Candidats, grands duels, enjeux… tout savoir sur les élections côté flamand

Enjeux en Flandre (Chambre et parlement flamand)
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Enjeux en Flandre (Chambre et parlement flamand) - © Tous droits réservés

Côté flamand, les circonscriptions électorales correspondent à l’échelle de la province, tant pour l’élection au fédéral (la Chambre 150 députés à élire : 87 Néerlandophones) que pour la Région/Communauté (Vlaams Parlement, 124 députés flamands à élire) : donc 5 circonscriptions/5 provinces : Anvers, Brabant flamand, Flandre Occidentale, Flandre Orientale, Limbourg. Sans oublier 6 sièges garantis au Parlement flamand pour des élus flamands de Bruxelles…

Anvers

La province flamande la plus peuplée, donc celle qui expédie le plus de députés, 24 sur 150 à la Chambre et 33 sur 124 au Parlement flamand.

A la Chambre, en 2014, le scrutin fédéral avait vu la victoire avant tout des nationalistes de la N-VA et de Groen. La N-VA avait obtenu 39,38% (+8,67%) et décroché 11 sièges (+3). Le plus grand faiseur de voix alors était un certain Bart De Wever, N°1 du Royaume, avec 314.650 voix de préférence. Les autres partis ne recueillant que les « miettes ».

Cette fois, le grand duel attendu verra s’affronter – alors que la N-VA entend à nouveau marquer sa domination sur « sa » province et que les sondages donnent Groen avec le vent en poupe -, non pas Bart De Wever qui a choisi le Parlement flamand, mais Jan Jambon. Ce dernier en 2014 était moins connu que son « boss » et poussant la liste N-VA (à la 24e place) n’avait rassemblé que 29.616 voix de préférence, soit le 7e score de la province. Cette fois, il se présente comme tête de liste pour la Chambre et comme – il l’a assez répété – « candidat Premier ministre ».

Face à lui, pour Groen la remuante « étoile montante » du parti, Kristof Calvo (13.409 voix il y a 5 ans), qui devrait être porté par la « vague » Groen si l’on en croit, du moins, les sondages. A noter aussi côté Chambre, le petit jeu de chaises musicales au sein de l’extrême droite du Vlaams Belang : le président du parti Tom Van Grieken, issu du Parlement flamand, tirera la liste fédérale, à la place de la figure historique du parti Filip Dewinter lequel retourne – comme en 2010 – au Parlement flamand. Le début de la fin : à voir aussi ?

 

 

Côté Parlement flamand, où en 2014, la N-VA avait remporté 14 sièges sur 33 (36,46% des voix, + 7 sièges), même duel attendu N-VA-Groen avec le président des nationalistes et bourgmestre réélu d’Anvers Bart De Wever, et face à lui, la présidente des Verts flamands, Meryem Almaci (jusque-là éternelle tête de liste à la Chambre en 2007, 2010, 2014 : 44.150 voix alors).

Brabant flamand

Côté Chambre, vont s’affronter une fois encore les 3 tendances qui ont dirigé la province au fil de son histoire : bleue, démocrate-chrétienne et nationaliste, la N-VA prenant la main, les clés en 2014 ici aussi (5 sièges sur 15 côté Chambre, 7 sur 20 côté Vlaams Parlement).

Avec pas moins de quatre noms à épingler ici :

  • Theo Francken, bourgmestre N-VA de Lubbeek, ex-secrétaire à l’Asile ;
  • Maggie De Block, sa remplaçante actuelle au fédéral pour l’Open Vld ;
  • Koen Geens, le ministre Cd & V de la Justice récemment égratigné par l’affaire « Julie Van Espen », un CD & V pour la première fois depuis plus de 20 ans sans Eric Van Rompuy sur sa liste.
  • Et on peut ajouter Dries Van Langenhove, se présentant comme un « candidat indépendant », mais tête de liste pour le Vlaams Belang à la Chambre, issu du mouvement polémique nationaliste extrémiste « Schild en Vrienden ».

Côté Parlement flamand, le ministre N-VA de la Mobilité Ben Weyts défendra son bilan (et ses 55.012 voix de 2014), face à Gwendolyn Rutten, président des libéraux flamands et toujours récente bourgmestre d’Aarschot, tête de liste Open Vld comme en 2014 (60.807 voix, N°1 de la province), ou encore Bruno Tobback, ancien président du sp.a, tête de liste 2014 et député flamand sortant (33.570 voix de préférence).

Flandre occidentale

la Chambre (16 sièges à répartir), la province orange démocrate-chrétienne avait été conquise en 2014 aussi par la N-VA (6 sièges +2) devant le CD & V (4 sièges), les nationalistes ayant là aussi asséché le vote extrémiste. Cette fois encore, ici plus qu’ailleurs, chaque voix va compter avec un mini-combat des chefs : Sander Loones, ex-député européen et éphémère ministre N-VA de la Défense (2018), affrontera le CD & V du coin, le député fédéral Hendrik Bogaert, lequel se verrait bien président de son parti si la place se libérait. Son score pourrait être important dans la balance – il avait décroché 58.649 voix de préférence en 2014.

Troisième larron, le libéral flamand et bourgmestre de Courtrai Vincent Van Quickenborne (38.896 voix en 2014). John Crombez, président du sp.a, député flamand sortant (43.409 voix au Parlement flamand) a repris le flambeau pour son parti à la Chambre : Johan Vande Lanotte (68.898 voix en 2014 au fédéral), battu aux communales à Ostende, ne fait que pousser la liste.

Enfin, autre score à suivre aussi, celui du député Groen Wouter De Vriendt, N°1 des Verts (14.700 voix au dernier scrutin) en Flandre occidentale pour la Chambre… depuis 2007.

Côté Parlement flamand (22 sièges), la province sera orpheline de Geert Bourgeois parti mener la liste européenne N-VA – oubliées ses 63.302 voix de préférence de 2014 ! Il faudra scruter ici le score de celle qui était – déjà – sa principale opposante, la Cd & V Hilde Crevits, indéboulonnable ministre flamande de l’Enseignement, propulsée – pourquoi pas – « candidate ministre-présidente » par son parti, incroyable machine à voix il faut dire : 112.557 voix en 2014 ! Ajoutez sur le podium, le libéral flamand Bart Tommelein (28.462 voix en 2014 comme tête de liste déjà) qui en une législature a réussi à être député flamand, secrétaire d’Etat fédéral, ministre flamand du Budget et bourgmestre d’Ostende depuis janvier 2019…

Flandre orientale

Côté Chambre (20 sièges), province bleue devenue N-VA au fil du temps, la Flandre orientale verra surtout s’affronter pour simplifier le libéral flamand Alexander De Croo, tête de liste Open VLD sortante (78.073 voix en 2014), vice-1er fédéral et désormais en charge des Finances, et le CD & V Pieter De Crem (47.036 voix), que l’on disait prêt à se replier au plan local – sa bonne ville de Aalter – mais soudain propulsé vice-1er et ministre de l’Intérieur après la crise et le départ de la N-VA du gouvernement fédéral. Duel à sens unique, la N-VA n’ayant pas réussi à trouver une vraie figure de remplacement à sa tête de liste de 2014, Siegfried Bracke, président sortant de la Chambre. A suivre aussi le score de la tête de liste depuis 2007 de Groen, le député fédéral Stefaan Van Hecke (12.999 voix en 2014) en cas de « vague verte ».

Côté Parlement flamand (27 sièges), outre le duel à 3 ici aussi N-VA, CD & V, Open Vld, à suivre plus particulièrement le score personnel de Joke Schauvliege (55.291 voix en 2014), ultra-populaire ministre flamande de l’agriculture contrainte en février 2019 à la démission suite à une polémique qu’elle avait elle-même déclenchée se disant victime de « complots issus du lobby ecolo » et citant la Sûreté de l’Etat, propos qu’elle avait dû démentir… Comme en 2009 et 2014, elle mène la liste CD & V. A noter au Vlaams Parlement que le libéral flamand Herman De Croo, passé de la Chambre à la région flamande en 2014, se présente à nouveau, poussant la liste Open Vld en 27e position : l’ancien président de la Chambre, 81 ans désormais, est parlementaire depuis… 1968.

Limbourg

Côté Chambre (12 sièges), le Limbourg que se déchirent N-VA et CD & V depuis deux scrutins verra s’affronter Zuhal Demir - secrétaire d’Etat fédérale 2017-2018 à l’égalité des chances et à la lutte contre la pauvreté, redevenue députée fédérale, « déménagée » d’Anvers vers le Limbourg et qui vient d’échouer à conquérir Genk aux dernières communales -, et le président du CD & V depuis 2010 Wouter Beke (59.291 voix en 2014), par ailleurs bourgmestre de Leopoldsbourg. Un duel auquel on pourrait ajouter aussi les noms de Patrick Dewael, ancien ministre-président flamand, ancien ministre de l’Intérieur, ancien président de la Chambre et actuel chef de groupe Open Vld à la Chambre (27.155 voix de préférence en 2014) ; ou encore Meryame Kitir, cheffe de groupe sp.a à la Chambre (17.723 voix en 2014).

Côté Parlement flamand (16 sièges), les seuls noms qui émergent vraiment semblent être ceux du N-VA Steven Vandeput, ancien ministre de la Défense (2014-2018), devenu bourgmestre d’Hasselt en 2019, et qui bascule donc du fédéral vers la Région, tête de liste à la place de l’ancien président du Parlement flamand Jan Peumans lequel ne fait désormais que pousser la liste (1er score en 2014 : 63.780 voix), ou encore Lydia Peeters pour l’Open Vld, 10 ans députée flamande, laquelle vient de remplacer Bart Tommelein comme ministre du Budget du gouvernement flamand.

Bruxelles

Ajoutons que des listes flamandes se présentent à Bruxelles pour la Chambre, sans élus jusqu’à présent. Et que le Parlement flamand désigne aussi six députés pour représenter Bruxelles en son sein. On peut épingler là les chocs entre le député flamand et sénateur N-VA sortant Karl Vanlouwe, le « jeune loup » CD & V Benjamin Dalle, l’ex-échevine bruxelloise Open Vld Els Ampe, le Groen Stijn Bex, la députée sp.a bruxelloise sortante Hannelore Goeman.

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