Budget 2013: la grande foire aux idées pour trouver 4 milliards

Budget 2013: la grande foire aux idées pour trouver 4 milliards
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Budget 2013: la grande foire aux idées pour trouver 4 milliards - © RTBF

Après deux jours de pause, les travaux budgétaires du gouvernement Di Rupo ont repris ce samedi matin. Les principaux ministres de l'équipe, les vice-Premiers et le ministre du Budget se sont retrouvés au Lambermont avec pour mission de trouver 3 milliards d'euros nécessaires au budget 2013. Mais dès ce matin, il a fallu revoir le montant à la hausse de 600 millions. Car la croissance prévue ne sera pas de 0,7% comme prévu.

Les principaux ministres du gouvernement Di Rupo ont repris leurs travaux budgétaires ce matin. Avec, en tête, une équation nouvelle : il faudra sans doute trouver quelque 600 millions d'euros de plus, soit un total de quatre milliards.

Une croissance rétrogradée de 0,7 à 0,3%

En cause, le fait que l'on s'était basé, lors des premiers calculs, sur une croissance en 2013 de 0,7%. Or les dernières prévisions évoquent plutôt une croissance molle à 0,3%, d'où la différence à combler.

Il fallait trouver 3,7 milliards pour le budget 2013 alors que 300 millions étaient renvoyés aux budgets des régions et communautés pour qu'elles paient à l'Etat fédéral les fameuses "compétences dites usurpées".

Simple mesure de prudence ?

Il restait 3,4 milliards à trouver. Mais voilà, la croissance s'annonce plus mauvaise que prévu. Il faudra dégager 4 milliards au total. Une simple mesure de prudence préfèrent dire les négociateurs. Pour le ministre des Affaires  Etrangères Didier Reynders, "si effectivement la plupart des prévisions de croissance donnent une indication à 0,3%, tout le monde devra en tenir compte. Que ce soit le Fédéral, les Régions ou les Communautés cela ne sert à rien de faire un budget surestimé. Cela pourrait signifier 500 à 600 millions à trouver en plus pour le fédéral et probablement aussi quelques millions à trouver pour les régions et communautés".

Le gouvernement achève son tour de recherches d'économies dans ses départements et dans son train de vie. Ensuite il faudra chercher des recettes traditionnelles ou nouvelles. Pour le ministre de l'Economie Johan Vande Lanotte, on discute effectivement de la TVA à 22% : "Toutes les pistes sont sérieuses, mais cela ne veut pas dire que cela soit acceptable". Comme le PS, le sp.a refuse que l'on touche à l'indexation automatique des salaires. "Ca me conforte dans la l’idée qu’il faut absolument adoucir la trajectoire budgétaire, a précisé Laurette Onkelinx, Vice-Première PS pour laquelle il faut trouver des mesures favorables à l’emploi. "D’autre part il faut absolument sortir de ce conclave avec des mesures de moralisation du secteur bancaire et revoir fondamentalement le rôle des banques et leurs pratiques"

Bref, tout est sur la table, les techniciens ont évalué chaque piste. Désormais il faut choisir et on l'a compris, ce ne sera pas simple.

Samedi n'est qu'une première étape

Ce samedi ne sera pas décisif en termes de résultats car l’on sait déjà que les travaux se poursuivront dimanche et une partie de la semaine prochaine.

Mais la journée révèle déjà des états d'esprit. Les derniers jours qui ont précédé la pause ont usé un peu les nerfs. Gratter les fonds de tiroirs de chaque département ministériel n'est jamais agréable et voir ses nouvelles demandes réduites à rien ou presque par des collègues soucieux d'économies non plus. Le ton est parfois monté, notamment lorsque la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet est venue défendre les moyens nécessaires à la police et aux pompiers.

Traque aux économies et recherche de rentrées

Ce samedi, il faudra en terminer avec la traque aux économies et partir à la recherche de rentrées, traditionnelles ou nouvelles : lutte contre la fraude fiscale ou sociale, santé et recettes fiscales. Avec le retour annoncé de la "grande foire aux idées".

Parmi les nombreuses pistes évoquées figurent la hausse des accises sur le tabac, les carburants, la TVA sur les honoraires d'avocats, la hausse globale de la TVA de 21 à 22%, l'accord Rubik avec la Suisse, une nouvelle régularisation fiscale, l'instauration de nouvelles taxes, les cotisations de crise…

Un "deuxième Ford Genk"

Dominique Michel, l'administrateur délégué de Comeos, la fédération du commerce et des services a réagi samedi dans De Morgen à l'annonce de la possible hausse de la TVA. Selon lui, "5.400 emplois seraient menacés dans le seul secteur du commerce. Et ceci sans tenir compte de l'impact éventuel de l'inflation sur l'industrie." Il explique ces pertes d'emploi par le fait "qu'une hausse de la TVA ne peut pas être intégralement répercutée vers le consommateur". Par ailleurs, il estime qu'on risque de perdre plus de parts de marché à l'étranger. Il a ajouté que cette hausse représenterait pour l'emploi un "deuxième Ford Genk".

L'heure est aux arbitrages politiques

Maintenant que tout est sur la table, le gouvernement doit désormais passer de l'analyse froide et technique des comptes aux vrais arbitrages politiques. Pour trouver les milliards nécessaires mais aussi dégager des marges pour une politique de relance ou de lutte contre la crise qu'Elio Di Rupo a fait ajouter à l'agenda de dimanche.

Sans oublier qu'un jour ou l'autre il faudra aussi reparler du sauvetage de Dexia à nouveaux coups de milliards d'euros.

Fabien Van Eeckhaut

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