Budget : ce qui attend le prochain gouvernement fédéral

Budget, les successeurs de la coalition suédoise hériteront d'un déficit empoisonné.
Budget, les successeurs de la coalition suédoise hériteront d'un déficit empoisonné. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Selon les projections du Comité de monitoring - dont la RTBF a pu prendre connaissance - le déficit budgétaire (entité 1)  s'élèverait à 11,8 milliards d'euros à l'horizon 2024. A politique inchangée, 2019 se solderait par un déficit de 6,6 milliards, en 2020 par 8,8 milliards, en 2021 par 9,6 milliards, en 2022 par 9,8 milliards, en 2023 par 10,8 milliards et en 2024 par 11,8 milliards. Quant au déficit structurel, celui qui sert de véritable indicateur à la Commission européenne et sur lequel elle base ses recommandations, il devrait lui être de 11,376 milliards d'euros en 2024, soit un déficit de -2,12% du PIB, loin du retour à l'équilibre initialement promis pour 2021. 

Bref, et en extrapolant,  le prochain gouvernement Fédéral pourrait tout aussi bien être amené à devoir trouver plus de 50 milliards d'ici 2024 pour ramener le budget dans les clous européens. Une somme certes colossale mais à relativiser tant il vrai qu'il s'agit d'hypothèses élaborées, rappelons-le, à politique inchangée. C'est du moins, ce que veux croire la ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR), pour qui - si l'heure est grave -  la situation n'est pas forcément désespérée si la Belgique se dote rapidement d'un nouveau gouvernement Fédéral qui puisse rectifier le tir, voire inverser la vapeur.

On est à l'os

Mais de quelle réelle marge de manœuvre disposerait encore ce nouvel Executif ? Car depuis des années, au rythme des déficits budgétaires, le refrain est toujours le même : "On est à l'os, plus moyen de gratter les fonds de tiroir". Alors quel lapin pourrait-il encore sortir de son chapeau? De l'avis de spécialistes interrogés, il n'y a plus de baguettes magiques à disposition, ni de réels tours de-passe-passe à espérer et pas question non plus de miser sur un surcroît inespéré de croissance. Nous sommes dans une phase de croissance molle qui risque de durer, qu'on se le dise.

Bref, le prochain gouvernement n'aura pas beaucoup de choix. Il est pratiquement condamné à prendre des mesures qui font mal pour assainir les comptes de la maison Belgique. Car les options ne sont pas légion. Soit, il agit dans la colonne recettes, a priori un moindre mal. "C'est un levier sur lequel le gouvernement ne devrait cependant pas trop insister, car on paie déjà beaucoup d'impôts", rapporte l'économiste Etienne De Callataÿ. Soit, il agit sur la colonne dépenses. "Partant du principe, qu'il n'y a plus beaucoup à raboter dans la fonction publique, il ne reste que dans le budget de la sécurité sociale que le nouvel Exécutif peut espérer faire de substantielles économies. Autrement dit, il s'agit de réduire les prestations sociales", estime Etienne De Callataÿ. Concrètement, il pourrait s'agir de mesures comme le non-remboursement de certains médicaments, un durcissement de l'exclusion du chômage, une baisse des pensions, etc. Bref, le genre de mesures pas vraiment faites pour soigner la popularité d'un gouvernement.

Ça presse!

Quoiqu'il en soit, sur le plan politique, le stand-by actuel au Fédéral paraît difficile à tenir. Le fait que le gouvernement soit actuellement minoritaire et en affaires courantes l'empêche de laisser filer le déficit. Or, rien que pour 2020, ce ne sont pas moins de 8 milliards à trouver pour équilibrer le budget. Pour la ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR), le message du Comité de monitoring est clair et double : " Tout d’abord, si le travail entrepris par le gouvernement précédent a permis de limiter de manière importante les déficits, l’avenir parait incertain. Parmi toutes les "urgences" qui font l’actualité aujourd’hui s’imposera très prochainement l’urgence socio-économique et budgétaire. Seule une politique de réduction des déficits  à long terme couplée au soutien de notre économie et à une reprise des investissements stratégiques est viable pour notre pays. Il est donc plus que nécessaire d’avancer dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral afin de ne pas hypothéquer les résultats déjà engrangés mais surtout de faire face aux défis qui s’imposent à nous."

 

  

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