Le Premier ministre a présenté au Parlement les grandes lignes de sa politique en 2022

Ce mardi à 14 heures, le Premier ministre, Alexandre De Croo a prononcé devant les Députés sa déclaration gouvernementale dans laquelle il a détaillé les grandes lignes du budget fédéral 2022 et la politique qui sera suivie par le gouvernement.

La séance a débuté par une prise de position du Chef de groupe N-VA. L’opposition nationaliste flamande a décidé de quitter l’hémicycle pour ne pas, a dit Peter De Roover (N-VA) "se rendre complice" du gouvernement.

La N-VA reprochait que tous les députés ne soient pas autorisés à suivre, dans l’hémicycle, cette Déclaration de politique générale, en raison des règles sanitaires. La N-VA critiquait aussi le fait que le Premier ministre ait déjà communiqué sur le contenu de l’accord budgétaire, ce matin, lors d’une conférence de presse.

Pour la N-VA, le Parlement aurait dû bénéficier de la primeur. Ce à quoi le Premier ministre, Alexander De Croo, a répondu qu’en 2016, alors que la N-VA était membre du gouvernement fédéral, on avait déjà procédé de cette façon et que, par ailleurs, toutes les informations, notamment les tableaux budgétaires, n’avaient pas été communiquées lors de la conférence de presse.

Du côté de la Présidente de la Chambre, on a précisé que les règles sanitaires "Covid" ne permettaient toujours pas aux 150 députés d’être tous présents dans l’hémicycle. Des salles de commission ont été prévues pour permettre aux députés qui n’auraient pas de place dans l’hémicycle de suivre la Déclaration gouvernementale.

Un an après la deuxième vague du Covid, 1,2 milliard d’euros seront investis dans les soins de santé

C’est au secteur des soins de santé que le Premier ministre a consacré la première partie de sa Déclaration de politique générale. Dans les tribunes réservées au public, des membres du personnel soignant des hôpitaux de Saint-Luc et d’Anvers étaient présents, applaudis par le Premier ministre et le reste de l’assemblée. Pour Alexandre De Croo, "sans eux", les soignants, "où serions-nous"?

"C’est pourquoi nous investirons 1,2 milliard d’euros de plus dans les soins de santé l’année prochaine", a ajouté Alexander De Croo. De quoi augmenter les salaires, accorder de meilleures conditions de travail et recruter du personnel.

Le Premier ministre a aussi annoncé plus d’investissements dans la santé mentale. Il y aura des investissements, mais le Premier a plaidé pour qu’on fasse "tomber des murs" et qu’on "franchisse des frontières". C’est notamment le cas pour ce qui concerne la santé mentale des jeunes, dont un sur six connaît aujourd’hui des difficultés psychologiques "Nous devons impliquer tous ceux qui travaillent avec les jeunes. Des acteurs de quartier aux médecins généralistes, en passant par le personnel d’encadrement des élèves, les entraîneurs dans les clubs sportifs". Il faut, a-t-il dit, "intervenir plus vite", pour "éviter des problèmes graves".

Le gouvernement souhaite aussi que la Belgique reste une plaque tournante en matière de développement et de production de vaccins. Des moyens seront dégagés pour une nouvelle "banque belge de virus" qui permettra de s’adapter plus vite aux nouvelles pandémies.

Efforts budgétaires et remise au travail des personnes en incapacité

Alors que la Belgique devrait, selon le FMI, compter sur une croissance économique de près de 6% cette année et de 3,1% en 2022, Alexander De Croo rappelle que notre pays ne serait pas sorti aussi bien de la crise sans les près de 35 milliards d’euros consacrés par les pouvoirs publics belges pour limiter la casse dans les entreprises et chez les travailleurs pendant la crise.

Il faut, dit le Premier ministre, "rester vigilant".

Le gouvernement prévoit de faire un effort budgétaire net de 0,4% du PIB l’an prochain. Alors que l’Europe permet aux pays de l’Union de laisser filer le déficit pour sortir de la crise, la Belgique portera son effort total à 2,4 milliards d’euros.

Elle y parviendra en freinant la croissance de certaines dépenses, telles que celles liées à l’incapacité de travail. Il est ici question de la réintégration sur le marché de l’emploi des travailleurs malades de longue durée. Il faut, a dit le Premier ministre "regarder ce que chacun est capable de faire" et ne pas s’attacher "aux tâches qu’il n’est pas ou plus capable de réaliser". Le gouvernement entend responsabiliser les employeurs, les travailleurs, les mutualités et les prescripteurs.

Alexander De Croo a confirmé que les sportifs professionnels seront mis à contribution fiscalement avec "une contribution sociale juste", "en épargnant les petits clubs".

Le gouvernement ira chercher d’autres recettes en poussant "plus loin la lutte contre la fraude fiscale et sociale".

Alexander De Croo a aussi évoqué la taxe sur les comptes-titres. Avec elle, "les personnes dotées de plus grandes capacités contributives sont également appelées à participer au redéploiement", a dit le Premier ministre.

 

Réformer le marché du travail

Le retour de la croissance économique devrait rimer avec "emplois nouveaux". Cet été, la Belgique comptait 172.000 emplois vacants, selon le Premier ministre.

Le gouvernement met donc, sur la table, un "paquet de mesures" pour réformer le marché du travail.

Par exemple, un chômeur de longue durée qui optera pour un emploi dans un métier en pénurie conservera pendant trois mois un quart de son allocation de chômage. Il est aussi question d’avantager financièrement les demandeurs d’emploi qui accepteraient d’occuper des emplois dans une autre région.

Le gouvernement demandera aussi aux partenaires sociaux d’ancrer davantage le télétravail dans les habitudes des entreprises, pour un meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle.

Enfin, la cotisation spéciale de sécurité sociale, instaurée à l’ère du gouvernement Dehaene en 1994, va disparaître. Cette disparition s’intégrera dans une réforme fiscale plus large privilégiant le pouvoir d’achat.

"Les investissements les plus importants des 25 dernières années"

Pour Alexandre De Croo, après des années de sous-investissement, le gouvernement prévoit "les investissements les plus importants des 25 dernières années". Un effort particulier portera sur la digitalisation et la durabilité. Au programme des investissements prévus : compétences digitales, intelligence artificielle, cybersécurité, 5G, voire 6G.

Le gouvernement compte aussi développer, dans l’esprit de Tax-on-Web et Mypension des plateformes numériques semblables dans la police et la justice, avec "Just-on-Web", par exemple.

Des efforts sont aussi prévus pour réduire la fracture numérique : tarif social pour les télécoms et fourniture de l’internet haut débit partout, y compris dans les zones blanches.

Toujours au rayon "investissements", le Premier ministre est revenu sur les investissements prévus dans des effectifs supplémentaires pour la Protection civile.

Le défi énergétique et le prix de l’énergie

"Nos technologies belges changeront le monde", c’est par ce credo que le Premier ministre a abordé le volet énergétique de sa déclaration.

Il a souligné, en matière de voitures électriques, le rôle joué par Volvo à Gans et Audi à Forest. Il a aussi mis en évidence l’investissement d’1,1 milliard prévu par ArcelorMittal à Gand pour produire de l’acier "vert".

Dans cette optique, le gouvernement entend continuer à miser sur l’éolien offshore.

Il faut aussi, dit le Premier ministre, "ancrer les importantes industries de notre pays dans un futur sans émissions".

Et qui dit énergie dit prix de l’énergie. Le Premier ministre a confirmé aux Députés que le tarif social élargi serait prolongé jusqu’après l’hiver. S’ajoutera une réduction de 80 euros pour les plus vulnérables.

Enfin, pour tous les ménages belges, une nouvelle norme énergétique sera introduite à partir du 1er janvier 2022. "Nous simplifions la facture d’énergie et transformons les taxes fédérales et les obligations de service public en accises afin de mieux maîtriser les augmentations", a souligné le Premier ministre.

Le Premier ministre a aussi eu un mot pour les victimes des inondations qui ont frappé la Belgique à la mi-juillet. "2021 a aussi été l’année où la crise climatique a frappé de plein fouet notre pays. Nous avons perdu 41 compatriotes dans les pires inondations qu’ait jamais connues notre pays", a déclaré Alexander De Croo.

Ces inondations sont, pour Alexandre De Croo une preuve de l’urgence climatique : "Qui ose aujourd’hui encore minimiser la portée des changements climatiques ?", a demandé le Premier ministre.

Il a alors appelé à plus d’action dans la lutte contre le réchauffement. C’est, a-t-il dit, une question "de vie ou de mort".

Dans cette optique, la Belgique ira, a rassuré le Premier ministre, à la COP 26, la conférence sur les changements climatiques en assumant sa part du travail. L’objectif, tel que présenté au gouvernement, à la fin de la semaine par la ministre du Climat, Zakia Katthabi, est de réduire de 55% les émissions de CO2 d’ici 2030.

Investir dans la sécurité

Face à l’augmentation des cybermenaces et devant les changements d’équilibres entre puissances mondiales, avec notamment la montée en puissance de la Chine, le gouvernement entend "actualiser la vision stratégique de la Défense, avec pour horizon l’année 2030".

Il est question d’un nouveau plan pour le SGRS, les services de renseignement de l’armée, et "d’une structure organisationnelle simplifiée.

Du côté de la Police, 1600 inspecteurs seront recrutés pour la police intégrée. Il est aussi question de mieux poursuivre les primo délinquants et d’être plus efficaces dans la lutte contre les violences intrafamiliales.

Le gouvernement s’engage aussi à ce que les peines soient totalement exécutées.

Enfin, conserver la vocation européenne de la Belgique

Enfin, le Premier ministre a rappelé l’importance de l’Union Européenne pour la Belgique. "C’est grâce aux achats groupés de vaccins contre le coronavirus que nous pouvons aujourd’hui nous hisser au-dessus du reste du monde", a estimé Alexander De Croo.

Pour le Premier ministre, le Brexit et les pénuries en tous genres que connaissent actuellement les Britaniques prouvent l’importance de l’Union européenne.

Alexandre De Croo a plaidé pour que l’Europe montre le chemin aux autres pays et régions du monde, notamment dans le domaine de la neutralité climatique.

Le Premier ministre a demandé la confiance du Parlement. Mercredi à 10 heures, les Députés débattront de cette déclaration de politique générale. Jeudi, en fin de séance, un vote de confiance pourra intervenir, à l’issue du débat parlementaire sur la déclaration gouvernementale.

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