Catherine Fonck (cdH): "La vraie question, ce n'est pas l'âge auquel on prend sa pension, mais la durée de carrière"

Députée fédérale et chef de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck était l’invitée de Rudy Hermans dans le Grand Oral RTBF - Le Soir ce samedi 19 mai. Elle revient largement sur la réforme des pensions, quelques jours après une manifestation nationale qui dénonçait les mesures envisagées par le gouvernement fédéral.

Catherine Fonck ne s’est pas jointe à la manifestation contre la réforme des pensions. Faut-il en déduire qu’elle ne soutient pas le mouvement de protestation ?

"Mon job, ce n’est pas d’être dans la manifestations aux côtés des manifestants. Je n’ai jamais été dans une manifestation, sauf la marche blanche. Je crois que notre rôle, c’est de trouver des solutions mais pas d’aller se mettre en scène pour in fine des visées purement politiques et électoralistes. Par contre, j’ai bien sûr de nombreux contacts, que ce soit avec les syndicats comme avec les employeurs. Les gens qui ont participé à la manifestation sont terriblement inquiets, et c’est légitime. J’ai l’occasion de les rencontrer, non pas pour faire des photos mais pour discuter et trouver des solutions."

Faut-il une réforme ?

Quant au fond du problème, faut-il selon elle une réforme des pensions ? "Oui, c’est une évidence", dit-elle. Mais elle considère aussi que le gouvernement a pris le dossier de la mauvaise manière.

"Depuis le début de cette législature, le gouvernement a choisi d’y aller dans une logique de confrontation. Il a brandi des symboles qu’il décidait de manière unilatérale, et qui, il le savait, allaient braquer les syndicats et soulever beaucoup d’inquiétude. Ils ont aussi choisi une logique extrêmement symbolique, puisque la première mesure qu’il a prise, c’est le recul de l’âge de la pension à 67 ans, alors même qu’il savait que ce n’était pas forcément le moyen le plus efficace."

A quel âge, la pension ? "Là n’est pas la question"

La levée de bouclier actuelle réagit notamment au recul de l’âge de la pension. 67 ans pour beaucoup, c’est trop. Mais pour Catherine Fonck, la vraie question, ce n’est pas l’âge auquel on prend sa pension, mais la durée de carrière: "Quand vous commencez à travailler à 18 ans, ce n’est pas la même chose que de commencer à travailler à 25 ans. L’enjeu c’est quoi ? C’est d’augmenter le taux d’emploi global. Mais aussi d’augmenter le taux d’emploi des 55 à 65 ans, et d’allonger les carrières. Et d’allonger l’âge moyen de départ à la pension pour que demain on ait un régime de pension qui soit soutenable."

Concrètement, comment faire ?

Résumons la pensée de Catherine Fonck. Est-ce qu’il faut allonger les carrières ? Oui. Est-ce que la question réside dans le choix entre 65 et 67 ans ? Non. "Parce que l’âge moyen de départ, il est à 60 ans, explique-t-elle. Or quelles sont les mesures qui ont été prises par ce gouvernement pour allonger les carrières globales ? Moi je n’en vois pas. Il faut des adaptations de fin de carrière qui sont autant qualitative que quantitative. Je suis persuadée qu’il y a beaucoup de gens qui seraient d’accord de travailler un peu plus longtemps, mais pas au même rythme. Et ça, c’est la grande différence." 

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