Budget: ça coince entre fédéral et entités fédérées

L'Etat fédéral et les gouvernements régionaux se retrouvaient ce mercredi en comité de concertation, comme chaque premier mercredi du mois. Cette réunion a été agitée car le gouvernement wallon notamment entendait frapper sur la table. Les causes de cet énervement sont des modifications que le fédéral aurait apportées à son projet de pacte de stabilité remis à l'Europe, et sur les efforts à accomplir par les uns et les autres pour un retour à l'équilibre budgétaire. Les entités fédérées, les régions wallonne et flamande, n'ont pas reçu copie de la dernière mouture fédérale.

Il y a clairement de la tension budgétaire dans l'air. A son arrivée au comité de concertation ce mercredi, André Antoine, le ministre du Budget wallon et de la Communauté française mettait la pression sur le gouvernement fédéral: "Nous voulons avoir la confirmation que la trajectoire que nous avons proposée est bien reconnue et partagée par le fédéral et que celui-ci n'espère pas que les communautés et régions fassent des efforts à sa place. L'enjeu est essentiellement autour de 2012, parce que l'effort que devra produire le fédéral à ce moment-là sera très significatif. Et au-delà, pour 2013, 2014 et 2015, les francophones et Wallons ne souhaitent pas réaliser des surplus budgétaires pour épargner le fédéral, parce qu'ils n'en ont pas la capacité tout simplement".

Respect des trajectoires budgétaires

Didier Reynders, le ministre fédéral des Finances, dit ne pas comprendre le problème: "Tout d'abord: le programme de la Belgique est envoyé à l'Europe parce qu'on ne va pas attendre sans arrêt et être en retard par ce que des régions ne sont pas d'accord. Deux: nous avons repris dans les documents les chiffres déposés par chaque région et chaque communauté devant son parlement".

Mais à la sortie du comité de concertation, André Antoine parlait à nouveau de blocage et pointait Didier Reynders: "Nous n'avons pas reçu le document, comment voulez-vous que nous marquions notre accord sur un document que nous n'avons même pas reçu ? Donc, très clairement pour nous, c'est le retour à l'équilibre en 2015, rien d'autre".

Du côté flamand, on répète aussi avoir déjà promis beaucoup d'efforts pour un retour à l'équilibre en 2011, quatre ans avant l'Etat fédéral et la Wallonie. Il n'est pas question d'en faire davantage.

Quant à la Région-capitale, elle continue de demander par l'entremise de son ministre-président Charles Picqué "le respect des trajectoires budgétaires pour Bruxelles". Dans la répartition de l'effort, il faudra "tenir compte de la spécificité bruxelloise, étant donné sa situation nationale et internationale", a-t-il rappelé. Il faudra soit admettre une situation déficitaire plus importante à Bruxelles soit assurer son refinancement. D'autres réunions sont à prévoir pour tenter de rapprocher les points de vue.

 

Marc Sirlereau avec Belga

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