CatCH veut créer de 6000 à 8000 emplois directs à Charleroi d'ici 2025

Est-il possible de redresser une commune sans activer des leviers purement politiques ? Thomas Dermine, coordinateur des experts du plan CatCH, (Caterpillar pour Charleroi) veut prouver le contraire. Deux ans après la fermeture du site carolo, le plan CatCH mobilise les forces vives pour favoriser la formation, l’emploi et trouver un repreneur pour Caterpillar. Et c’est efficace ?

Pour Thomas Dermine, le but du plan CatCH est de redonner à Charleroi une certaine ambition économique. "Il y a une vraie dynamique de création d’emploi.Selon le coordinateur des experts du plan, il ne s’agit pas d’un "mini plan Marshal", mais bien d’une déclinaison locale de ce plan. "Avec des projets cohérents. On n’a rien inventé, on s’est inspiré de ce qu’a fait Ford Genk pour reconvertir une région."

Un an après…

Deux ans après la fermeture de Caterpillar et un an après la mise en œuvre du plan, Thomas Dermine souligne sa volonté de transparence sur les chantiers et l’ambition de créer de l’emploi. "Depuis, nous avons réussi en matière de formation, notamment pour les travailleurs de Caterpillar. Le tout avec l’appui du gouvernement wallon, car cela s’inscrit dans la logique du plan marshal."

Des Chinois pour Caterpillar?

L’un des sujets-phares de CatCH est le dossier le site géant de Caterpillar ?  "Lors d’une reconversion, explique Thomas Dermine, c’est la taille du site qui peut être compliquée. Avec l’Awex, nous avons cherché à trouver des repreneurs, et on négocie effectivement avec des Chinois." Une approche qui n'a rien de très exotique, puisque la Chine est déjà présente avec Alibaba et les destinations lointaines de Air Belgium. "C’est jouer une carte intelligente. La Belgique est petite et dispose d’une économie très ouverte. Face à des Etats-Unis conservateurs, le centre économique est en train de se déplacer en Chine. Et la Belgique s’ouvre aux économies en croissance."

Un des objectifs déclarés de CatCH est de faire de Charleroi un laboratoire  pour d'autres grandes villes : "C’est une évolution très positive car il y a une vision unique de tous les acteurs, publics ou privés".

Chômage: le défi wallon

Reste le taux de chômage, qui demeure important à Charleroi. L’objectif de CatCH à l’horizon 2025 est de favoriser la création de 6000 à 8000 emplois directs. Thomas Dermine revendique aujourd’hui entre 1000 à 1500 emplois.

Le poids des élections? Négligeable

La crainte pourrait surgir de l’implication du politique dans CatCH à l’occasion des prochains scrutins. Mais Thomas Dermine en rejette l’idée : "Notre travail est éminemment politique en servant une cause publique, mais ne dépend pas du calendrier électoral."

Vivre sans les leviers politiques serait en revanche une vue de l’esprit : "C’est une illusion. C’est impossible. On active tout le temps des leviers politiques, mais l’essentiel est d’être aligné sur la vision et les objectifs. A Charleroi, c’est booster l’emploi dans des secteurs clés et toutes les opinions politiques vont dans ce sens."

4 ans pour redresser la Wallonie

Quel regard peut-on porter sur l’état de la Wallonie ? Un ministre n’y a vu qu’un soubresaut économique alors qu’il reste à peine 4 ans pour redresser le sud du pays avant la fin des transferts financiers.

Thomas Dermine défend Charleroi : "Il y a une réalité historique avec un vieux tissu industriel d’une part et, de l’autre, des secteurs qui vont mieux. Tout l’art est d’accélérer la transition vers ces nouveaux secteurs. Il faut pousser les nouveaux secteurs plutôt que freiner les anciens... Les Wallons ont une sorte d’humilité naturelle à s’apitoyer sur des projets économiques qui vont mal. Or il y a une autre réalité économique".

Deux axes pour créer de l’emploi

La frontière linguistique est aussi, en Belgique, celle de l'emploi. Pour inverser cette tendance, Catch poursuit deux axes : "D’abord travailler sur l’internalisation de la Wallonie pour l’exposition à des pays en croissance. Ensuite Il y a une transition des emplois peu qualifiés vers des emplois plus qualifiés. La formation est donc un levier. C’est ce que les flamands ont compris un peu plus tôt que nous. Au moment de la transition industrielle, on a perdu quelques années précieuses en croyant que l’on pouvait conserver un vieux tissu industriel. Les régions qui se développent le plus vite sont celles qui abandonnent le plus rapidement les anciens secteurs pour les nouveaux secteurs."

 

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