Cdh : la justice doit être refinancée à hauteur d'un demi-milliard d'euros

Cdh : la justice doit être refinancée à hauteur d'un demi-milliard d'euros
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Cdh : la justice doit être refinancée à hauteur d'un demi-milliard d'euros - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le Cdh en forum ce samedi, dans le cadre de la campagne pour les prochaines élections. Forum de réflexion sur les missions régaliennes de l'Etat - police, justice, armée, à l'université Saint-Louis à Bruxelles, en présence de personnalités du monde judiciaire ou de la police appelées à réagir à ses propositions : Jean de Codt, Premier Président de la Cour de Cassation, Vincent Macq, Président de l’Union Professionnelle de la Magistrature, Fernand Koekelberg, Officier de référence en charge des relations de collaboration entre la police intégrée, la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles, Adriana Costa Santos, Plateforme citoyenne aux réfugiés, Général-major Philippe Boucké, Aide de Camp du Roi, Sous-chef d’Etat-major Stratégie, …) . L'occasion pour les humanistes de lancer quelques revendications claires pour la prochaine législature, si le CdH devait faire partie du prochain gouvernement fédéral.

500 millions d'euros pour la justice

Sans surprise, le Cdh et son président Maxime Prévot tire un bilan très négatif de ce que le gouvernement fédéral Michel sortant a fait en terme de sécurité. Et de faire notamment du refinancement de la justice une exigence de participation gouvernementale, avec pas moins qu'une revalorisation à hauteur du demi-milliard - comme le ministre Cd&V Koen Geens l'a dit cette semaine sur la RTBF. 500 millions d'euros pour le bon fonctionnement de la justice, matériel (informatique) et personnel. Maxime Prévot : "Justice, mais aussi police et armée, ce sont de grands enjeux liés à la puissance publique et qui ont été méprisés, terriblement négligés ces dernières années par le gouvernement Michel, avec une justice asséchée, aux abois, qui manque de ressources humaines, qui se situe à l'âge de la pierre au niveau informatique, des délais qui s'allongent et donc des citoyens qui qui sont les victimes de cela, obligés d'attendre des années pour voir leurs plaies pansées et des décisions prises. Il y a un vrai déficit d'accès à la justice dans notre pays. Et c'est un élément sur lequel le Cdh souhaite agir s'il a la possibilité d'être dans un gouvernement après le prochain scrutin". 

Le Cdh plaide d'abord pour une totale exéonération des départements d'autorités (justice, police, armée) de toutes économies supplémentaires à l'avenir - "des économies linéaires bêtes et méchantes comme cela a été le cas ces dernières années" - qui connaissent le même déficit en ressources humaines sur le terrain. Pour Maxime Prévot, "on n'arrête pas de se plaindre que l'on ne voit plus de policiers en rue, qu'ils ne sont pas suffisamment sur le terrain, que l'attente est trop longue pour qu'ils interviennent quand on les appelle, ce n'est pas le fruit du hasard, ils sont en sous-nombre et on n'arrive pas à en engager davantage puisque la norme de financement KUL est totalement dépassée. On a donc besoin de ressources humaines et de moyens financiers. Même chose dans la justice : dans quelques mois, il y a des tribunaux dans ce pays qui n'auront même plus un juge qui puisse venir rendre la justice. Ce sont pourtant des services de base qui doivent être procurés au citoyen".

"Les paroles et les actes"

Le ministre de l'Intérieur sortant, le N-VA Jan Jambon, n'arrêtait pas de répéter que les cadres allaient être remplis, car les académies de police étaient pleines, qu'il fallait du tout pour que les nouveaux policiers en sortent... Non pour le Cdh, c'est faux; malgré les promesses, on a "désinvesti dans la police!" "Alors il y a le verbe et les actes. Aujourd'hui - et ce n'est pas le Cdh qui l'invente, c'est la Cour des comptes qui le dit-, il y a 16% d'écart entre le cadre prévu pour la police et le nombre de policiers effectivement sur le terrain. Au début du gouvernement Michel, on était à 4%. On a donc quadruplé le déficit d'effectifs policiers en Belgique alors que les questions de terrorisme, de cybercriminalité, de petite délinquance ou de grand banditisme qui appellent des réponses n'ont jamais été aussi présentes et alors que les gens en ont marre du sentiment ambiant d'impunité". A cette fin, le cdH préconise un recrutement minimal de 1.400 policiers temps-plein par an, comme l'avait fait Joëlle Milquet lors de la précédente législature. Maxime Prévot suggère en outre de poursuivre les efforts pour alléger la charge administrative du travail des forces de l'ordre.    

D'après les Humanistes, il est nécessaire d'agir à présent afin de restaurer la confiance des citoyens envers l'Etat. Lors du discours de clôture de l'événement, Maxime Prévot a estimé qu'il s'agissait d'un "choix social, un choix d'équité et un choix d'humanité".

 

 

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