Budget 2015: "Soit on vit comme en URSS, soit on mène des réformes"

L'opposition a poursuivi l'énoncé de ses critiques et questions à la suite du rapport de la Cour des comptes, notamment sur la conception très extensive que le gouvernement avait de la provision interdépartementale qui semble, à croire les socialistes, centristes et écologistes, déjà affectée au-delà de ses possibilités.

"Cette provision, c'est le sac de Mary Poppins", a ironisé Stéphane Crusnière (PS).

"Je ne suis pas Mary Poppins mais le ministre du Budget. Je suis bien réel et il n'y aura pas de bricolage", a assuré le ministre du Budget, Hervé Jamar.

Le ministre MR a également tenu à répondre aux doléances exprimées par l'Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW). Selon les municipalistes wallons, les mesures décidées par le gouvernement fédéral coûteront 300 millions d'euros aux pouvoirs locaux.

"La Commission a conscience des efforts belges"

Hervé Jamar s'est étonné de ne pas trouver trace de l'effet du saut d'index dans ces calculs. L'opération fera économiser 72 millions d'euros en 2015 aux communes et 108 millions à partir de 2016.

"Evidemment, on se garde bien d'en faire état", a souligné le ministre.

Ce dernier a également répondu aux doléances et aux critiques de la Commission européenne, demandant également que l'on laisse le temps au gouvernement fédéral de faire ses preuves.

"La Commission a conscience des efforts belges mais, après 6 semaines, il faut admettre qu'il est difficile de tirer un bilan. Il faut laisser le temps à ce gouvernement de faire ses preuves. Nous sommes en marche, sans pour autant toucher au pouvoir d'achat des citoyens, quoi qu'en disent certains", a indiqué M. Jamar.

L'un des éléments pointés par la Commission européenne est l'endettement public de la Belgique. Le ministre MR a insisté sur le renversement de tendance que voulait imprimer le nouveau gouvernement. "Dans un pays où les dépenses publiques représentent 51% du PIB, il y a de quoi s'interroger. Comment voulez-vous que ce soit soutenable à terme? Soit on est un pur collectiviste, et alors on vit comme en URSS, soit on mène des réformes structurelles, comme le fait ce gouvernement".

Et le ministre libéral de pointer du doit, sans le nommer, le PS. "Cet endettement est sans doute un héritage du passé, mais c'est surtout le résultat de 26 ans de gestion d'un parti que je ne citerai pas".

La Commission procédera à une nouvelle évaluation au mois de mars. M. Jamar attend que l'on laisse le gouvernement fédéral travailler. "Je lance un appel au civisme. Il appartient à tous les Belges et au gouvernement de se retrousser les manches, si on nous laisse travailler".

La Commission pointe dans son rapport l'insuffisance d'un glissement de la pression fiscale sur le travail vers d'autres sources de revenus. "Nous avons quelques mois pour travailler sur une réforme fiscale", a expliqué M. Jamar qui s'attend à l'avènement de cette réforme d'ici un an, un an et demi.

RTBF avec @Twitpolitique et Belga

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