"Ça fait beaucoup pour un Premier qui se dit meilleur que d'autres"

Olivier Maingain, le virulent président du FDF, a remis sa copie du virage fiscal made in FDF. Au micro de Bertrand Henne, il revenait ce matin sur les grandes lignes de cette proposition de loi axée sur la réduction de l’impôt sur les personnes physiques et le rééquilibrage de l'impôt sur les sociétés. "C’est une réforme qui se veut juste et profitable aux revenus du travail les plus faibles et moyens. Concrètement que faisons nous ? Nous relevons la partie sur laquelle on ne paie pas d’impôts qui est aujourd’hui d’environ 7100 euros jusqu’à 9800 euros, soit le montant du revenu d’intégration sociale pour un isolé", a-t-il 

Tout le monde y gagne

Les revenus moyens ne sont pas oubliés puisque la deuxième mesure du FDF concerne la suppression de la tranche d’imposition à 45%, celle-là même dans laquelle le contribuable se retrouve dès que le revenu brut atteint 20 000 euros. "Nous prônons une progression de l’impôt moins forte, notamment pour les revenus moyens, parce que la fiscalité sur les revenus du travail est écrasante. Si on veut redonner du pouvoir d’achat on doit favoriser les revenus du travail. C’est le meilleur moyen de relancer la croissance", explique celui qui est également bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert.

Concernant l’autre grand volet de la réforme, Maingain souligne que le rééquilibrage de l’impôt des sociétés a également été pensé afin de ne pas oublier les PME et de leur offrir un avantage conséquent. La réforme prévoit notamment la suppression pure et simple des intérêts notionnels étant donné que le taux nominal de l’impôt des sociétés serait ramené de 33,99% à 25%, et même à 20% pour les PME.

Nous avons l’honnêteté intellectuelle de dire qu’il n’y a pas de réforme fiscale qui soit autoporteuse sur le plan budgétaire

Pour compenser budgétairement ces mesures, le président du FDF reconnaît l’obligation de trouver les fonds nécessaires à ce virage fiscal ailleurs, en n’oubliant pas d’égratigner le MR au passage. "Nous avons l’honnêteté intellectuelle de dire qu’il n’y a pas de réforme fiscale qui soit autoporteuse sur le plan budgétaire sans compensation comme on fait croire certains partis en campagne électorale, notamment le MR. Il peut y avoir un effet retour, mais pas à 100% ce n’est pas vrai".

Comme mesure de compensation principale justement, le FDF, dans sa proposition de loi, suggère d’adapter l’avantage en nature que représentent les voitures de société en fiscalisant différemment. "Plus un véhicule a de la valeur, plus évidemment il y a une fiscalisation qui s’impose sur cette valeur. Car tous les experts, y compris de la commission européenne, démontrent que cet avantage particulier ne se justifie plus dans la même proportion et particulièrement pour les véhicules de société hauts de gamme".

Une proposition de loi à 7 milliards 

Afin de financer les 7 milliards nécessaire à sa réforme fiscale, le FDF s’appuierait également sur la lutte contre la fraude. "On propose d’allonger les délais de prescription dans des actions de recouvrement pour les opérations contre la fraude au niveau international. Mais également de renforcer les effectifs de l’nspection spéciale des impôts (ISI) avec 200 fonctionnaires de plus pour une politique de lutte sérieuse".

Olivier Maingain prône par ailleurs une mise en œuvre rapide du virage fiscal, avant la rentrée. "Si le MR qui s’est fait champion de la réforme fiscale a de l’ambition , il ne doit pas reporter. Au contraire, dans le contexte économique actuel, donner une clarté à la réforme fiscale est le meilleur moyen de donner la confiance".

Ça fait beaucoup pour un Premier ministre qui se prétend meilleur que d’autres

À propos de la responsabilité du ministre des Financaes Johan Van Overtveldt (N-VA) dans l’erreur de 600 millions d’euros en faveur des régions dans le dossier du calcul des transferts de l’impôt des personnes physiques, Olivier Maingain n'y va pas par quatre chemins: "Tout le gouvernement est responsable. La loi de financement des communautés et des régions est devenu un monstre, même les meilleurs experts s’y perdent. Mais indépendamment de cela, ce qui a été inacceptable est l’arrogance du gouvernement. Charles Michel a été particulièrement suffisant et devrait revoir sa manière de travailler. Il n’est pas acceptable dans un système fédéral que le gouvernement De Wever-Michel impose unilatéralement une évaluation des recettes de chacune des entités sans concertation préalable. C’est ce qu’il a fait, avec l’assurance que ses calculs étaient justes alors qu’ils sont totalement erronés et que la cour des comptes l’avait mis en garde. Ça fait beaucoup pour un Premier ministre qui se prétend meilleur que d’autres".

Interrogé sur la crise grecque, Olivier Maingain s'inscrit dans la lignée de l'économiste Thomas Piketty : "La Grèce ne peut pas être la seule à obtenir l’avantage d’une restructuration de sa dette. L’enjeu est de restructurer la dette grecque, et l’ensemble des dettes souveraines, sans perdre la crédibilité sur les marchés internationaux. Il faut adapter la politique monétaire commune mais pas au point de mettre en cause l’existence même de l’Eurogroupe".

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