Budget: la Belgique a (bien) du mal à convaincre l'Europe

Budget: la Belgique a (bien) du mal à convaincre l'Europe
Budget: la Belgique a (bien) du mal à convaincre l'Europe - © THIERRY ROGE - BELGA

En 2017, on se "sms", on s'envoie des "whatspp", ou encore, parfois, des courriels. Mais les lettres, par contre, c'est "vintage", ça date du XXe siècle. Sauf entre la Commission européenne et les pays-membres. Quand c'est très officiel, ça ne passe pas par un courriel. Lorsque la Belgique dépose son projet de budget aux instances européennes, le Commissaire européen responsable, ici le Français Pierre Moscovici, répond par une petite lettre. Qui attend une réponse, elle aussi sous forme épistolaire. 

Mais point de poésie dans tout cela : la Belgique envoyait son budget (il est à voir ici) en toute dernière minute mi-octobre. Une dizaine de jours plus tard, la Commission européenne répondait.

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Dans cette lettre, datée du 27 octobre, la Commission demandait des "clarifications" concernant le respect, par notre pays, de ses engagements budgétaires. "Le DBP [le brouillon de budget] prévoit un effort structurel de 0,3% du PIB (...). Ce qui est inférieur au minimum 0,6% d'effort requis selon le Pacte de Stabilité." Par ailleurs, selon la Commission, les dépenses prévues par le gouvernement dépassent de 0,5% du PIB les recommandations européennes. La Commission souhaitait, donc, des informations supplémentaires concernant l'effort structurel de la Belgique, tout comme des précisions sur la réforme de l'impôt des sociétés. Cette lettre se terminait tout de même sur une note plus positive : "la Commission cherche à maintenir un dialogue constructif avec la Belgique pour parvenir à une évaluation finale."

Réponse belge...

Mardi dernier, la Belgique répondait. Johan Van Overtveldt pour les Finances, et Sophie Wilmès, pour le Budget, écrivaient à l'Europe.

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Six pages pour tenter de convaincre la Commission européenne : "Nous pouvons vous assurer de la robustesse de notre projet de budget" commençaient ainsi les deux membres de l'exécutif Michel. La lettre mettait en avant les réformes structurelles mises en place par le gouvernement fédéral, leur impact sur l'économie, la baisse de la dette, la résorption du déficit en comparaison avec 2014, le Plan d'investissement, etc., etc. Beaucoup d'arguments généraux, guère de données nouvelles concernant l'impôt sur la fortune et l'effort structurel. 

... qui ne convainc pas l'Europe

Et c'est donc sans surprise, comme l'indique De Tijd, que l'Europe n'a pas été convaincue par la lettre du duo Van Overtveldt/Wilmès. Le 22 novembre, le risque est grand que la Belgique se fasse officiellement taper sur les doigts par la Commission européenne. Elle ne devrait pas être seule sur le banc des mauvais élèves : l'Italie, le Portugal et la France se sont également fait remarquer. La Belgique aurait alors jusqu'au printemps prochain pour éviter la case "procédure en déficit excessif", ce qui n'était plus arrivé depuis le gouvernement Di Rupo. Dur à avaler pour un gouvernement qui avait fait de l'assainissement budgétaire un objectif prioritaire en début de législature.

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