Laurent Louis traite Elio Di Rupo de "pédophile", incident à la Chambre

Campagne électorale: Laurent Louis traite Elio Di Rupo de "pédophile"
Campagne électorale: Laurent Louis traite Elio Di Rupo de "pédophile" - © Tous droits réservés

Le député indépendant Laurent Louis a insulté jeudi publiquement à la tribune le Premier ministre Elio Di Rupo le qualifiant de "pédophile", une sortie qui a entraîné le départ de l'hémicycle de la quasi-totalité des députés et la suspension des travaux par le président de la Chambre. Pour André Flahaut, ces agissements sont "lamentables et intolérables" et pire que ceux de l'extrême droite. Mais le président de la Chambre n'a pas les moyens réglementaires les réprimer.

Laurent Louis, l'ex-député PP s'en est pris au chef de gouvernement en réplique à une question dans laquelle il interrogeait Elio Di Rupo sur le coût et l'opportunité de la visite à Bruxelles du président américain Barack Obama.

"Merci, Monsieur le pédophile, ho... le Premier ministre", a répliqué Laurent Louis à l'issue de la réponse du chef du gouvernement. Une déclaration accueillie par des huées et la sortie des députés de l'assemblée.

A l'issue d'une courte interruption, le président de la Chambre André Flahaut a rappelé à l'ordre le député indépendant, lui faisant savoir que, sorti de son rôle, il n'aurait plus droit à la parole jeudi après-midi. Laurent Louis a alors quitté l'hémicycle.

En réponse à la question suivante qui lui a été posée à l'occasion du traditionnel échange sur l'actualité, Elio Di Rupo a tenu à "saluer tous les collègues pour le geste pris par l'assemblée afin qu'elle puisse garder sa dignité".

"Pire que l'extrême droite"

Le président de la Chambre André Flahaut (PS) n'avait pas d'autres possibilités d'intervenir, explique-t-il : "Tous les propos et les gestes aussi ignobles soient-ils comme cela s'est passé avec ce député lorsqu'ils sont posés ou prononcés à l'intérieur de l'hémicycle sont couverts par ce que l'on appelle la liberté d'expression qui est une liberté constitutionnelle et donc je ne peux qu'interrompre le député, lui interdire d'encore intervenir dans la séance et le rappeler à l'ordre".

"Croyez bien que si j'avais d'autres possibilités, j'aurais déjà pris des sanctions à l'égard de tels agissements parce que je considère cela comme lamentable est intolérable. Et je ne suis pas le seul".

"Je crois que cela dépasse les agissements de certains députés d'extrême droite qui ne sont plus ici aujourd'hui", conclut le président de l'assemblée.

Guet-apens

Herman De Croo (Open Vld) estime aussi que "tout propos tenu à la tribune de la Chambre et immunisé : on ne peut être poursuivi ni au civil ni au pénal". L'ancien président de la Chambre estime que "ce monsieur (Laurent Louis) abuse de cette situation, la manipule, l'exploite et ne demande qu'une seule chose, c'est que nous tombions dans le guet-apens qu'il nous tend presque chaque jeudi".

Enfin, au Sénat, Benoît Hellings (Ecolo), a décidé de retirer une question posée au Premier ministre sur la même visite de Barack Obama, en réaction à l'incident à la Chambre.

RTBF avec Belga

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