Budget wallon: déficit de 375 millions en 2016, équilibre prévu en 2018... si rien ne change

Le ministre wallon du Budget Christophe Lacroix
Le ministre wallon du Budget Christophe Lacroix - © RTBF

Le gouvernement wallon a présenté ce jeudi son budget 2016, "sans austérité", insiste le ministre-président Paul Magnette (PS) : l'objectif reste de revenir à l'équilibre en 2018 (conformément au programme de stabilité promis par la Belgique à l'Europe), mais à un rythme soutenable pour l'économie de la Région, et sans faire payer le coût de ce rééquilibrage par le citoyen.

Le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS) souligne la diminution progressive du déficit de ces dernières années : -628 millions en 2014, -555 millions en 2015, pour arriver à un objectif de -375 millions pour 2016.

Comment le gouvernement prévoit-il d'arriver à réduire de 32% son déficit entre 2015 et 2016 ? Grâce à 190 millions d'euros de nouvelles recettes, et à la réduction des dépenses à hauteur de 131 millions d'euros auxquels s'ajoutent une économie récurrente de 130 millions. Sur ces montants, 180 millions d'euros participent à la réduction du déficit, alors que 185 millions sont affectés à des politiques nouvelles.

Les recettes supplémentaires

Diminution des taux de droit de donation immobilière (jusqu'à 50% de réduction) : le gouvernement table sur une augmentation du nombre de donations, ce qui rapporterait 10 millions d'euros.

Fiscalité des voitures "ancêtres" : ne pourront plus en bénéficier que les véhicules de plus de 30 ans, contre 25 ans aujourd'hui, cette modification est justifiée par des motifs écologiques et devrait rapporter 5 millions.

Redevance kilométrique pour les poids lourds (qui entrera en vigueur le 1er avril 2016) : cela devrait rapporter 155,6 millions. Mais des mesures d'accompagnement pour les secteurs touchés sont prévues (une dépense de 17 millions d'euros).

Meilleur recouvrement des taxes régionales : 5 millions de recettes supplémentaires sont attendues.

Dividendes d'entreprises appartenant à la région wallonne, comme la FN: 15 millions attendus.

Les réductions de dépenses

Réduction de dotations aux organismes d'intérêt public (OIP), gel de dépenses "facultatives" et des frais de fonctionnement, réduction des dépenses fiscales sur les titres-services : économie prévue de 130 millions en 2016. Elle découle de mesures récurrentes, prises antérieurement lors de l'élaboration du budget 2015.

Effort supplémentaire de 131 millions sur des corrections "techniques" sur les recettes du Fonds de la recherche (80 millions) et prise en compte de l'inflation dans les compétences transférées, la gestion active de la charge de la dette (30 millions) et de nouvelles réductions de crédits des ministres (21 millions).

Dépenses pour des politiques nouvelles

Parcours d'intégration des primo-arrivants : 10 millions d'euros.

Plan infrastructures : 75 millions d'euros pour le réseau routier wallon en plus des chantiers lancés par la SOFICO sur les grands axes.

Aide supplémentaire aux agriculteurs : 4,8 millions d'euros pour les agriculteurs confrontés à la crise des prix du lait et du porc, la Wallonie apportera 4,8 millions d'aides en plus d'un montant équivalent d'aides européennes, pour atteindre 9,6 millions, le maximum autorisé par l'Europe à la suite du Conseil agricole du 15 septembre dernier.

Plan numérique : 50 millions d'euros.

Lien entre l'enseignement technique et professionnel et les centres de compétences : 9,6 millions.

Politique nouvelle des villes : 10 millions d'euros.

Mesures en faveurs des transporteurs routiers : 17 millions d'euros.

Lutte contre les changements climatiques : 7 millions d'euros.

Budgets 2017 et 2018

Pour 2017, le gouvernement wallon envisage une nouvelle réduction du déficit de quelque 180 millions. Le retour à l’équilibre pour 2018 serait donc à portée de main.
Si ce n’est que le Gouvernement wallon n’a rien mis de côté pour amortir le choc de la réforme fiscale fédérale. Bien sûr, l'impact ne se fera pratiquement pas sentir en 2016 mais, s'il n'est pas amorti, le choc risque d'être d'autant plus violent en 2017: s’il faut trouver 300 millions d’économies annuelles supplémentaires, sans pouvoir puiser dans un bas de laine, l’exercice sera compliqué. Acculé, le Gouvernement wallon pourrait alors être amené à reporter le retour à l’équilibre plus loin que 2018.
Mais ça, c’est une autre histoire qu’on écrira plus tard, lors du prochain rendez-vous budgétaire.

 

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