Catherine Callemeyn et Dominique Carion, huissières à la Chambre

C'est un jeudi matin comme les autres dans l'hémicycle de la Chambre des Représentants. En ce jour de séance plénière, difficile de s'entendre parler par dessus le bruit des aspirateurs et des techniciens qui ajustent l'éclairage. Sous l'imposant tableau des votes, deux dames en tailleur bleu s'activent depuis plusieurs heures. Dominique Carion et Catherine Callemeyn sont huissières, véritables abeilles ouvrières de la Chambre. Après plus de 25 ans de carrière, les rangs de l'Assemblée parlementaire n'ont plus de secrets pour elles. Et elles en sont fières.

Le huissier, à ne pas confondre avec le huissier de justice, est un intermédiaire entre les députés et les différents services et départements de la Chambre. Concrètement, ce sont eux qui assurent la logistique et l'organisation des différents dossiers traités par nos élus. "Nous préparons d'abord la salle avant la séance : documents, oreillettes, etc, énumère Dominique Carion. Nous accueillons ensuite les députés. Pendant la séance, nous annonçons les principaux moments au moyen d'une sonnette. Nous pouvons également intervenir pour des copies de documents par exemple", explique-t-elle.

"Il faut suivre les débats et en même temps travailler pour le greffier et les services de la Chambre", ajoute Catherine Callemeyn. Car le rôle des huissiers ne s'arrête pas à l'hémicycle. Les documents, lettres et dossiers sont aussi distribués dans les différents bureaux des services du Parlement. 45 personnes assurent ce travail, au total.

Moins de papier, toujours autant d'humain

Non, la digitalisation ne s'est pas arrêtée au 16, Rue de la Loi. "On distribue beaucoup moins de papier qu'auparavant, confirme Dominique Carion. Avant chaque séance, nous devions placer tous les 150 documents sur chaque banc. Ici, on ne doit plus en mettre que pour les chefs de groupe."

Mais même si le papier a fait place aux e-mails dans certaines situations, Catherine et Dominique demeurent confiantes. Pour elles, l'intervention d'un huissier restera toujours indispensable dans de nombreux cas de figure.

Parfois, le huissier se transforme aussi en véritable sorteur de salle. "S'il y a trop de chahut lors des débats, le président peut nous demander de faire évacuer un député. Cela ne nous est pas arrivé personnellement, mais bien à nos collègues. On redoute sincèrement de tels moments, mais on sait que cela peut arriver", prévient Dominique Carion. Si les députés sont plutôt calmes, il est clair que certains sujets de débat déchaînent les passions plus que d'autres.

Lorsque les parlementaires ne sont vraiment pas d'accord, le débat peut durer longtemps. Très longtemps. "Quand je suis en séance ou en commission, je dois rester jusqu'à la fin", certifie Catherine Callemeyn. Certains jours, mieux vaut ne pas compter ses heures. "Nous savons à quelle heure nous commençons, mais pas quand nous finissons. Cela peut se finir parfois très tard, à minuit ou une heure du matin. On a déjà fait des journées de 24 heures, mais c'est rare... une chance !", s'amuse Dominique Carion.

C'est une fierté.

Pour devenir huissier au Parlement, il est impératif de réussir un examen d'entrée. "Nous sommes dans les débats d'actualité, avec le monde politique... nous sommes là où de grandes décisions sont prises. C'est une fierté de travailler ici", s'enchante Dominique Carion. "Oui c'est ça. C'est une fierté", acquiesce sa collègue.

La fierté, c'est aussi celle d'assister à des moments historiques de l'histoire de la Belgique. "Nous avons participé à la prestation de serment du Roi, se souvient encore Dominique. C'était un très grand moment qui s'est déroulé juste ici, montre-t-elle. "Nous devions veiller à ce que le public soit bien ordonné et à ce que toute la cérémonie se passe bien.

Au total, 45 huissières et huissiers travaillent au Parlement fédéral. Ils sont une quinzaine à assister les députés dans l'hémicycle.

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