Bruxelles sans diesel pour 2030 : "C'est une avancée, mais une avancée timide" pour Pierre Courbe

Bruxelles se débarrassera-t-elle bientôt du diesel ? Céline Frémault (cdH), la ministre bruxelloise de l’Environnement, a en tout cas proposé un accord pour la fin des véhicules diesel dans la capitale d’ici 2030, au plus tard. Le gouvernement a donné son feu vert ce jeudi.

À l’heure actuelle, il s'agit encore d'une note de principe. Qu’il s’agisse d’un effet d’annonce ou d’une réelle avancée concrète, le diesel est au cœur des débats. Dans Soir Première, Pierre-Yves Meugens a fait la lumière sur les enjeux à venir, avec Pierre Courbe, spécialiste des questions liées au Diesel chez inter-environnement-Wallonie, et Philippe Decrock, porte-parole de TRAXIO (ancien FEDERAUTO).

Une ambition toute relative

À Hamburg, le Diesel est interdit depuis ce jeudi dans deux axes de la ville allemande. Du moins pour les véhicules diesel qui ne respectent pas les normes actuelles Euro 6. Et c’est sur ce concept que devrait se calquer le gouvernement bruxellois pour 2030. Du côté de TRAXIO, l’annonce n’étonne d'ailleurs pas. "Au niveau de la Commission européenne, on avance déjà 2030. Donc 2030 est une date dont on tient compte dans le secteur automobile ", explique Philippe Decrock, porte-parole de Fédération qui représente les concessionnaires et les commerces du secteur automobile en Belgique. Mais pour Pierre Courbe, il s’agit d’une avancée, mais… d’une avancée timide. "C’est une avancée parce que, jusqu’ici, Bruxelles ne s’était pas encore positionnée sur le fameux "Diesel ban" que notamment la Région Wallonne a décidé de mettre en place. Une avancée timide par ailleurs, parce que même si ça peut paraître assez ambitieux, il est question à Bruxelles de toujours autoriser en 2030 les voitures de norme Euro 6. La norme Euro 6 a été mise en place en 2015. Donc, en 2030, les voitures de 15 ans d’âge seront toujours autorisées à rouler. L’ambition est toute relative."

Des solutions à trouver

Les mesures insuffisantes ? Pour Pierre Courbe, ça ne fait pas de doute. "Parallèlement à la question de la pollution qui affecte la santé humaine, qui est l'objet ici du bannissement du diesel au centre-ville, il reste le problème bien réel des changements climatiques. Si nous voulons respecter les engagements de l'Accord de Paris et décarboner le secteur des transports à l'horizon 2050-2060 comme c'est nécessaire, il faut absolument oublier la motorisation thermique pour passer à d'autres modes de motorisations, notamment la motorisation électrique. Malheureusement, rares sont les autorités publiques qui développent une vision d'ensemble pour développer un mode de transport qui soit réellement durable et réellement compatible avec les nécessités climatiques et avec les nécessités de la protection de la santé des habitants."

Pierre Courbe : "Les constructeurs font de la résistance"

Les mesures et des normes fixées par les politiques sont-elles efficaces concrètement sur le terrain ? Selon Pierre Courbe, pas vraiment. "Ce sont simplement des mesures réglementaires qui ont été prises par l’Europe pour essayer de faire en sorte que les voitures respectent effectivement sur routes les normes qu’elles ne respectent, pour le moment, qu'en laboratoire. Une étude menée par Emission Analytics (consultant anglais spécialisé dans les mesures en conditions réelles, ndlr) dévoile d’ailleurs un chiffre très révélateur. Sur 100 voitures diesel Euro 6 vendues en 2017, seules 14 respectaient sur route la norme Euro 6 qu’elles sont censées respecter", rapporte . Mais la situation s’améliore. "La situation était bien pire il y a quelques années, avant le Diesel Gate, mais ça s’améliore très lentement. Les constructeurs font de la résistance, dans le mauvais sens du terme."

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