Les cas Jambon et Francken plongent la Chambre dans la cacophonie (vidéos)

Charles Michel tente de prendre la parole à la tribune d'un Parlement fédéral plongé dans la cacophonie après son refus de répondre aux questions sur les comportements de Jan Jambon et de Theo Francken
Charles Michel tente de prendre la parole à la tribune d'un Parlement fédéral plongé dans la cacophonie après son refus de répondre aux questions sur les comportements de Jan Jambon et de Theo Francken - © ERIC LALMAND

Charles Michel n'aurait probablement jamais imaginé une telle rentrée parlementaire. C'est sous les huées de l'opposition que le nouveau Premier ministre s'est lancé dans sa déclaration gouvernementale à la Chambre, ce mardi. Prié par la députée socialiste Laurette Onkelinx de s'exprimer sur les déclarations polémiques de Jan Jambon sur la collaboration et sur la participation de Theo Francken à l'anniversaire d'un ancien collaborateur, il a assuré qu'il répondrait à ces questions, mais seulement une fois la confiance accordée à son gouvernement. La Chambre plongeait alors dans la cacophonie, l'empêchant pendant de longues minutes d'entamer sa déclaration.

Les membres de l'opposition l'attendaient au tournant, et avaient clairement déclaré attendre de Charles Michel qu'il s'exprime sur les cas polémiques de Jan Jambon et de Theo Francken.

Lundi, le premier de ces deux nouveaux membres du gouvernement tenait des déclarations jugées indigestes sur la collaboration, quand le second apparaissait mardi au côté de Bob Maes, un ancien... collaborateur, mais aussi fondateur du VMO puis sénateur Volksunie, mis à l'honneur par la section anversoise de la N-VA à l'occasion de son nonantième anniversaire.

Onkelinx monte au créneau

Après le remplacement et la prestation de serment des députés devenus ministres par leurs suppléants, Siegfried Bracke prend la présidence de l'Assemblée. Une présidence qu'il promet d'exercer aussi bien "pour les membres de la majorité que pour ceux de l'opposition". Jusque-là, rien d'anormal : le silence règne, et seul résonne son micro dans l’hémicycle.

Mais c'est dès la prise de parole de la députée socialiste Laurette Onkelinx que le ton commence à monter. "Depuis la prestation de serment, deux faits majeurs sont venus perturber la jeune vie de ce gouvernement", dit la députée socialiste, ciblant bien entendu les cas polémiques du ministre et du secrétaire d'Etat N-VA, Jan Jambon et Theo Francken.

Avant d'être rejointe en ce sens par d'autres membres de l'opposition, elle demande que des explications soient fournies, par les deux concernés ou par le Premier ministre, et ce avant la déclaration gouvernementale.

"Ce n'est pas à l'ordre du jour", répond le président de l'Assemblée, déclenchant une volée de huées. D’autres parlementaires demandent alors un à un la parole sur ce thème, dans une cacophonie que Siegfried Bracke interrompt en donnant la parole à Charles Michel, sans jamais faire usage du marteau censé écraser tout brouhaha intempestif.

Plus tard, le nouveau président de la Chambre et ancien journaliste politique confiera ne jamais avoir connu "un tel tumulte avant un gouvernement". Un chahut qu'il qualifiera ensuite de "tentative de déstabilisation claire" pour les premiers pas du gouvernement de la part de l'opposition.

"Un manque de dignité sans pareil"

Mais pour Charles Michel, le moment "M" est arrivé. Avant de monter à la tribune, et dans un chahut qui ne s'estompe pas, il tente de couper court au débat. "Je répondrai à ces questions, promet-il, mais sans rompre avec la tradition". Il ne s'exprimera donc pas avant que la confiance ne soit accordée au nouveau gouvernement, disant ainsi viser la sérénité du débat et le respect du protocole.

Les bras se lèvent, et le ton monte encore. La Chambre est plongée dans une véritable cacophonie. Il faudra à Charles Michel quelques longues minutes et plusieurs tentatives de prises de parole pour pouvoir se lancer dans sa déclaration gouvernementale.

Difficile d'imaginer pire départ pour le nouveau Premier ministre. A la sortie, après la déclaration gouvernementale, le nouveau chef de groupe MR Denis Ducarme évoque "un manque de dignité sans pareil" : "La déclaration gouvernementale est un débat qui ne se pollue pas", déplore-t-il en rappelant que "ce débat (sur l'attitude des ministres N-VA, NDLR) est important et aura lieu".

Laurette Onkelinx se dit quant à elle "plus que fâchée d’avoir un Premier qui se tait alors que deux de ses ministres ont des accointances avec la collaboration nazie", quand le président du FDF, Olivier Maingain, affirme que la volonté de s'en tenir à son ordre du jour - et, partant, le refus de s'exprimer sur un sujet polémique - témoignait "de la peur du nouveau gouvernement".

La rentrée aurait donc pu être plus facile pour Charles Michel, un Premier ministre qui avait dit vouloir "un gouvernement qui rassemble et non qui divise"Ce mardi soir, notre rédaction politique a récolté ses impressions pendant 15 minutes, dans notre JT de 19h30. Il a déclaré "La collaboration est une faute, je ne peux pas tolérer que cela se reproduise"

Voici déjà celles de Laurette Onkelinx, Daniel Ducarme, Olivier Maingain et Siegfried Bracke à la sortie de la déclaration de politique générale.

Germain Renier

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