Carlo Di Antonio annonce qu'il fera un selfie de son bulletin et appelle ses électeurs à l'imiter: et le secret du vote?

Le ministre Carlo Di Antonio a-t-il commis une bourde lors d'un "meeting" de la liste "Dour demain" diffusé en live sur Facebook ce samedi?

Prenant longuement la parole devant les militants, il les a en effet incités à voter pour l'ensemble des candidats de la liste, en précisant que c'est que lui ferait... et qu'il le prouverait. 

"J'irai voter dès 8h du matin et je vous ferai la photo de mon bulletin de vote. Il faut voter pour l'ensemble des candidats de la liste. Votez pour les vingt cinq: je le ferai (selfie) et je le montrerai et vous avez tous l'occasion d'en faire autant dans les heures qui suivront mon vote de 8 heures du matin".

Sauf que cette pratique contreviendrait au secret du vote, font remarquer plusieurs observateurs: "Le secret du vote est un acquis important qui permet de garantir la liberté de vote. L'étape suivante, c'est de montrer son selfie pour demander un subside près du Ministre Di Antonio ? " interroge Stéphane Hazée.

Si la pratique est discutable, elle n'est en tout cas pas illégale, expliquait à la RTBF le constitutionnaliste et professeur de droit public à l’Université de Namur : le secret du vote est un droit pour le citoyen, il ne s’agit en aucun cas d’un devoir : "Une fois qu’il a voté, l’électeur est libre de révéler son vote, commente-t-il. Rien n’empêche en effet de dire pour qui on a voté. La limite se situe évidemment dans le bureau de vote : il n’est pas permis d’y tenir des propos susceptibles d’influencer les autres votants."

Cette pratique du " selfisoloir " s’était répandue en France, et ne posait selon le constitutionnaliste aucun problème : "Même si le vote est visible sur une photo rendue publique sur les réseaux sociaux, cela fait a priori partie du processus de liberté du citoyen et de son droit de révéler son vote. Cela n’est pas tellement éloigné des sondages effectués à la sortie des bureaux de vote où le citoyen rend là aussi, d’une certaine manière, son vote public..." concluait-il.

 

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