Budget fédéral: un accord sur tout, sauf sur ce qui fâche

C'est l'habitude de la maison : quand il y a de longues négociations et qu'un accord voit le jour, le Premier ministre Charles Michel twitte.

Accord sur le budget, mais aussi, et c'est Didier Reynders qui le twitte, sur le marché du travail - la fameuse loi Peeters - mais aussi la compétitivité, l'e-commerce. Trois grosses réformes, "trois textes, qui sont prêts à aller au Parlement" explique le vice-Premier MR. "Des accords qu'on a jamais pu boucler sous les gouvernements précédents" se félicitait Didier Reynders. Pour Kris Peeters, "c'est un bon accord, sinon, on ne l'aurait pas accepté".

Par contre, les deux mesures dont on a le plus parlé ces dernières semaines, la réforme de l'impôt des sociétés, et la taxation des plus-values, sont repoussées. Ou à tout le moins, "le travail se poursuivra sur ces deux dossiers" expliquaient en chœur les vice-Premiers ministres que nous avons pu interroger à la sortie du cabinet de Charles Michel. "On ne décide pas de telles réformes sur une nuit, comme ça" disait Alexander De Croo. "Il faut bien étudier l'impact d'une baisse de l'impôt des sociétés" renchérissait Didier Reynders.

Le CD&V se montrait en tout cas satisfait d'avoir pu "lier" réforme de l'impôt des sociétés et taxation des plus-values. Pour les chrétiens-démocrates flamands, la "fiscalité équitable" est dorénavant une "priorité" à l'agenda du gouvernement. On notera tout de même que, selon certaines sources, le texte concernant la potentielle taxation des plus-values est assez vague. Il est question "d'examiner", "d'envisager", pas beaucoup plus.

Dans les temps pour la Commission européenne 

La ministre fédérale du Budget Sophie Wilmès s'est félicitée de l'approbation du budget intervenue vendredi soir. "L'accord conclu nous permettra de déposer le draft budgetary plan 2017 à la Commission européenne dans les délais impartis", a-t-elle annoncé vendredi soir dans un communiqué de presse."Je me réjouis de l'accord trouvé au sein du gouvernement tant au niveau budgétaire qu'au niveau des réformes structurelles", stipule Sophie Wilmès.

"Afin de rencontrer les prescrits européens d'amélioration du solde structurel d'ici 2017, le gouvernement a travaillé sur la base d'un effort de 3 milliards d'euros. Une grande partie de cet effort concerne des mesures déjà décidées et pas encore implémentées", précise-t-elle. 

Colère du Premier

Cet accord, cet "agrément" entre les quatre partis de la majorité se fait au lendemain d'une séance plénière à la Chambre houleuse, et de disputes ininterrompues entre les partis flamands de la majorité. Ce vendredi matin, Charles Michel a donc convoqué ses vice-Premiers flamands pour une explication visiblement assez musclée. Une "colère froide". Accusé de ne pas avoir de leadership, Charles Michel a réagi promptement. Et visiblement, ça a payé. Les réunions plénières et bilatérales se sont enchaînées toute cette journée de vendredi. Avant donc le dénouement.

Une conférence de presse est annoncée pour ce samedi à 11h. Et le Premier ministre ira lire sa déclaration de politique générale/"State of the Union" ce dimanche, normalement à midi. On aura ainsi tous les détails de l'accord obtenu. Un accord où les sujets qui ont fâché les partis flamands toute cette semaine, ont été mis de côté.

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