"Ce pitoyable vaudeville": Ecolo "disponible" pour discuter avec DéFI... et les autres

Tournerait-on en rond ? Après l'appel du pied d'Olivier Maingain en direction d'Ecolo, les Verts se réunissait en bureau ce lundi matin avant de se prononcer. Et la réponse ne fait guère bouger les lignes : "Il n'y a rien de neuf : nous sommes disponibles. Nous sommes disponibles depuis des semaines pour travailler sur nos propositions, et sur d'autres le cas échéant", a déclaré le coprésident d'Ecolo Patrick Dupriez ce lundi matin avant la réunion du parti.

"Nous avons entendu l'invitation de Monsieur Maingain. Je l'ai dit : rien de neuf sous le soleil en ce qui nous concerne. On continue en effet les discussions avec les différents partis pour que nous soyons un maximum derrière les mesures que nous mettons sur la table" , a pour sa part déclaré l'autre coprésidente, Zakia Khattabi, après la réunion.

Les Verts n'ont toutefois "pas encore" reçu d'invitation formelle de la part d'Olivier Maingain et DéFI. "J'imagine qu'il attendait que mon bureau se passe, comme le sien", confie l'écologiste bruxelloise.

Vers une hausse du rythme des négociations ?

On est en droit de s'interroger : qu'est-ce que cette potentielle nouvelle rencontre bilatérale pourrait changer ? Une rencontre avait déjà eu lieu entre Ecolo et DéFI, et les échos étaient, à l'époque, positifs. Alors quid ? "Ça risque d'aller plus vite", estime la coprésidente des Verts.

Olivier Maingain "a notre liste de propositions, nous avons la sienne. Et donc je n'imagine pas qu'il nous invite autour de la table sans avoir déjà notamment discuté avec quelques partenaires de majorité. J'imagine donc que cela ira beaucoup plus vite que la séquence précédente."

Quant à d'éventuelles exigences ad hominem telles que les démissions, réclamées par DéFI, d'Armand De Decker (MR) et de Joëlle Milquet (cdH), Zakia Khattabi balaie ce type de "procès", et ne réclamera pas, par exemple, qu'Olivier Maingain ne soit plus, à la fois, député, bourgmestre et président de parti.

"C'est le système que l'on veut changer, réagit-elle. Dès le moment que le système aura changé, on imagine que des situations telles que celles-là n'existeront plus."

Les conditions restent donc les mêmes : travailler à l'assainissement de la vie politique, discuter mesures de bonne gouvernance... Parmi les exigences des Verts, on peut notamment citer le déplafonnement des rémunérations en intégrant les rémunérations privées ou encore la dépolitisation de l'administration.

"La particratie gangrène le fonctionnement de notre démocratie. Il faut changer cela. Puisqu'il y a une crise gouvernementale, saisissons l'opportunité pour des réformes en profondeur. Nous sommes prêts à le faire avec tous les partis qui veulent travailler là-dessus", a martelé encore Patrick Dupriez.

"Qui que ce soit prenne la main, du moment que cela avance, nous applaudirons"

Seule nouveauté en sortie de bureau, Zakia Khattabi a indiqué que les Verts francophones souhaitent se concerter avec leurs homologues flamands de Groen.

"Les 17 mesures que nous avons mises sur la table avaient déjà été discutées avec Groen, donc il n'y a pas lieu pour nous que cela bougeMais, voilà, nous allons aujourd'hui discuter sur la gouvernance en duo avec Groen, parce que Groen, de son côté, va essayer de faire bouger les lignes côté flamand", a-t-elle assuré.

"Les discussions vont vraisemblablement être circonscrites à Bruxelles. Avec, évidemment, des conséquences dans le jeu flamand. Et pour ce qui nous concerne – ce ne sera pas une surprise non plus –, nous discutons d'abord avec Groen."

Ecolo a proposé des textes, poursuit la présidente, et n'attend qu'un positionnement clair... et des signatures. "On l'a vu, deux jours après la crise dans laquelle le cdH nous a plongé, nous avions nos propositions sur la table. Qui que ce soit prenne la main, du moment que cela avance, nous applaudirons. (...) Certains textes existent, il faudra donc des signatures, des dépôts, etc. avant que l'on puisse aller plus loin."

"Lorsque j'ai négocié avec le MR et le cdH, il y avait une dizaine de textes que nous leur avons déjà transmis. Ce n'est pas comme si nous sortions des lapins de notre chapeau, ce sont des propositions que nous portons depuis longtemps, des textes qui existent chez nous déjà depuis longtemps, et nous les déposons sur la table, avec des appels à cosigner."

"Ce pitoyable vaudeville"

Il n'empêche que ce demi-rebondissement venu du camp amarante ne semble pas changer pas la donne. Flash-back, retour à la case départ, jour sans fin, déja-vu... ?  "Il faut demander à Benoît Lutgen", répond sèchement Patrick Dupriez, qui estime que "c'est la responsabilité de ceux qui ont débranché la prise des gouvernements de trouver des solutions rapidement".

"Ce qui est clair, c'est que, par rapport à l'enjeu de la crise gouvernementale, on ne sait pas très bien où l'on va (...). Les citoyens attendent des solutions et pas ce pitoyable vaudeville auquel on assiste depuis des semaines."

L'organe décisionnel de DéFi se réunissait également ce lundi dès 11h30.

En Wallonie, les négociations MR-cdH sont toujours en cours et reprendront dès ce lundi après-midi. Après avoir travaillé dans la discrétion ce week-end, Benoît Lutgen et Olivier Chastel doivent rencontre les acteurs socio-économiques et associatifs.

Écoutez l'interview de Patrick Dupriez

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir