours pour remettre de l’ordre dans le fonctionnement de la société et de ses structures. Il était l’invité de Matin Première ce mardi matin.

Alors que les membres de la commission d’enquête Publifin du parlement wallon présentaient ce lundi leur rapport final à la presse, Cédric Halin a qualifié d’"absolument remarquable" le travail effectué par la commission. "Un grand nombre de recommandations ont été votées à l’unanimité, par l’ensemble des partis politique, ce qui est remarquable", souligne l’échevin cdH. Mais pour vraiment aller jusqu’au bout, il faut selon lui mettre en œuvre ces recommandations, "et, là, on n’a encore pas fait grand-chose".

Parmi ces recommandations, il y a notamment le remboursement des rémunérations indûment perçues dans les comités de secteur, le renouvellement du conseil d’administration de Nethys et l’écartement de toutes les personnes qui ont une responsabilité dans l’affaire Publifin. Cédric Halin déplore l’attitude des membres du conseil d’administration qui n’ont "pas l’envie d’aller aussi vite".

Un esprit très principautaire

Comment expliquer cette absence d’avancées ? Pour Cédric Halin, l’esprit "très principautaire" de la province de Liège est à mettre en cause. "Ce qui renâcle, c’est au niveau de la province de Liège qui est l’actionnaire principal, elle détient 54% des parts, et c’est donc elle grosso modo qui fait la loi", estime Cédric Halin.

"C’est un très vieux niveau de pouvoir, ce sont des gens qui vivent sans se rendre compte qu’ils sont toujours au 19ème siècle, voire peut-être avant, et qui ne se rendent pas nécessairement compte de la volonté de changement et les attentes de la population. J’ai constaté qu’au niveau de la province, en particulier au niveau du PS de la Province, on ne veut pas avancer, on essaye de défendre un groupe économique, car c’est une réussite extraordinaire... Ce n’est pas nécessairement ma conclusion".

La réussite économique, c’est en effet l’argument qui est souvent avancé par les mandataires liégeois quand on leur parle de Publifin. Cédric Halin ne partage pas cet avis : "Monsieur Moreau a acheté des entreprises, alors évidemment quand vous rachetez une entreprise de 150 personnes, vous augmentez l’emploi. La seule chose qui rapporte de l’argent aux communes en termes de dividendes, c’est le gaz et l’électricité, le reste ne rapporte rien. Donc je ne vois pas où est la réussite quand ce sont les missions de service public qui génèrent clairement la réussite économique".

Les intercommunales doivent répondre à "un intérêt public"

Son analyse est d’ailleurs partagée par les membres de la commission d’enquête qui estiment que la mission des intercommunales doit être centrée sur les services publics et pas sur une activité dans des secteurs où il y a la concurrence du privé.

"Le but d’une intercommunale, c’est de mutualiser les services publics, explique Cédric Halin. Cela répond à un intérêt public (électricité, gaz). Toutes les activités qui sont menées actuellement, que ce soit dans le domaine de la presse ou de la production d’électricité au Kenya (Nethys, ndlr), je pense que c’est fort éloigné d’une mission de service public communal".

Enfin, Cédric Halin estime que le décumul des mandats, au centre des discutions au PS en ce moment, doit être mis en place. "Quand vous devez gérer une commune, ça prend déjà beaucoup de temps, estime l’échevin. Je pense que le Parlement a besoin d’avoir des députés à plein temps parce que c’est d’abord son job de contrôler l’action de l’exécutif. Peut-être qu’il y a des bosseurs extraordinaires, mais je pense que le commun des mortels, ce ne sont pas des bosseurs extraordinaires et n’arrivent pas à gérer les deux aspects."

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