Catherine Moureaux (PS): "Je n'ai de leçon d'éthique à recevoir de personne"

Deux jours après Ecolo, le PTB a quitté la table des négociations à Molenbeek, où la socialiste Catherine Moureaux tente de former une majorité. Dans Soir Première, Arnaud Ruyssen a recueilli la réaction de la chef de file socialiste, et lui a demandé quelles étaient à présent les options possibles.

Pourquoi le PTB s’est-il retiré des discussions ? Michael Verbauwhede parle d’un blocage au niveau de la gouvernance : "Beaucoup de nos électeurs n’ont pas voté pour le PS, parce qu’il y avait encore chez les socialistes certaines personnalités présentes sous l’ère de Moureaux-père, et sur lesquels il y avait des soupçons de clientélisme. Or selon nous, il n’y a pas eu de garantie qui a été donnée de la part du PS par rapport au fait d’écarter ces personnes".

Arnaud Ruyssen : Catherine Moureaux, vous avez entendu les reproches du PTB. Que répondez-vous à cela ?

Catherine Moureaux : " Je n’ai de leçon d’éthique à recevoir de personne. Je suis la parlementaire qui a renoncé à ses indemnités parlementaires en 2012-2013. Ça, c’est un premier point. Et puis je pense que la gouvernance, c’est un prétexte dans cette affaire. Laissez-moi vous dire que sur 24 mesures déposées par le PTB et par Ecolo, il y en a deux qu’on a refusé. Il y a en a 20 qu’on a accepté d’emblée, et deux qui étaient encore en débat. Donc je trouve ça un peu violent de nous faire un reproche de ce type-là. D’autant que nous avions nous-mêmes déposé cinq points forts de gouvernance, et qu’au final on s’avançait vers un paquet gouvernance qui n’existe dans aucune autre commune. Donc pour moi, la gouvernance est un prétexte, que ce soit pour le PTB ou Ecolo.

Arnaud Ruyssen : Pourquoi se sont-ils retirés, alors ?

Catherine Moureaux : Je pense qu’Ecolo avait du mal à être à la table avec le PTB. On peut le concevoir puisqu’on voit que le parti a étendu son électorat plutôt sur la droite, comme on l’a vu à Uccle, Auderghem, Boitsfort, etc. Et puis, pour le PTB, sincèrement, la question reste posée de savoir s’ils n’ont pas tout simplement peur de prendre leur responsabilité.

Arnaud Ruyssen : Donc à propos des problèmes de gouvernance soulevés par le PTB et par Ecolo, selon vous il n’y aurait pas de raison d’écarter certains membres de votre parti ?

Catherine Moureaux : Ecoutez, je ne vais pas laisser les autres partis choisir les membres de mon parti. Ça n’a aucun sens. Je n’ai aucun candidat inculpé, aucun candidat sur lequel il y a eu une plainte déposée. Donc sur base de soupçons sur des affaires qui datent d’il y a dix ans… Non, je ne me suis pas laissé dicter la conduite au sujet de mon casting par ces deux formations politiques.

Arnaud Ruyssen : Que va-t-il se passer maintenant ? Il y a quelques jours dans Soir Première également, Françoise Schepmans avait déclaré que si des contacts étaient pris avec le MR, son parti serait prêt à discuter avec le PS. C’est envisageable ?

 

Catherine Moureaux : Je constate que le PTB et Ecolo me précipitent dans les bras d’une autre majorité. Il en reste deux possibles : celle avec le MR, et celle de l’olivier élargi (CDH, Ecolo, Défi). Demain, je vais consulter l’ensemble des chefs de file, et je vais voir où ça mène. Rien n’est décidé, et rien n’est exclu. Les seuls partis avec lesquels nous avions prévenu qu’il n’y aurait pas de discussions, c’est la NVA et Islam. Les autres partis sont pour moi fréquentables, et s’ils n’ont pas exactement le même projet de société que le mien, ce sont des partis avec lesquels je peux gouverner.

Reportage du JT 13h de ce vendredi 26 octobre sur les tensions entre PS et PTB

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