Budget fédéral: il ne faut plus trouver "que" 2,5 milliards

Budget fédéral: il ne faut plus trouver "que" 2,5 milliards
Budget fédéral: il ne faut plus trouver "que" 2,5 milliards - © JASPER JACOBS - BELGA

Budgets, au rapport !

Communauté germanophone ? Aucun déficit, tout est bouclé depuis 15 jours.

Région flamande ? A l’équilibre, confirmé également il y a moins de deux semainesMême si l'opposition qualifie le budget de déficitaire, sur la foi de propos de la Commission européenne.

Région wallonne ? Un "bon déficit" de 300 millions, de l’investissement. Acté le dimanche 25 septembre.

Communauté française ? Un déficit qui se creuse par rapport aux prévisions, mais de l’argent en plus pour l’enseignement.

Reste donc deux gouvernements : le bruxellois (le conclave est prévu mi-octobre) et le fédéral. Comme on peut l’imaginer, ça turbine dans tous les sens, et du côté de la rue de la Loi, on a bon espoir que l’exercice budgétaire soit terminé pour ce week-end. Alors, comment arriver à trouver ces fameux 4,2 milliards ?

Faire baisser la facture

On connait l’adage écologiste : "la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas". En voici la version budgétaire : "le meilleur argent est celui qu’on ne doit pas trouver". La majorité a tout d’abord cherché à faire baisser la facture. Et ils ont réussi. La "nouvelle" facture se situe autour de 2,5 milliards (même si certains sont plus prudents de 400 millions). Les "Suédois" ont eu des discussions "informelles" mais fructueuses avec certaines autorités européennes. Il en ressort que la trajectoire budgétaire peut être adoucie. Le gouvernement Michel s’était donné pour objectif d’améliorer son solde structurel (comprenez un budget qui ne tiendrait pas compte de la conjoncture économique) de 0,84% en 2017. Mais les Européens n’en demandaient pas tant : 0,6% suffisait. C’est acté. "On fait strictement ce que l’on doit faire, dans une interprétation très flexible du pacte de stabilité" nous glisse un participant aux débats budgétaires.

Autre élément d’ajustement : le "buffer". Ce tampon d’un milliard doit permettre au gouvernement de pouvoir se retourner en cas de mauvaise surprise fiscale. Le tampon devrait être revu à la baisse, pour environ 400 millions.

Un saut d’index ? Non, plutôt un report

Autre piste pour trouver de l’argent : l’indexation automatique des salaires. Avec la pension à 67 ans, le saut d’index voté en avril 2015 est un véritable marqueur du gouvernement Michel. On sait que l’OCDE, par exemple, ne porte pas dans son cœur le système belge d’indexation automatique des salaires, depuis bien longtemps. La majorité N-VA-MR-CD&V-Open VLD va à nouveau user de l’index pour faire des économies.

Première élément d’importance : il n’y aura pas de saut d’index général. L’option était sur la table mais un consensus s’est dégagé pour ne pas provoquer de nouveau saut d’index. Mais au moins 2 scénarios circulent sur l’avenir de l’index : l’un de court terme, l’autre de long terme.

Le premier, déjà sur la place publique, serait un saut d’index limité aux fonctionnaires et aux allocations sociaux. Le gain budgétaire a été calculé : 400 millions d’euros. Mais le CD&V rechigne à ne voir qu’une certaine partie de la population être touché par ce saut d’index limité.

Le deuxième scénario se veut plus structurel : il s’agit de modifier le système de déclenchement du passage de l’index. Actuellement, l’indexation se fait en calculant la moyenne de 4 mois de l’index santé. Ce qu’on appelle "l’index santé lissé". L’une des pistes sur la table est de lisser l’index santé sur 9 ou 12 mois. Pour "éviter les chocs d’inflation" nous explique-t-on. Il est vrai que la Belgique possède le peu enviable bonnet d’âne de l’inflation en Europe, avec 2% au mois d’août, très loin devant le deuxième de ce classement, la Suède avec 1,2%. Mais surtout pour faire des économies.

Autre option sur la table : l’indexation des salaires se ferait à une date fixe, pour tout le monde (certains secteurs sont déjà concernés): le 1er janvier, par exemple car "on a besoin de plus de prévisibilité budgétaire".  Ce qui signifie très clairement que le gouvernement souhaite à tout prix éviter une indexation des salaires en 2017. L’équipe Michel va donc faire un "report" de l’indexation automatique des salaires, prévue, d'après le Bureau du Plan, pour août 2017. Allez, on vous l’annonce déjà en primeur : si cette mesure est actée par le gouvernement, la prochaine indexation des salaires interviendra au plus tôt le 1er janvier 2018.

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