Camps djihadistes en Ardenne: des erreurs de la police et des renseignements

Vue aérienne de Trois-Ponts, où s’est déroulé un « Halal Event » en 2014
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Vue aérienne de Trois-Ponts, où s’est déroulé un « Halal Event » en 2014 - © Tous droits réservés

Un rapport du Comité P discuté mardi à huis clos au Parlement a exposé la manière dont la police et les services de renseignement ont géré trois "camps" d'extrémistes musulmans dans la province de Liège. La Sûreté de l'État et plusieurs services de police étaient informés de leur tenue, mais le suivi et les échanges d'informations ont été insuffisants, peut-on lire dans le rapport, rapportent mercredi De Tijd et L'Echo. Une situation qui, selon Denis Ducarme, ne pourrait plus se produire aujourd'hui.

Le rapport porte sur un "camp djihadiste" de Sharia4Belgium organisé en automne 2013 à Jalhay, un camp de l'organisation kurde PKK organisé en février de l'an dernier à Hombourg et un camp de "Halal Events" organisé en août 2014 à Trois-Ponts. Dans le cas de Trois-Ponts, près de Coo, le bourgmestre de la localité, Francis Bairin considère que les choses se sont déroulées normalement. Il dit avoir été prévenu de l'arrivée d'islamistes, que tout était sous contrôle, et que l’événement ressemblait plus à un camp de scoutisme, sans uniforme, avec séances de prières et de tir à l’arc. "Visiblement tout s’est passé dans le calme et la quiétude " La prochaine activité de "Halal Events" est programmée pour la fin mai, mais le lieu n’est pas connu. La présence d’un religieux présenté par l’extrême droite hollandaise et belge comme salafiste ne devrait pas faciliter la recherche d’un gîte à louer.

Il reste qu'aux yeux du Comité P, les rapports de police relatifs à ces camps étaient inexistants ou très lacunaires. Pour le Comité P, un meilleur échange d'informations pendant les camps est crucial pour garantir la sécurité de tous les policiers et suivre les groupes en question.

Denis Ducarme : la donne a changé depuis

Depuis les faits constatés dans un rapport du Comité P, "la donne a changé, et ce qui était alors imaginable en termes de suivi en 2013 et 2014 ne serait plus possible aujourd'hui", a affirmé mercredi matin le chef du groupe MR à la Chambre Denis Ducarme.

Pour Denis Ducarme, le rapport du comité P "est utile", mais il porte sur des faits remontant à l'automne 2013, février 2014 et à l'été 2014. "Ce qui était imaginable alors en termes de suivi ne serait plus possible aujourd'hui, car entre-temps, la menace s'est concrétisée à travers l'attentat au musée juif et et les attentats déjoués par l'intervention des forces de l'ordre à Verviers, et le gouvernement fédéral a renforcé la sécurité à travers 12 mesures", affirme-t-il.

"Même s'il y a moyen de faire mieux, une telle situation ne serait plus possible compte tenu aussi de la mobilisation du gouvernement au travers des moyens octroyés aux communes" (ndlr: pour les aider à lutter contre l'émergence du radicalisme violent), a encore souligné Denis Ducarme.

L'action du gouvernement n'a pas empêché l'attentat du Thalys, réplique Matz à Ducarme

L'action du gouvernement dans la lutte contre l'émergence du phénomène djihadiste n'a pas suffi à déjouer l'attentat du Thalys, a répliqué mercredi la députée cdH Vanessa Matz, répliquant aux conclusions tirées par le chef du groupe MR Denis Ducarme (MR

Ce qui était imaginable alors en termes de suivi ne serait plus possible aujourd'hui, car entre-temps, le gouvernement fédéral a renforcé la sécurité à travers 12 mesures et le gouvernement a débloqué un million d'euros aux communes afin de les aider à lutter contre l'émergence du radicalisme violent. "On se moque de nous. Même si on sait que le risque zéro n'existe pas, pourquoi n'a-t-on, dans ce cas, pas réussi à déjouer l'attentat du Thalys? Je n'avais pas fustigé à ce moment-là le gouvernement, mais c'est bien l'actuel qui, contrairement à son prédécesseur, a revu considérablement à la baisse les moyens dévolus à la Justice, à la police et à l'OCAM. On ne peut faire plus avec moins", a répliqué la députée cdH Vanessa Matz. Selon l'élue du centre démocrate Humaniste, plusieurs des 12 mesures annoncées en janvier dernier ont par ailleurs attendu sept à huit mois avant d'être mises en œuvre.

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