Budget: "Le fédéral ne décide rien d'autre que l'application de la loi"

Reynders: "Il y a toujours une raison de râler, mais il faut changer sa façon de travailler"
Reynders: "Il y a toujours une raison de râler, mais il faut changer sa façon de travailler" - © Tous droits réservés

Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères est satisfait. Pour lui, le contrôle budgétaire s'est clôturé avec des résultats positifs. Didier Reynders (MR) est venu défendre ces résultats sur les ondes de la Première, ce mardi.

"Le fédéral ne décide rien: il s’agit d’appliquer la loi". Didier Reynders répond ainsi à la principale critique émise après le bouclage du contrôle budgétaire du gouvernement fédéral. Des voix se sont en effet fait entendre à propos du glissement de 750 millions vers les budgets régionaux.

"Il y a une loi spéciale de financement qui a été négociée par huit partis politiques sous le gouvernement précédent, et l'administration applique la loi, explique le vice-premier libéral. C’est un calcul qu’on fait très régulièrement (...) Il y aura un comité de concertation demain. Vous ne vous concertez pas avec les auditeurs pour dire qu’il y a du vent?", ajoute-t-il utilisant, comme à son habitude, une métaphore météorologique.

Une loi spéciale "négociée par le gouvernement précédent"

Et de préciser: "Les chiffres paraissent importants, mais c’est un petit pourcentage de l’impôt sur les personnes physiques que l’on doit répartir. Ça parait énorme aussi, le dérapage de 400 millions dans le calcul des pensions, mais c'est sur 40 milliards. Les chiffres sont importants".

Didier Reynders défend aussi le travail présenté par son collègue et ministre des Finances, le N-VA Johan Van Overtveldt, en rappelant l'origine des ces nouvelles dispositions qui revoient le calcul: "C’est un ministre des Finances N-VA au niveau fédéral qui envoie un courrier au ministre-président N-VA en Flandre pour lui dire que le calcul est là (...) Il y a des paramètres qui ont été revus par la nouvelle loi spéciale de financement, si je me souviens bien négociée par le précédent gouvernement, par le formateur, et je pense que c'était Elio Di Rupo".

"Il y a toujours une raison de râler mais il faut changer sa façon de travailler". Et en termes de changements, tout n'est certainement pas négatif, selon le ministre MR des Affaires étrangères.

100 millions d'économies dans ma sécurité sociale? "Ce sont des mesures qui touchent les frais d’administration des mutualités, comme on a économisé dans les frais des départements. On a d'ailleurs un peu moins sur les mutuelles que ce que l’on demande à des départements comme le mien".

Les dispositions concernant les diamantaires (50 millions d'impôts), du favoritisme avec une nouvelle DLU? "C’est surtout essayer de garder le secteur du diamant à Anvers". Et si dans le secteur, il y aurait beaucoup de fraude fiscale, "on constate surtout qu’il y a beaucoup de départs. Alors que veut-on faire? (...) C'est peut-être un régime préférentiel par rapport au régime général de l’impôt des sociétés, mais pas par rapport au secteur en général".

"Avec de bonnes et de mauvaises nouvelles"

Didier Reynders résume les décisions du gouvernement fédéral: "Les mesures en recettes c’est la lutte contre la fraude, c’est de l’anticipation de certaines mesures, comme la 'taxe caïman', les diamantaires vont payer un peu plus. En matière sociale même chose: lutte contre la fraude, certaines mesures administratives comme les frais des mutuelles (...) Et puis il s'agissait de répondre à certains éléments comme la sécurité: on soutient le budget de la Défense, de la police de la Justice. (...) Et l’autre priorité c’est l’emploi: emploi des jeunes, dans l'e-commerce et dans l’Horeca".

Satisfait, le vice-premier conclut: "C'’est un contrôle avec de bonnes et de mauvaises nouvelles. Mais surtout pas de taxes et avec des mesures pour la sécurité et le soutien de l'emploi".

La concertation avec les Régions, grandes perdantes, peut donc commencer. Didier Reynders la décrit en fin de matinée agitée tout de même, avec, comme à son habitude, un vocabulaire évocateur:

Écoutez, ou réécoutez l'interview de Didier Reynders, réalisée par Bertrand Henne:

W. Fayoumi (@wafayoumi)