Pas de taxes wallonnes pour compenser le tax shift fédéral

Christophe Lacroix, ministre wallon du Budget.
Christophe Lacroix, ministre wallon du Budget. - © BRUNO FAHY - BELGA

Ce lundi, le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS), a présenté aux députés l’impact du tax shift fédéral sur les recettes de l’Impôt des Personnes Physiques (IPP) en Wallonie. Un manque à gagner de 148 millions dès 2017 et qui monte progressivement jusqu’à 330 millions en 2020.

Il y a donc un choc important à anticiper. Mais le ministre s’y engage : le gouvernement wallon ne reprendra pas ce que le gouvernement fédéral a distribué.

Arsène Lupin fédéral ?

C’est un pas d’autant plus difficile à franchir que le fédéral, dit Christophe Lacroix, puise dans les poches des régions pour faire ce cadeau. Mais le ministre s'engage à ne pas répercuter ce manque à gagner en prélevant de nouvelles taxes ou en augmentant celles qui existent pour rendre des couleurs aux futurs budgets wallons.

"Je n’envisage aucunement d’augmenter les taxes et les impôts. Il n’est pas question de reprendre d’une main ce qui est donné de l’autre et même, précise le ministre, si la personne qui fait le cadeau n’est pas le contributeur réel au total."

Une décision qui n’a pas été évaluée

Le ministre annonce que le gouvernement wallon va plancher sans tarder sur la compensation à trouver. D’autant qu’il ne croit pas à la thèse du gouvernement fédéral qui espère que sa mesure créera de l’emploi et donc générera de nouvelles recettes. Christophe Lacroix ne compte pas dessus.

Et il appuie son point de vue en scrutant l’évolution de l’économie belge. "Ça me semble d’autant plus léger que, pour la première fois depuis très longtemps, observe-t-il, la croissance en Belgique est inférieure à la moyenne européenne. Construire un tax shift sur des effets retours dont le ministre des Finances doute, même en commission, j’ai vraiment un problème", conclut-il.

2018 s’éloigne

Comme l’effet retour n’est pas garanti, il semblerait même qu’en coulisses, les ministres fédéraux imaginent déjà reporter le retour à l’équilibre budgétaire initialement prévu pour 2018. Le gouvernement fédéral dément mais selon le ministre Lacroix, son collègue Van Overtveldt (N-VA), lui, désormais ne l’exclurait plus. Protestation sur les rangs MR, certains du contraire…

Qui dit vrai, qui fabule ? On ne tranchera pas. Reste que même si la mesure fédérale fonctionne, ses effets ne seront pas immédiats.

Ce qui créera aussi des difficultés au niveau communal. Christophe Lacroix confirme que l’impact du tax shift fédéral représentera de ce côté-là 264 millions perdus. Or, affirme le ministre du Budget wallon en lorgnant vers la rue de la Loi, il n’est pas imaginable que la Région comble ce trou-là aussi.

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